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Festival d'Avignon

30 janvier 2009 5 30 /01 /janvier /2009 19:35

UN SACRÉ COMEDIEN

 

Avec la même fougue que pour « Le Joueur d’Echecs » qu’il interprète en alternance avec « Effroyables jardins », André Salzet s’empare du texte de Michel Quint sur la scène du théâtre Saint-Martin. Une performance incandescente.

 

Michel Quint, présent ce soir-là, fut catégorique : « C’est un texte très difficile à mémoriser ». Tournures de phrases, pluralité des registres de langues, multiplicité des personnages auxquels il faut, sur la scène, insuffler corps, vie et identité : autant d’éléments qui  compliquent plus encore le « simple » travail de la mémorisation. André Salzet relève ce défi. Ce double défi même, puisqu’il joue ce texte en alternance une semaine sur deux avec « Le Joueur d’Echecs » de Zweig sur cette même scène immense du théâtre Saint-Martin.

 


Ecrits avec plus de 50 ans de distance, ces deux textes révèlent de troublantes ressemblances qui éclairent le pari du comédien. Même construction en abîme, même puissance narrative romanesque d’un sujet à fort ancrage historique, potentiellement lacrymogène mais traité avec dignité, sans pathos ni démagogie et plaçant l’Homme au cœur du débat.

 

Romanesque et historique

 

Le narrateur se souvient de son père, l’instituteur de la commune, et de son incoercible propension à se faire remarquer de ses co-villageois en se déguisant en clown à la moindre occasion, sans se soucier du qu’en-dira-t-on populaire mais surtout du « qu’en-rira-t-on » des camarades d’école du fiston. Qu’est-ce qui poussait cet homme à ainsi se grimer et amuser la galerie ? C’est le cousin Gaston qui prend la parole et explique ce clownesque credo de l’instit’ que son fils prenait pour l’idiot du village.

 

« Ce texte, c’est quatre-vingts pour cent de fiction » affirme l’auteur. Le faible reliquat suffit pourtant à ancrer ce récit magnifique dans une réalité historique prégnante et un sujet brûlant. Au-delà du devoir de mémoire, c’est l’Homme qui intéresse Michel Quint comme il habite toute l’œuvre de Zweig. Il est exploré ici sous la forme la plus romanesque, ce que Quint revendique haut et fort : il est romancier avant tout, pas homme de théâtre.

 

Pourtant, sur la scène, le travail d’André Salzet nous en ferait presque douter. S’accaparant ce noble terreau, le comédien y fait pousser des champs émotionnels rares. Avec la même aisance que chez Zweig à se fondre dans tous les personnages, il est magistral. Aussi bouleversant dans la peau de ce Gaston qui se délivre d’un secret pour rendre sa dignité à un homme qui l’a perdue aux yeux de son fils que drôle et touchant en garde SS un peu lunaire, il livre une performance à mi-chemin entre un réalisme induit par les situations et un soupçon de mystère propre à l’univers du conte. Ce juste équilibre souligne les formes et la richesse de ce texte mis en scène avec sobriété et auquel le comédien transmet toute la générosité, l’humour, la tendresse et, précisons-le, toute la force ludique et pédagogique à la fois.

 

Franck BORTELLE (Paris)

 

Effroyables jardins

De Michel Quint

Mise en scène : Marcia de Castro

Avec André Salzet

Theâtre du Petit Saint-Martin

17, rue René Boulanger - 75010 Paris   (M° Strasbourg Saint-Denis ou République)

Du mardi au samedi à 21 heures, dimanche à 15h00

Du 20 au 25 janvier, du 3 au 8 février et du 17 au 22 février

Réservations : 01 42 02 32 82

Durée : 1h15


Photo Michel Paret

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Published by Franck BORTELLE - dans À Paris 2008-09
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