Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Retrouvez nos critiques théâtrales sur :
Les informations sur nos cours d'improvisation théâtrale à Paris :

Musarder



Inscrivez-vous
au Club des abonnés (gratuit)




Découvrez nos cours d'improvisation théâtrale

Tous niveaux - 7e année

Les inscriptions sont ouvertes pour les cours d'improvisation à Paris qui débutent en septembre. Au choix, en français ou en anglais.



Nouveau !

Rejoignez notre cours d'impro en anglais :



Coaching prise de parole

           

Mois Après Mois

Festival d'Avignon

21 mai 2006 7 21 /05 /mai /2006 19:54
ENTREZ DANS LA TRANSE RIMBALDIENNE

Le Groupe Ex-abrupto s’offre une interprétation libre et dérangeante du poète Arthur Rimbaud, dans laquelle les corps et les voix s’épuisent jusqu’au terme.

Porté par la mise en scène contemporaine de Didier Carette, le chemin de la démesure emprunté par l’artiste se trace peu à peu. Pourtant la pièce commence comme dans un souffle doux et sensuel… Le choc n’en sera que plus violent. Des vers extraits du recueil Une saison en enfer, sont susurrés, ils virevoltent avec légèreté dans la salle encore sombre. « Jadis, si je me souviens bien, ma vie était un festin où s'ouvraient tous les coeurs, où tous les vins coulaient. ».

Photo © Patrick Moll

Cet instant de calme est interrompu violemment par l’irruption d’un personnage sulfureusement satanique. Cette figure, tout à la fois (mauvaise) conscience, âme meurtrie, esprit diabolique ou de luxure, sera le double qui permettra de transpercer les pensées des personnages. Déchirant leur enveloppe, elle fera sortir leurs vices et leurs espoirs déçus comme éjectés par un violent venin. Le poète prend tour à tour plusieurs visages. Tantôt démuni et pris de doutes, il s’offre comme un enfant sans force face au monde qui l’entoure. Puis soudain, il semble agité par une ferveur, un esprit de jouissance, qui deviennent plus prégnants à mesure que la fin approche.

Le rythme haletant, et le son saturé de la pièce sont adoucis par l’apparition de figures féminines. Incarnant la mère et la sœur du poète, elles se font entendre avec émotion et douceur, comme pour nous permettre de reprendre notre souffle. La mise en scène de Didier Carette explore et traduit cette haletante course de l’artiste vers l’inatteignable. La présence des micros accentue le martèlement des mots et donne corps aux propos incandescents. Cependant, ces micros s’immiscent aussi comme un filtre entre le texte et la salle, devenant un trait moderne trop forcé.

Ghislain Lemaire prête son physique fragile et son visage romantique au personnage de Rimbaud. Ses traits arrivent aussi bien à traduire le désoeuvrement, que l’ivresse et l’emportement. Régis Goudot incarne, l’œil lubrique et pétri d’humour cynique, la figure du double. Son personnage, au maquillage pailleté, est proche d’un travesti issu d’un film d’Almodovar. Clin d’œil qui le rend un peu plus… humain.

Cette rencontre avec le poète traduit avec justesse ses vers, dont l’émotion est rendue plus palpable par les notes du piano et de la contrebasse présents sur la scène. Après une longue transe, vient enfin l’apaisement. « Elle est retrouvée. Quoi ? L’éternité. C’est la mer mêlée au soleil. »

Anne CLAUSSE (Toulouse)

Rimbaud l'enragé - Mise en scène : Didier Carette
Avec les comédiens et musiciens : Charlotte Castellat, Danielle Catala, Marie-Christine Colomb, Régis Goudot, Ghislain Lemaire.
Scénographie, décor : Jean Castellat, Coralie Léguevaque. Création lumières : Alain Le Nouëne.
Régie Son : Christophe Barrière.
Coproduction Caligari Productions, Groupe Ex-abrupto.
Avec le soutien du Ministère de la Culture et de la Communication, DRAC Midi-Pyrénées, du Conseil Régional Midi-Pyrénées, du Conseil Général de la Haute-Garonne, de la Ville de Toulouse.

Au Théâtre Sorano, 35 Allée Jules Guesde, 31000 Toulouse - Tél : 05 34 31 67 16
Mardi, mercredi et jeudi à 20 h / Vendredi et samedi à 21 h / Dimanche à 16 h.
Durée du spectacle : 1 h 30 environ.
Jusqu'au 24 mai 2006

