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Festival d'Avignon

18 janvier 2009 7 18 /01 /janvier /2009 17:54

L'ACTEUR EST UN AUTRE


Dans sa pièce « Minetti » écrite en 1977, l'écrivain autrichien Thomas Bernhard redonnait au vieil acteur allemand Minetti (1905- 1998) un rôle à la mesure de cet artiste controversé qui avait traversé l'histoire théâtrale et politique son pays. Michel Piccoli reprend ce rôle difficile. Surprise.


Bernhard Minetti, c'est ce comédien allemand qui, totalement dévoué à son art, ne mettra pas une parenthèse dans sa vie d'artiste aux pires moments du nazisme. Il ne se dira jamais nazi mais après la guerre, il lui faudra du temps avant de retrouver sa splendeur sur le devant des scènes malgré les grands rôles qu'il continuera à jouer. Sa personnalité plaira à l'atrabilaire Thomas Bernhard qui lui écrit cette pièce dans laquelle Minetti est à la fois lui-même – vieux comédien qui vient rejouer « Le Roi Lear » -, et un autre – il débarque dans un hôtel d'Ostende le soir de la Saint-Sylvestre avec sa grosse valise contenant son masque de « Lear » (Shakespeare) et attend, en vain, le directeur du théâtre du coin qui l'a invité.



Après avoir suivi la prestation surprenante de Michel Piccoli dans ce « Minetti », ici mis en scène par André Engel au Théâtre de La Colline à Paris, comment ne pas être partagé entre deux vagues de sentiments ? Il y a d'un côté une frustration d'avoir vu, le soir de la Première, ce magnifique comédien plutôt embarrassé par sa mémoire, d'avoir entendu un texte terriblement difficile mais ici tronqué, d'avoir suivi une mise en scène presque bâclée. Et puis de l'autre côté, il reste en mémoire ce formidable désir de lutte pour la vie, de résistance à l'oubli pour mieux se défier de ces temps de futilité. Le comédien qui, lui-même, a joué « Lear » il y a peu de temps, insuffle aussi ce besoin de folie presque joyeuse dans un monde convenu, morbide.


Quand le portier devient souffleur


Voilà qui atténue les quelques réticences sur les choix du metteur en scène que l'on sait être souvent inspiré. D'autant qu'il se passe quelque chose d'étonnant dans la façon dont Piccoli joue avec les difficultés du texte – un quasi monologue accentué ici par les coupes faites par la production.

Si le portier a peu de répliques, il devient clairement le souffleur de Piccoli/Minetti. Mais celui-ci transforme assez vite son handicap pour l'installer en véritable dialogue. La compassion du spectateur disparaît alors au profit du plaisir de n'être pas loin d'une comédie. D'ailleurs, pas de Minetti seul, abandonné et prêt à mourir sous la neige au final, comme il est prévu dans le texte de Bernhard.


Piccoli emporte le morceau en étant lui-même et un autre à la fois. Au point de laisser de toutes petites miettes aux seconds rôles déjà très effacés par l'auteur lui-même. Dommage pour Evelyne Didi, la dame avec son champagne qui espère la fête, ou encore pour Julie-Marie Parmentier, la jeune fille trop sage.


Jean-Pierre BOURCIER (Paris)


« Minetti » de Thomas Bernhard

Mise en scène : André Engel

Texte français de Claude Porcell (L'Arche Editeur)

Dramaturgie : Dominique Müller

Scénographie : Nicki Rieti

Avec : Evelyne Didi, Gilles Kneuse, Arno Lechien, Julie-Marie Parmentier et Michel Piccoli

Au Théâtre de La Colline, 15 rue Malte-Brun, 75020 Paris

Jusqu’au 6 février

Tél. : 01 44 62 52 52. www.colline.fr

Production Théâtre Vidy-Lausanne.

Tournée : Comédie de Reims (11-14 février); Genève -Théâtre de Carouge (18 février-8 mars); Berlin – Berliner Ensemble (12-14 mars); Villeurbanne-TNP (18-28 mars); Grenoble – MC2 (31 mars-4 avril); Lille – Théâtre du Nord (8-18 avril); Théâtre Vidy-Lausanne (21-25 avril et 12-17 mai); Théâtre national de Toulouse (28 avril – 7 mai). 


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Published by Jean-Pierre BOURCIER - dans À Paris 2008-09
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