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Mois Après Mois

Festival d'Avignon

24 janvier 2009 6 24 /01 /janvier /2009 14:43
RECALÉS !

Difficile de passer derrière un chef-d’œuvre du grand écran, auréolé à juste titre des prix les plus prestigieux. L’adaptation théâtrale du roman de François Bégaudeau ne prétend pas rivaliser avec le film de Laurent Cantet. C’est bien l’un des rares bons points qu’on puisse lui accorder, ce salmigondis théâtral accumulant les faux pas et erreurs en tous genres pendant plus de deux heures. Dur !


Les images du film de Laurent Cantet sorti pourtant voilà plusieurs mois sont-elles encore trop présentes dans les mémoires pour qu’inévitablement elles se télescopent avec celles de ce brouhaha scénique de deux heures qui sévit sur les planches du Théâtre Ouvert ? Attend-t-on avec trop de ferveur une adaptation théâtrale du film, lui-même très fidèle au roman, pour que la déception, immense et sans retour, prenne une telle ampleur ?



La volonté s’affiche pourtant clairement de ne pas « faire comme », d’oublier la Palme d’Or du dernier Festival de Cannes et de proposer autre chose. C’est cet autre chose qui vire au pas grand chose. Pas grand chose de bon, en tout cas.

Un collège de ZEP. Ses élèves et ses profs. Attirance et rejet, aigle bicéphale planant au dessus de l’incoercible besoin d’entamer un dialogue, parfois de sourds, parfois assourdissant. « Les hommes meurent de ne rien se dire » chantait Barbara. Mais cela peut être tuant quand ils le disent aussi mal.


Deux heures de cacophonie


C’est une cacophonie de plus de deux heures qui attend le spectateur. Les comédiens qui semblent rivaliser d’incompétence par un jeu bâclé (mention spéciale à Barnabé Perrotey qui transforme ce prof en Trissotin de quatrième zone, déclamatoire et monstrueusement pédant) endossent en alternance les rôles des profs et des élèves. Pourquoi pas ? En revanche difficile d’avaler le « petit » détail qui choque d’emblée : tous sont blancs, tout ce qu’il y a de plus blancs. Ainsi la bigarrure incarnée dans le roman par les personnages de Mézut, Idrissa, du père d'Idrissa et de Ming est-elle anéantie, laminée, par des comédiens aussi blancs de peau que pâles dans leur non-jeu.



D’énormes moyens techniques et des idées intéressantes de mise en espace ne suffiront pas à rattraper le coup et encore moins le coût. C’est cher payé en effet, deux heures d’inconfort pour assister à ce massacre. On ne peut s’empêcher surtout de penser à ces spectateurs qui auront payé pour ne pas voir l’ensemble de cette pièce, certaines scènes se déroulant dans des recoins du théâtre inaccessibles à un grand nombre de regards. Il est temps que l’Etat finance plus grassement la recherche et que la science palie cette impardonnable tare génétique qui nous prive des yeux derrière la tête. Cela permettrait d’assister à l’intégralité de ce spectacle. Mauvais certes, mais vu dans son ensemble…


Franck BORTELLE (Paris)


D’après le roman de François Bégaudeau

Mise en scène : François Wastiaux

Scénographie : Cécilia Blom

Vidéo : Aurélie Mormesse

Création sonore et interprétation : Gérard d’Elia

Création et régie lumières : Michel Paulet assisté de Fabienne Acquaviva

Construction et peintures : Olivier Seiler, Stéphane Becimol et Valérie Guy

Avec Elsa Bouchain, Sarah Chaumette, Stéphanie Constantin, Sylvain Fontimpe, Michèle Foucher, Jérôme Marin, Barnabé Perrotey, Bachir Sam et Gérard d’Elia

Théâtre Ouvert, Cité Véron, 75018 Paris (Métro : Blanche)

Du 16 janvier au 14 février 2009, le mardi à 19 heures, du mercredi au samedi à 20 heures, matinée le samedi à 16 heures.

Durée : 2 heures


Photo Julien Kraemer


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Published by Franck BORTELLE - dans À Paris 2008-09
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