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Festival d'Avignon

14 février 2009 6 14 /02 /février /2009 11:28
FEMMES, AVENIR DE L'HOMME

Au 19è siècle, l'Autrichien Leopold von Sacher-Masoch est devenu célèbre par ses nombreux écrits. Mais aussi et surtout par l'un d'entre eux, un roman, « La Vénus à la fourrure ». Un psychiatre inventera alors un nouveau substantif : le masochisme.  Christine Letailleur adapte et met en scène avec élégance et doigté cette « Vénus », texte éminemment théâtral.

Il est né en 1836 dans une ville, Lwow qui était alors en Autriche. Aujourd'hui c'est l'Ukraine. Il devient journaliste et écrivain. Dans les années 1860-70 il est célèbre pour ses romans, ses pièces. Même en France. Après sa mort, en 1895, il tombe relativement dans l'oubli. Même si son roman le plus célèbre, « La Vénus à la fourrure », continuera à être traduit et commenté. Cet objet de lecture éveille bien des fantasmes, sur la sexualité et le désir, sur la nature des relations hommes-femmes.
Le masochisme était déjà né depuis près d'un siècle quand le philosophe Gilles Deleuze replace, dans les années soixante, l'œuvre de Masoch, notamment dans son rapprochement avec celle de Sade. Sans trop creuser, disons que lorsque le premier gravite essentiellement autour des sentiments, de l'introspection, le second est plutôt dans la mécanique des sens. Les deux univers peuvent se compléter mais n'ont pas le même centre de gravité.

Le verbe est tendu

L'adaptation théâtrales de « La Vénus à la fourrure » que donne ces jours-ci Christine Letailleur au Théâtre de La Colline à Paris, après l'avoir créée au Théâtre National de Bretagne à Rennes, va clairement dans ce sens. Elle écrit, dans la préface du texte de la pièce (aux éditions Les Solitaires Intempestifs), que cette « Vénus... » est « [la femme] partenaire, la complice idéale, l'héroïne privilégiée de Sacher-Masoch. (...) Elle est celle qui saura, au plus fort de la tension érotique, se montrer à la fois cruelle et voluptueuse. »

La mise en scène fait l'économie d'un décor. Ou presque. La pénombre domine pour ce qui n'est peut-être que le rêve éveillé d'un personnage (L'Ami). Celui-ci reste bouleversé par l'image d'une Vénus. Il entre en discussion avec cette Déesse de l'amour, devise sur la relation entre les hommes et les femmes. Ce rêve devient histoire, celle de deux nobles, Séverin von K. (Andrzej Deskur, étonnant) et Wanda von D. (Valérie Lang, excellente), qui passent un contrat où l'amour se nourrit de jalousie, de flagellation, d'humiliation et autres soumissions... pour Séverin.
On ne dira pas tout sauf qu'il y a un troisième personnage, Le Grec, forcément beau. Et que l'on entend notamment de la bouche de Wanda cette interrogation : « Peut-on aimer un homme, un homme qui se fait battre, est-ce qu'on peut aimer cet homme-là comme un mari ? »... Sa propre réponse viendra plus tard. En attendant, le jeux des cinq comédiens est glacieux. Peu de nudité, de postures troublantes... C'est peut-être maso pour le spectateur. Mais ici, c'est le verbe qui est le plus tendu. Très excitant!
                                                                                                        Jean-Pierre BOURCIER (Paris)

La Vénus à la fourrure
Texte : Leopold von Sacher-Masoch (traduction Aude Willm)
Adaptation, mise en scène et scénographie : Christine Letailleur
Lumière : Stéphane Colin
Son : Manu Léonard
Avec Maëlle Bellec (La Déesse), Philippe Cherdel (L'Ami), Andrzej Deskur (Séverin), Dimitri Koundourakis (Le Grec), Valérie Lang (Wanda).
Jusqu'au 22 février au Théâtre National de la Colline; www.colline.fr
15 rue Malte-Brun 75020 Paris.
Tél.: 01 44 62 52 52.

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Published by Jean-Pierre BOURCIER - dans À Paris 2008-09
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