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Festival d'Avignon

20 janvier 2009 2 20 /01 /janvier /2009 09:54
ZWEIG MAGNIFIÉ

André Salzet livre une époustouflante performance, seul en scène pour un texte éblouissant dont il interprète tous les personnages. Un numéro de haute voltige dont il fêtera bientôt la millième et qui porte au sommet ce chef d’œuvre de Stefan Zweig.

Petite nouvelle de quelques dizaines de pages, Le Joueur d’échecs est un concentré narratif que l’on dévore comme un polar parce que le génie de son auteur, Stefan Zweig, parvient, d’une situation anecdotique, à tisser un camaïeu historique des plus réaliste et universel. L’essentiel des faits se déroule à bord d’un bateau en partance pour l’Amérique du sud. Czentovic, champion du monde d’échecs, méprisant et perclus de certitudes quant à sa suprématie dans son domaine, accorde aux passagers l’obole d’une partie avec lui lorsqu’il est mis en danger par un inconnu qui va raconter comment il a, grâce à un vadémécum de ce jeu, réussi à ne pas sombrer dans la folie durant son incarcération par les nazis dans un hôtel de luxe.


Le court ouvrage de Zweig établit une gradation des rapports de force, qu’ils se situent entre deux individus de part et d’autre d’un échiquier où dans une chambre coupée du monde entre un prisonnier et le système politique destructeur et autoritariste qui lui vole sa liberté. Dans un style concis, percutant, sans étirement inutile de l’intrigue, le nouvelliste va à l’essentiel. L’enchaînement des péripéties à un rythme très soutenu conduit à un suspens haletant mais où le cérébral est maître.

Un jeu éblouissant

Adapter au théâtre une telle richesse textuelle n’est pas sans risque. André Salzet, qui joue ce spectacle depuis plus de dix ans, en maîtrise les moindres mots, les moindres souffles, les moindres intonations. Tel un conteur, il se pose en narrateur du texte. Son plaisir à laisser les phrases se parer de tout leur effet est réel. Il pourrait largement se contenter d’une lecture des mots de Zweig, assis sur sa chaise, seul élément de décor sur cette immense scène du Théâtre du Petit Saint-Martin. Cette scène, il va pourtant l’utiliser, l’embraser, la faire vibrer dans toutes ses largeurs, avec toutes les largesses de son jeu intense et incandescent. Quelques éclairages vont signifier les flashbacks et changement de personnages, et le comédien, caméléon en diable, va interpréter chacun des protagonistes avec la même puissance, la même précision, la même humilité. Et offrir, outre un splendide hommage à cet immense humaniste qui perdit tout espoir en l’Homme en 1942 en mettant fin à ses jours, une magnifique leçon de théâtre et d’histoire.

Franck BORTELLE (Paris)

Le Joueur d’échecs
Mise en scène : Yves Kerboul
Adaptation et interprétation : André Salzet
Régie Lumières : Ydir Acef

Theâtre du Petit Saint-Martin
17, rue René Boulanger - 75010 Paris   (M° Strasbourg Saint-Denis ou République)
Réservations : 01 42 02 32 82
Du 14 au 18 janvier, du 27 janvier au 1er février et du 10 au 15 février
Du mardi au samedi à 21 heures, le dimanche à 15 heures.

Durée : 1h10

Photo : Jules Pajot

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Published by Franck BORTELLE - dans À Paris 2008-09
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