Partager cet article

Repost 0
Published by Anne CLAUSSE - dans Chroniques 2005-06
commenter cet article

commentaires

fred 26/02/2008 11:44

Je redécouvre, en cette matinée du 26 février 2008, alors qu' "il pleut doucement sur la ville" (Rimbaud), en lisant les commentaires écrits quelques deux années auparavant par des personnes apparemment passionnées et convaincues, soit de leurs éloges, soit de leurs critiques en "vers" l'oeuvre d'un artiste, si peu (de temps) artiste qu'il fût, d'un siècle déjà ancien, quelques-uns des travers ou des défauts d'Aujourd'hui. Le mythe traverse les époques. Il y a des mythes auxquels on ne devrait pas s'attacher. La société moderne fabrique tant de mythes. L'école est complice du "grand" mythe. Le mythe assure la "rente" aux rentiers. Le mythe se construit en système de "rêve". Le mythe, etc...Sans doute le poète ne devrait-il jamais se faire photographier. Sans doute le critique devrait-il se taire devant le talent ou la faiblesse d'un homme. Sans doute un professeur de français devrait-il ne parler que de grammaire. Sans doute le journaliste ne devrait-il interviever que la personne dont s'est le "métier". Sans doute chacun devrait-il se fier qu'a son propre jugement, le jugement du "coeur". Sans doute nous tous devrait-on garder un oeil en "alerte" devant les mirages de l'image. Sans doute, sans doute...Pour finir par où l'on commence, car d'heures en heures la fatigue "gagne"; "Sachons (...) le hèler et le voir, et le renvoyer..." ( "Génie") !

Raphaël Zacharie de Izarra 26/05/2007 10:19

LE LAIT DE JUNON " Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie. " PASCAL Cent mille aubes se lèvent sur cent mille humanités dans un coin de notre galaxie. Cent mille autres feux couchants illuminent inutilement cent mille mondes morts, ailleurs dans les profondeurs de la Voie Lactée. Je viens de parler de deux-cent mille planètes et je n'ai parlé que d'une infime partie de ce que contient la Voie Lactée. La Voie Lactée, poudre blanche dispersée dans la nuit cosmique où est incluse une particule insignifiante, le Soleil… Notre Soleil, étincelle quelconque noyée dans la multitude des feux stellaires formant l'écume sidérale... Invisible dans la masse globale, imperceptible à l'échelle galactique, grain de sable dans le désert, tête d'épingle dans l'océan, l'astre qui nous éclaire se fond parmi les myriades de soleils anonymes composant cette poussière en fusion que l'on nomme "galaxie". Une galaxie... Des paysages par centaines de milliards, une diversité incalculable de terres, des horizons à n'en plus finir, mais surtout des milliards de milliards d'hommes, pourquoi pas ? Ces chiffres paraissent exagérés aux yeux des lecteurs incrédules, bornés par leur clocher qu'ils prennent pour le centre de l'Univers ? Ils sont pourtant à revoir à la hausse ces chiffres prodigieux, sans cesse, tant que reculera l'horizon cosmique devant la puissance de nos télescopes. Il y a quatre siècles, nul n'osait imaginer l'Amérique. Nous qui voyons des merveilles dans l'immensité de notre galaxie, portion d'espace ridiculement étroite au regard du reste du cosmos, soyons moins sots que nos aïeux superstitieux : osons croire à l'infini. A l'heure du savoir, des découvertes en tous genres, l'inimaginable est à portée de vue. Alors levons les yeux, ou plutôt fermons-les et songeons à notre galaxie... Partout, des étoiles. Isolées, regroupées par deux, trois, par centaines, par millions ou par milliards, elles témoignent de l'inconcevable réalité. Dans leur sillage, une infinité de planètes. Des "planètes Terre" par milliers, par millions, par milliards. Des globes bleus, des sphères vertes, des disques blancs, des boules grises... Perdus dans le vide comme des points sans attaches ou bien rassemblés en îles diffuses aux dimensions vertigineuses, en brumes aux étendues incommensurables, les hôtes célestes sont éparpillés de mille manières différentes et cependant unis dans cette grande structure appelée Voie Lactée. Issu de la nuit des temps, le peuple des étoiles couve son mystère dans le silence galactique. Raphaël Zacharie de Izarra http://izarralune.blogspot.com

Raphaël Zacharie de Izarra 04/10/2006 20:54

LA POESIE DES REACTEURS Croiser ton regard dans les airs, chère Sandrine, à bord de cet avion en provenance du Caire et sur le point d'atterrir à Orly dans le bruit confus des aérofreins et le sifflement net des réacteurs en décélération (ces stridulations caractéristiques annonçant l'atterrissage d'un aéronef , vrombissements intenses perceptibles par les passagers seulement), croiser ton regard là‑haut dans ce doux bruissement des moteurs disais-je, fut un théâtre intense. Du vrai, du beau théâtre avec pour décor tout un paysage, un monde vu d'en haut qu'il fallait coûte que coûte rencontrer sans heurt, sous peine de mort. Nous étions acteurs charnels, incarnés, vivants et dramatiquement proches des personnages joués : nous étions nous‑mêmes face au monde approchant, grossissant, un monde plus réel que nous ne l'imaginions en fait parce que nos tombes futures étaient en bas, non en l'air. Notre devenir était sous nos pieds, quoi qu'il fût advenu. Tu m'apparaissais plus belle en plein drame, au seuil de la tourmente (à l'approche du sol je me préparais à mourir comme c'est le cas à chaque atterrissage) ! Et ces bruits aigus de réacteurs -magnifique mugissement de la mécanique apprivoisée-, ces bruits de puissance, de gueules hurlantes muselées, maîtrisées par la main humaine, ces bruits de réacteurs en décélération, véritables clameurs du fer gorgé de feu, cette haleine brûlante enfin que crachait la machine, c'était de la MUSIQUE. Mieux : du Mozart. Oui tu étais belle dans cette scène, parce que cette couverture qui te recouvrait, si légère, ténue, aurait pu devenir ton linceul. Tout devenait vertigineux depuis mon siège : le paysage défilant à ma droite, la perspective certes peu probable mais non impossible d'un écrasement en bas, tes yeux furtivement croisés à ma gauche. Et la tempête en moi. Je me laissais bercer par le bruit des réacteurs pareil au galop aérien de deux Pégase dociles et gémissants, imaginant mille choses, plein d'angoisse et rempli d'un indicible bien‑être. Dieu ! Quel concert que ces sifflements ! C'est pour moi l'appel du large, le cri de la liberté, le chant du ciel. Souvent lorsque je passe à proximité d'un aéroport, je m'émerveille au passage spectaculaire d'un de ces engins volants qui hurlent en fumant au décollage. Et je m'aperçois alors que je suis bien le seul. Le reste du monde me semble insensible, blasé face à ces aigles géants qui rasent les toits avec plein de majesté, si bas dans l'azur, si proche des yeux. Et pourtant si loin des consciences et des cœurs… Raphaël Zacharie de Izarra raphael.de-izarra@wanadoo.fr

