Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Retrouvez nos critiques théâtrales sur :
Les informations sur nos cours d'improvisation théâtrale à Paris :

Musarder



Inscrivez-vous
au Club des abonnés (gratuit)




Découvrez nos cours d'improvisation théâtrale

Tous niveaux - 7e année

Les inscriptions sont ouvertes pour les cours d'improvisation à Paris qui débutent en septembre. Au choix, en français ou en anglais.



Nouveau !

Rejoignez notre cours d'impro en anglais :



Coaching prise de parole

           

Mois Après Mois

Festival d'Avignon

19 janvier 2009 1 19 /01 /janvier /2009 13:37
POISON, SEXE, SANG ET MATERNEL AMOUR

Ce drame  de Victor Hugo est peu joué. Sans doute à cause du côté mélo de l’essentiel de son intrigue. Le transposer dans un contexte contemporain est un défi que Frédéric Dussenne a réussi.

D’un côté le mal : Lucrèce Borgia, issue d’une famille noble avide de pouvoir, incestueuse, adultère, empoisonneuse, comploteuse, assassine. De l’autre le bien : Gennaro, fils bâtard d’une mère et d’un père inconnus, idéaliste, pourfendeur d’injustice, révolté, fidèle en amitié et en alliances.


Mais le mal n’est pas tout noir. Lucrèce, sans pouvoir lui révéler ses origines, éprouve un amour tendre et maternel envers le rejeton né de ses étreintes avec son frère. Mais le bien n’est pas tout blanc : Gennao possède une violence qui peut le pousser à des actes extrêmes.

On l’aura vite deviné, le fiston en quête d’une maman est bel et bien né de la duchesse. Mais celle-ci veut à tout prix rester anonyme. À l’attirance instinctive du fils pour sa mère s’oppose l’horreur que sa conduite inspire. À l’attachement de la mère pour son enfant s’oppose le désir de le protéger et de lui cacher la vérité.

Attirances et répulsions

Voilà ce qui marque l’essentiel de la mise en scène de Dussenne. C’est cet incessant va-et-vient, mouvement de flux et de reflux entre ceux qui tentent de se rencontrer et ceux qui tentent de se fuir. Que ce soient les jeunes s’affrontant en bande et qui ont chacun souffert des assassinats du clan Borgia, que ce soit l’espion de Lucrèce prêt à tout crime, que ce soit le mari de cette dernière qui se croit trompé et cherche vengeance, tous ont des raisons de se trouver, de s’expliquer et de châtier.

Les tensions se lisent sur le plateau. Elles sont accentuées par la présence d’un élément mobile en forme de lame métallique qui ne cesse de couper l’espace mais aussi de servir de cache à qui veut se dissimuler ou est contraint de le faire. Ainsi le drame est-il rendu limpide.

Dommage que dès qu’ils jouent de dos, les comédiens sont inaudibles (et le metteur en scène les met souvent faces vers le lointain). Dommage que dès qu’elles crient, les voix noient les mots sous leur puissance sonore (et on vitupère pas mal au cours de la pièce). Reste que Valérie Bauchau est une Lucrèce subtile par ses nuances, que Philippe Jeusette en duc de Ferrare impose sa présence, que Rachid Benbouchta donne corps au machiavélisme du sbire excité par les basses besognes.

Michel VOITURIER (Bruxelles)

Vu au Manège à Mons du 13 au 18 janvier 2009

Lucrèce Borgia
Texte : Victor Hugo (téléchargeable sur e.book)
Mise en scène : Frédéric Dussenne assisté de Peggy Thomas
Distribution : Valérie Bauchau, Rachid Benbouchta, Alan Bourgeois, François Delcambre, Simon Gautiez, Pierre Haezaert, Philippe Jeusette, Juan Martinez, Samuel Ponceblanc et Pierre Verplancken
 Scénographie : Vincent Bresmal
Costumes : Lionel Lesire
Lumière : Guy Simard

Coproduction : Le manège.mons/Centre Dramatique, L’acteur et l’écrit - Cie Frédéric Dussenne, L’Atelier Théâtre Jean Vilar asbl , le Festival de Théâtre de Spa, avec la participation du Centre des Arts Scéniques et de la Maison de la Culture d’Arlon
 
En tournée : le 20 janvier 2009 à la Maison de la Culture d’Arlon ; du 27 janvier au 1 février au Théâtre Jean Vilar, rue du Sablon à Louvain-la-Neuve (www.atjv.be - 0032 800 25 325 - 0032 10 47 07 00)

Photo (c) Daniel Cordova


Partager cet article

Repost 0
Published by Michel VOITURIER - dans En Europe 2008-09
commenter cet article

commentaires

Chronique Fraîche