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Festival d'Avignon

2 février 2009 1 02 /02 /février /2009 00:25
UNE COMÉDIE EN ÉCHO GRINÇANT D'UNE RÉALITÉ SOCIALE

Quand le panier de la ménagère se transforme en objet de délit, on assiste à une course-poursuite gendarmes voleurs, digne des meilleures du genre… hilarant et d'une redoutable efficacité à la fois comique et politique !

De modestes ménagères font bloc et décident de leur réduction des prix, de braves ouvriers s'occupent de denrées tombées du camion, des perquisitions révèlent de bien étranges suspects, des ventres gonflent et dégonflent à volonté et des évènements paranormaux se déroulent : le monde a-t-il basculé dans la folie ?


Non. Nous voici dans l'univers de Fo, dont le nom sonne comme une gifle à la société où nous vivons. On peut parler de création en français pour cette pièce fort connue de Dario Fo. L'auteur lui-même en a rédigé une toute nouvelle version en 2007, version (qui elle-même vient donc d'être traduite) et dont on peut dire qu'elle ne se contente pas d'allusions à l'actualité. Elle plonge en plein dedans.

Dario Fo utilise à merveille les ressorts clownesques qu'il connaît bien pour les avoir pratiqués lui-même, mais l'affirmation de son écriture a fait, au cours des ans, qu'il a su bâtir des pièces à rebondissements et enchaînements d'une logique délirante, dignes des meilleurs boulevards.

Ironie… car ici, c'est de très petits milieux que l'auteur veut parler, de ces gens qui peinent à vivre, et surtout aujourd'hui. C'est que l'habile faiseur se double d'un militant actif contre les privilèges, bassesses, hypocrisies et intérêts des décideurs… et pour la prise en charge des soucis quotidiens des petites gens.

La réalité sociale à la reconquête de la scène ?

La version scénique est assurée par Carlo Boso, un coutumier du genre qui fait travailler les zygomatiques en même temps que la réflexion sérieuse. Pas de scénographie révolutionnaire, elle est là pour servir la cause, elle aussi. Traducteurs, metteur en scène et interprètes, en joyeux complices appartenant à une troupe, se sont sentis parfaitement à l'aise et chacun à sa place, même si certains jouent double jeu dans tous les sens du terme : le même comédien est tour à tour un flic aux curieux états d'âme et un policier intègre et rigoriste. Pas un seul temps mort, alors que… les (faux) morts et les catastrophes ne manquent pas !

Engagé politiquement, certes, mais aussi visionnaire et branché à la fois, notre homme (octogénaire) n'a rien perdu de la vis comica, de sa verve, de son génie. Malgré les apparences, il y a toujours chez les Italiens, même sous le règne de Berlusconi, un esprit frondeur, un sentiment de révolte, de moquerie des grands aussi.
On retrouve cela tout naturellement en terre belge, allié au sentiment d'autodérision national.
 
Si en France, des "Robins des Bois" ont fait parler d'eux en s’en prenant à des hypermarchés, à Bruxelles également - place de la Monnaie( sic), le 29.11.2008 - on a pu voir des actions qu'on jurerait inspirées de "Faut pas payer"… Coïncidences ? Déjà, dans les années 70 à Milan, Dario Fo ne s'était-il pas vu attaqué en tant qu'inspirateur de ce type d'actions "citoyennes"?

Suzane VANINA (Bruxelles)

Au théâtre Le Public du 22 janvier au 7 mars 2009, ensuite en tournée (fin mars à Arlon) (www.theatrelepublic.be - www.theatredeleveil.org )

Faut pas payer !
Texte : Dario Fo (Prix Nobel de littérature 1997), traduction de Valeria Tasca et Tonio Cecchinato
 Adaptation : Guy Pion et Carlo Boso
Mise en scène : Carlo Boso assisté de Kim Leleux et Nora Picetti
Interprétation : Sarah Brahy, Didier Colfs, Edouard De Wals, Béatrix Férauge, Hervé Guerrisi, Guy Pion
Scénographie, costumes : Lionel Lesire
Maquillages, coiffure : Elvira Cicero
Lumière : Laurent Kaye
Son : Louis-Philippe Duquesne

Création-production : Théâtre Le Public(Bruxelles)/Théâtre de l'Eveil (Mons)

Photo © Cassandre Sturbois

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Published by Suzane VANINA - dans En Europe 2008-09
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