Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Retrouvez nos critiques théâtrales sur :
Les informations sur nos cours d'improvisation théâtrale à Paris :

Musarder



Inscrivez-vous
au Club des abonnés (gratuit)




Découvrez nos cours d'improvisation théâtrale

Tous niveaux - 7e année

Les inscriptions sont ouvertes pour les cours d'improvisation à Paris qui débutent en septembre. Au choix, en français ou en anglais.



Nouveau !

Rejoignez notre cours d'impro en anglais :



Coaching prise de parole

           

Mois Après Mois

Festival d'Avignon

17 janvier 2009 6 17 /01 /janvier /2009 18:25

PALE RAINBOW


D’abord pièce de théâtre puis film underground estampillé « culte », « Beautiful thing » débarque en France. Une arrivée remarquée pour un spectacle loin d’être remarquable, en dépit des hourras qu’il récolte. Trop de réglages persistent pour que l’on ne crédite ce désastre que sur un évident manque de travail. Y’a-t-il un metteur en scène en coulisse ?


Un décor qui  se veut celui d’une coursive d’immeuble de la banlieue londonienne. Trois appartements. Celui où Leah vit par procuration en idolâtrant une chanteuse décédée. Celui où Jamie cohabite avec sa mère, barmaid dont la vulgarité semble sonner comme un pléonasme au regard de son métier. Enfin celui de Ste (Steve apocopé) qui subit bastonnades et raclées à répétition d’un père à l’éthylomètre au zénith en permanence. Tout ce petit monde vivote à la manière de Loren et Mastroianni dans « Une journée particulière » sauf que les amours qui se révèlent ici sont homosexuelles. Sauf surtout que personne n’a finalement pas grand chose d’intéressant à se dire.


Mais c’est bien connu, ce n’est pas parce qu’on a rien à dire qu’il faut fermer… L’apophtegme dont Audiard avait fait un film pourrait servir d’accroche à ce spectacle aux dialogues en courant d’air et à la sidérante vacuité. Certes, le personnage de la mère parvient, grâce aussi à l’interprétation truculente de Tadrina Hocking, à drainer un certain intérêt par le biais de quelques répliques plutôt drôles, même si souvent plombées par des impressions de déjà entendu des dizaines de fois car utilisant la technique éculée de la polysémie de certaines expressions. Mais hélas, c’est le seul des cinq personnages à avoir quelque chose à défendre.


Comédiens livrés à eux-mêmes


Doublée de cette indigence, l’interprétation plutôt désastreuse de l’ensemble. Ivan Cori parvient à quelques reprises à mener son personnage dans un registre plus excitant que ces vociférations dont il semble faire un concours avec son partenaire Matila Malliarakis, parangon de non-jeu qui confond vagissement et expressivité, à la manière du catastrophique Edouard Collin. Aude-Clémence Clermont mériterait d’être mieux dirigée pour affirmer son potentiel.  C’est d’ailleurs l’impression générale que laisse ce spectacle : comédiens en roue libre et mise en scène déliquescente, éclatée, manquant de tenue et de rythme et qui rend insupportable les trois premiers quarts d’heure, avant qu’un semblant d’énergie ne vienne apporter un peu d’espoir. Lequel précède hélas un final grotesque avec lumignons de boite de nuit salué par des hourras qu’on taxerait volontiers de dangereusement amnésiques.


Et l’amour dans tout ça ? Et l’homosexualité naissance de ces deux jeunes tourtereaux ? Elle n’est qu’anecdotique, engluée dans du hors sujet. Pas la moindre poésie, pas la plus petite introspection dans l’univers de ces adolescents aux prémisses de leur découverte. Ca patauge en surface, c’est désespérément lisse avec la seule vulgarité pour signes ostentatoires de révolte. Pas de quoi hisser le flag arc-en-ciel. Ou alors en berne.


Franck BORTELLE (Paris)



Beautiful thing

De Jonathan Harvey

Mise en scène : Kester Lovelace assisté d’Amandine Raiteux

Traduction : Pascal Crantelle

Avec Tadrina Hocking, Simon Hubert, Matila Malliarakis, Aude-Clémence Clermont

Costumes : Stéphane Puault

Lumière : Richard Brousse

Vingtième Théâtre, 7 rue des Plâtrières, 75020 Paris (Métro : Ménilmontant)

Du 9 janvier au 1er mars 2008 du mercredi au samedi à 21h30, dimanche à 17h30

Réservations : 01 43 66 01 13

Durée : 1h50

Partager cet article

Repost 0
Published by Franck BORTELLE - dans À Paris 2008-09
commenter cet article

commentaires

pierre 03/02/2009 03:45

Heureusement qu'on a pas besoin de ces gens qui se prétendent '' critiques '' pour aller voir un spectacle et pour juger de sa valeur.Frank, nous attendons vos oeuvres personnelles ( théâtre, cinéma, livres ) avec impatience.

nath 19/01/2009 14:49

Bonjour Franck, Votre commentaire a le mérite de souligner le succès public de la pièce et la joie qu' expriment les spectateurs tout au long de la représentation. Pour ma part, j'ai adoré l'adaptation et le jeu de polysémie que vous décriez... Les costumes hauts en couleurs à la Jacques Demy.  C'est une belle histoire dans un milieu ordinaire. Une chronique du quotiien qui se termine bien. Et oui, cela peut vous paraître plat, mais voir le bonheur, cela fait du bien. Tout simplement !

Aden 19/01/2009 00:09

Tirer à boulet blanc dans un style ésotérique contre tout ce qui bouge : l’auteur, le metteur en scène et les comédiens et tout ça en prenant le contre-pied d’une salle pleine qui fait un accueil chaleureux à la pièce... C'est insultant pour le public aussi ! C’est sûr, ce spectacle est pour l’homme lambda, pas pour un cercle d’initiés à une poésie hermétique. Tout le monde sait qu’on perçoit une œuvre avec ce que l’on est...   

Chronique Fraîche