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Festival d'Avignon

10 février 2009 2 10 /02 /février /2009 23:12
RÊVEZ !

Un monde meilleur et, pour une fois, facile à trouver ? C'est Utopia, le dernier spectacle du clown Léo Bassi actuellement au Teatro Alfil.

Issu d’une longue lignée de clowns (voilà plus de 160 ans que faire rire est le métier de la famille), d’origine italienne, Leo Bassi, né à New York, est aujourd’hui mondialement reconnu pour son extravagance et ses provocations. Sa précédente création en 2006, La Révélation, qui critiquait les dérives des trois religions monothéistes, s'était heurtée à l’intransigeance des conservateurs espagnols : une bombe artisanale déposée devant le Teatro Alfil avait entrainé l'annulation du spectacle...


Cette fois, le circassien prévient son public dès le lever de rideau : « C’est un spectacle de gauche. Si vous êtes de droite et que vous craignez de perdre la force de vos convictions, sortez tout de suite, pendant qu’il en est encore temps » ! Et de fait, l’objectif du spectacle est clair. Suite à l’effondrement du modèle économique néolibéral, il s’agit de « proposer une apologie sans complexes des vraies valeurs progressistes », afin d’ « éveiller chez le public le désir de rêver à nouveau ».

Du bouffon au clown blanc


Le spectacle est construit en deux temps. En deux tons. C’est d’abord sous les traits d’un vieillard aveugle et plein de hargne qu’il apparaît sur le plateau. Il vitupère. Contre les riches bourgeois du quartier de Salamanca, les banquiers, les gros poissons capitalistes... Et contre le dernier livre d’Aznar (l'ex Premier Ministre), Lettre à un jeune espagnol, qu’il assimile tout bonnement et simplement à Mein Kampf.

Certes, Leo Bassi peste sans nuance, avec un manichéisme parfois grossier. Mais il incarne là la figure irrévérencieuse du bouffon, qu’il critique avec humour et conviction. Alors on le suit et on rit, malgré l’argumentaire brossé à gros traits. Après le constat d’échec et la condamnation du système, il faut reconstruire. Proposer un autre monde. C’est alors qu’intervient la figure du clown blanc. Autant le bouffon était haineux, autant ce nouveau personnage est plein d’amour et de confiance en l’avenir. Nulle naïveté toutefois.

Bassi sait que l’utopie est le lieu du bien, le lieu qui n’existe pas. Mais un rêve qui sert à faire avancer dans une certaine direction, comme la carotte fait trottiner l’âne. C’est ce clown qui nous réserve les moments d’émotion les plus intenses. Lorsque le public assiste au moment intime de son maquillage, à l’évocation de ses souvenirs d’enfance, ou de son grand-père. Et puis, il y a l'explosion de joie, de confettis et de cris gutturaux qui clôt le spectacle… ou plutôt, qui l’ouvre sur la rue.

 Alexandra VON BOMHARD (Madrid)


Utopia
Conçu et joué par : Leo Bassi
http://www.leobassi.com

Au Teatro Alfil jusqu’au 8 mars. Calle del Pez, 10, 28004 Madrid
Tel : 915 215 827.
http://www.teatroalfil.com/v2/index.html

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Published by Alexandra VON BOMHARD - dans En Europe 2008-09
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