baptista 03/10/2006 19:23

 à Raphaël,il y a quelque chose de rimbaldien dans la manière dont tu t'attaques à Rimbaud. Bien sûr, il faut être dur avec les critiques. Mais peut-être y a-t-il quelque chose de la poésie qui t'échappe complètement. Quelque chose qui ferait qu'un poème ne nécessiterait pas de critique. Il s'offre à toi, prends-le, ne le prends, il n'en coute rien à Rimbaud. Que tu ne puisses faire d'expérience poétique avec Arthur, soit! Fais-en avec Hugo, avec Mallarmé, avec Cieco Angelieri. ça n'a pas tant d'importance, surtout pour nous. Il y a cependant quelque chose qui me plaît dans ta hargne soutenue et maladive mais peut-être rates-tu tout simplement ta cible. Rimbaud n'a plus besoin d'éloges ni même de détracteurs, en revanche ses critiques et la scène universitaire en générale mérite bien souvent le nom de sots. Mais soyons honnêtes, ce n'est pas du côté de la création qu'il faut frapper (s'il faut encore frapper)  mais du côté de l'université, des intellectuels dont tu décris bien l'attitude. Laisse Rimbaud, il ne t'a rien fait et détruire un poème est si facile qu'il ne mérite qu'on le fasse.Rimbaud, dans "soleil et chair" : "...parcequ'il était fort, l'homme était chaste et doux."

Bart 09/09/2006 00:09

  Si cela ne te dérange pas je vais tenter d'être plus concis que toi Raphaël ;
 

Tu analyse l’œuvre de Rimbaud en te basant uniquement sur un pôeme : « le bateau ivre » , serait-ce le seul que tu ai lus ? Tu cite aussi souvent le recueil « une saison en enfer » sais-tu seulement que Rimbaud à écrit 3 recueil dont « Poésie » qui rassemble pour la plupart de pôemes classiques très beaux dont je te laisse juger de la simplicité et l’accessibilité :
 

 
 

« C'est un trou de verdure où chante une rivièreAccrochant follement aux herbes des haillonsD'argent; où le soleil de la montagne fière,Luit; C'est un petit val qui mousse de rayons. »
 
 

(vois tu des "foutaises" là dedans ?)
 
 

Sache également que Rimbaud a écrit ce recueil dans un période assez difficile pour lui, l’Absinthe ne lui réussissant pas trop . Il publie lui même ce recueil a seulement 500 exemplaires soit même pas de quoi lui rapporter un salaire décent (preuve qu’il ne fait pas sa pour l’argent ou pour passer à la postérité) .
 
 

Tu finis en apothéose :
 
 

« Mais cessez d'être obligés de vous sentir écrasés par le poids des statues nées avant vous... Soyez libres »
 

 
 

Je vais t’en raconter une belle : On a vécu toute notre vie jusque là sans te connaître, sans avoir besoin de tes petits ordres minables à l’impératif . « Soyez libres » o_O’ j’ai rarement entendue quelque chose de si peu pertinent . Qui es tu pour penser nous donner là un conseil ? tu as si peu d’estime de toi que tu te sens obligé d’essayer d’influencer les gens avec tes spéculations niaiseuses ? Toutes personnes, même celles que tu méprise, ont au fond d’elle une propre conviction personnelle et n’ont pas besoin de tes commentaires . Tu aurais pu simplement affirmer que tu es une personne fermée au bateau ivre de Rimbaud (le seul que tu es apparemment lu (au lycée ^o)) .
 

                Pour finir je te donne l’adresse d’un pôeme de Rimbaud et Verlaine que tu appréciera je l’espère a sa propre valeur : http://www.azurs.net/arthur-rimbaud/index.php/Sonnet_du_Trou_du_Cul
 

 
 

L’homme n’est q’une sous-espèce de primates dégénérés, certains plus dégénérés que d’autres .
 

Chronique Fraîche