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Festival d'Avignon

12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 09:46
BALS TRAGIQUES AU CHÂTEAU

L'auteur britannique Howard Barker tient le haut de l'affiche actuellement à Paris. Un cycle lui est consacré au théâtre de l'Odéon. Ses pulsions pour un théâtre de « la catastrophe » illustré notamment par « Les Européens », à voir ou revoir bientôt, ne fléchissent pas dans ses œuvres plus récentes comme « Le Cas Blanche-Neige » ou « Gertrude »

Ne cherchons pas de message ou de sens politico-moralisateur dans l'essentiel de l'œuvre de Howard Barker. On aime, on baise, on tue ou se fait tuer, comme si chaque vie ne pouvait que balancer entre deux extrêmes, l'amour (Eros) et la mort (Thanatos).


« Gertrude  (Le Cri) », première pièce que le Théâtre de l'Odéon vient de présenter dans le cadre d'un cycle qui lui est consacré, renvoie à Shakespeare. Gertrude est la mère de Hamlet et l'auteur, ici, la met au cœur d'une dialectique où tout n'est que passion folle plutôt que amour fou. D'où surgissent les cris de jouissance comme les cris de douleur extrême tout au long de la pièce. Depuis la première scène quand Claudius et Gertrude prennent leur plaisir couchés sur le cadavre du Roi, le père de Hamlet. Jusqu'à la dernière et la mort de Claudius.

Est-ce la scénographie - superbe, inventive, grandiose, surprenante mais aussi terriblement écrasante – qui a donné cette impression d'une certaine futilité du propos, comme s'il était limité aux intermittences du cœur et du sexe ? Le metteur en scène Giorgio Barberio Corsetti, également auteur des décors avec Cristian Taraborrelli, n'a pas lésiné pas sur les moyens. Au risque de focaliser l'attention des spectateurs essentiellement sur le jeu des comédiens enchaînant des scènes toujours plus spectaculaires. 

Échec à la Reine

« Le cas Blanche-Neige » est d'une toute autre facture dans l'annexe de l'Odéon aux Ateliers Berthier. Dans un décor minimaliste mais très efficace baigné de couleurs acidulées renforcées par des lumières souvent vives - grand espace vide comme un couloir en premier plan, petit panneau au centre qui sert de castelet et, fermant le plateau en fond de scène, un large panneau -, la mise en scène de Frédéric Maragnani offre une aire de jeu simple et grandiose à ses comédiens.

Howard Barker s'appuie, là encore, sur une œuvre - le conte des Frères Grimm - pour mieux détourner le mythe. La Reine est au cœur de l'histoire pour Barker tout comme il donne au Roi un rôle essentiel marqué par son impuissance et sa jalousie. L'auteur installe ainsi la tragédie. Blanche Neige ne peut qu'être à bonne école (!) comme l'indique le sous-titre de la pièce (« Comment le savoir vient aux jeunes filles »). Si elle n'arrive pas à séduire charnellement le Bûcheron-serviteur qui lui préfère la Reine, elle saura y faire avec les sept petits étrangers qui se baladent dans les environs du château. La Reine, prisonnière de son rang - étonnante démarche mécanique - et de son époux qui lui prépare un bal tragique, ne peut, elle, trouver le chemin de la femme libre.

Frédéric Maragnani injecte à petite dose, dans sa mise en scène, des ruptures gaguesques façon « Monty Python ». C'est réussi, d'autant que les comédiens savent y faire. Notamment Marie-Armelle Deguy (la Reine) et Christophe Brault (le Roi).

Jean-Pierre BOURCIER (Paris)

                                                                                
Dans le cycle Howard Barker :
Gertrude (Le Cri)
Mise en scène : Giorgio Barberio Corsetti
Texte français : Elisabeth Angel-Perez, Jean-Michel Déprats
Décor : Giorgio Barberio Corsetti & Cristian Taraborrelli
Lumière : Gianluca Cappelletti
Musique : Gianfranco Tedeschi
Avec notamment Anne Alvaro (Gertrude), John Arnold (Cascan), Francine Bergé (Isola), Luc-Antoine Diquéro (Claudius), Christophe Maltot (Hamlet).

Le Cas Blanche-Neige
Mise en scène : Frédéric Maragnani
Texte français : Cécile Menon (Editions Théâtrales)
Décor : Camille Duchemin
Costumes : Sophie Heurlin et Vincent Peyron
Lumière : Eric Blosse
Création sonore : Benjamin Jaussaud
Avec notamment : Marie-Armelle Degny (La Reine), Christophe Brault (Le Roi), Céline Milliat-Baumgartner (Blanche-Neige).
Production : Compagnie Travaux Publics
Création au Théâtre Jean-Vilar de Suresnes en novembre 2005.

A l'Odéon - Ateliers Berthier (Paris 17è) jusqu'au 20 février.
Résa : 01 44 85 40 40 ou www.theatre-odeon.eu

A suivre dans ce cycle Barker, toujours à l'Odéon-Berthier : Les Européens (Combat pour l'amour) (du 12 au 25 mars) et Tableau d'une exécution (du 26 mars au 11 avril) dans les mises en scène de Christian Esnay.

A noter au théâtre de l'Atalante à Paris (10 Place Charles Dulllin, 18è),  Loth et son Dieu de Baker dans une mise en scène d'Agathe Alexis, jusqu'au 16 février. Résa : 01 46 06 11 90.

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Published by Jean-Pierre BOURCIER - dans À Paris 2008-09
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