Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Retrouvez nos critiques théâtrales sur :
Les informations sur nos cours d'improvisation théâtrale à Paris :

Musarder



Inscrivez-vous
au Club des abonnés (gratuit)




Découvrez nos cours d'improvisation théâtrale

Tous niveaux - 7e année

Les inscriptions sont ouvertes pour les cours d'improvisation à Paris qui débutent en septembre. Au choix, en français ou en anglais.



Nouveau !

Rejoignez notre cours d'impro en anglais :



Coaching prise de parole

           

Mois Après Mois

Festival d'Avignon

21 mai 2006 7 21 /05 /mai /2006 18:30
UN CRI INCERTAIN

La danse contemporaine tente de parler de la société actuelle, mais elle semble ne plus réussir à s’exprimer à travers le corps, et demande aux autres arts, du cinéma aux arts plastiques, de l’aider à communiquer. De nouveaux talents de la danse contemporaine sont présentés aux Rencontres Internationales de danse de Seine-Saint-Denis. Le corps n’est plus le seul protagoniste en scène. Les danseurs jouent, des vidéos sont projetées. Le plateau expérimental est un mélange des arts.

Jochen Roller, danseur allemand, est un exemple de cette tendance : il a présenté trois pièces en une seule soirée au Centre National de la Danse. Roller est seul en scène, face à un microphone. Dans la première création, No money no love, il raconte ses difficultés à gagner sa vie comme danseur. Il est debout. Autour de lui, des bricoles made in Japan, symboles de la société de communication, sont éparpillées dans l’espace. Alignant les chiffres sur un tableau, Roller calcule combien il gagne entre sa profession de danseur et les diverses activités lui permettant de financier sa survie. Il raconte de petites anecdotes sur un ton cynique, puis il commence à danser : ses longs bras et jambes se battent et se poussent, le corps en déséquilibre, il tourne avec violence sur lui-même. No money no love réussit à provoquer un rire amer sur la situation sociale.

La deuxième pièce, Art Gigolo, est un cri stérile et hystérique. Jochen Roller ne raconte plus les détails de sa vie quotidienne, et surtout il ne danse plus. Pendant quarante minutes, il critique le monde contemporain par de petites plaisanteries sarcastiques.

Enfin, dans That’s the way i like it, Roller présente ses entretiens avec des personnes s’appelant aussi Jochen Roller et vivant à Berlin comme lui. Le danseur ne danse pas, mais il ne parle pas non plus. Des vidéos passent, les visages de divers messieurs Roller racontent leurs vies. Le public rit pendant que ces individus expliquent pourquoi ils ne sont pas intéressés par le théâtre ou la danse. Roller est assis dans un fauteuil, il regarde le public, il rit avec lui pendant que des gens expliquent simplement qu’ils n’ont jamais été initiés à l’art vivant.
Dans la soirée ‘Roller’, le corps est muet, remplacé par l’image médiatique d’autres corps, et il plaisante ironiquement sur les problèmes de la vie contemporaine, devant un public élitiste, satisfait de rire, sans vraiment réfléchir sur le vide culturel de notre société.

Mattia SCARPULLA (Paris)

No money no love - Art Gigolo - That’s the way i like it
De Jochen Roller - présentées au Centre National de la Danse de Pantin, 9-11 mai 2006.

Prochains spectacles des Rencontres Internationales de Saint-Denis :
Du 19 au 21 mai, Meutes de Fabrice Lambert et Jours Blancs de Saskia Höbling
Du 23 au 25 mai, El como quieres de Roser Montilló Guberna et Brigitte Seth
Du 26 au 28 mai, Ici/Per.For d’Emmanuelle Vo-Dinh, Bleu de terre rouge de Lluis Ayet et Rita Quaglia, Portrait Series. Alone/Gregoire de Michael Laub, Visita Guiada de Cláudia Dias

Informations : 01 55 82 08 08 www.rencontres-choregraphiques.com

Crédit photo ©  Friedemann Simon

Partager cet article

Repost 0
Published by Mattia SCARPULLA - dans À Paris 2006-07
commenter cet article

commentaires

Chronique Fraîche