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Mois Après Mois

Festival d'Avignon

15 février 2009 7 15 /02 /février /2009 00:09

DANS LA PEAU DE MICHEL EYQUEM DE MONTAIGNE

 

Ce spectacle nous offre « un voyage au centre de Montaigne ». On y découvre avec jubilation tous les recoins de son esprit au désordre organisé. Thierry Roisin relève le défi en confectionnant une mise en scène d’une lisibilité exquise, celle-ci soulignant la pertinence encore fort actuelle des Essais.

 

Dès les premières minutes du spectacle, l’auteur-personnage se décrit : « je suis d’une taille un peu en dessous de la moyenne : ce défaut n’a pas seulement de la laideur mais encore de l’incommodité ». Ici voit-on déjà l’esprit espiègle et un brin désinvolte de Montaigne. Peut-être a-t-il les pattes un peu courtes, néanmoins il a « une tête bien faite », célèbre expression que nous lui devons…



Le procédé scénographique repose essentiellement sur la présence d’un tapis roulant  traversant la scène de cour à jardin. Ce tapis roulant semble une allégorie du temps qui passe, qui fait défiler la vie d’un homme qui marche et avance vers la connaissance de l’être, vers son destin. Sur son chemin, il croise objets et obstacles qui sont autant d' illustrations de  son discours et, parfois, prétextes pour se raconter. Mais s’il parle de lui, c’est en représentant de l’homme universel : « chaque homme porte la forme entière de l’humaine condition ». Thierry Roisin n’a point négligé cet aspect puisque sa mise en scène relève la pertinence encore fort actuelle du propos de Montaigne, volonté notamment soulignée par les costumes, tantôt contemporains tantôt dans l’esprit de l’époque.


De la tête bien faite au spectacle bien fait

 « Si l’érudition est présente, elle n’est jamais chez lui une finalité ; il fuit les pédants et les esprits étroits », souligne Thierry Roisin. Son adaptation du texte de Montaigne fait preuve de finesse et de pertinence dans les extraits choisis. Il ne rien de l’ironie ou des contradictions malicieuses, parfois, de l’auteur. Il n’y a pas d’intellectualisme prétentieux dans ce spectacle mais une tension virtuose entre l’écriture éparpillée et spontanée de Montaigne et la rigueur judicieuse et affable de la mise en scène.


Le jeu gracieux de Yannick Choirat ajoute au brillant de cette représentation. Le comédien diffuse une belle adresse corporelle malgré les rythmes fluctuants du tapis roulant. Quant aux musiciens, ils s’imposent en réels partenaires et répondent aux pensées de Montaigne sans pour autant absorber le texte, produisant ainsi un spectacle aéré et calibré.

Voilà un bel hommage au Maître qui a écrit : « La parole est moitié à celui qui parle, moitié à celui qui écoute ». Dans ce spectacle, incontestablement, la parole de Montaigne finit par nous appartenir…

                                                                                                                     Florence LE JUEZ (Paris)

 

Montaigne d’après les Essais

Mise en scène : Thierry Roisin

Adaptation : Thierry Roisin et Olivia Burton

Interprétation : Yannick Choirat, Samuel Maître (clarinettiste), Agnès Raina (flûtiste)

Manipulateurs : Yannick Bourdelle, Baptiste Chapelot, Balthazar Daninos, Marie-Laurence Fauconnier

Dramaturgie : Frédéric Révérend

Production : Comédie de Béthune

En tournée :

Au vivat à Armentières le 10 mars 2009

A l’ABC scène nationale de Bar le duc les 2 et 3 avril 2009

A Equinoxe, scène nationale de Châteauroux du 7 au 10 avril 2009

A l’Arc, scène nationale du Creusot le 16 avril 2009

A la Comédie de Caen CDN de Normandie le 28 avril 2009

 

Photo : Richard Baron

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Published by Florence LE JUEZ - dans À Paris 2008-09
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commentaires

michel voiturier 16/02/2009 07:51

Voir aussi la chronique parue le 24 mai 2008 sur Rue du Théâtre.

Chronique Fraîche