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Festival d'Avignon

17 février 2009 2 17 /02 /février /2009 20:18
D’OBSOLÈTES PETITS BOURGEOIS

Un milieu bourgeois, nanti, suffisant, satisfait de se trouver au-dessus de la masse populaire. Des individus préoccupés par une quête d’amour plus sensuelle que sentimentale dont l’honneur se scandalise s’ils sont trompés par leur partenaire, qu’ils s’efforcent de toute façon de tromper eux-mêmes.

Sacha Guitry, dont pas mal de textes scéniques se nourrissent de sa propre existence, livre une fois de plus le portrait d’une société futile, égotiste, plus apte à jouir de ses privilèges qu’à se construire un bonheur. Il joue, en 1934, les précurseurs en prédisant la fin légale des poursuites judiciaires pour adultère.


Daniel Benoin a tenté de donner un sens sociologique et historique à cette pièce légère. Il l’a assaisonnée de chansons d’époque, de bandes d’actualités filmées où se voit la montée des fascismes européens autant que la volonté populaire d’aller vers un certain progressisme.

Pour accréditer une façon moderne de pratiquer ce théâtre aux thèmes plutôt boulevardiers, il place ses comédiens dans un cinéma agrémenté de canapés qui accueillent certains spectateurs. La disposition de ce mobilier permet un passage fluide et visuellement perceptible d’une salle de projection à un salon, une salle à manger, un bureau, une chambre… Ce qui facilite un découpage des scènes un peu cinématographique.

Une société asociale

Les protagonistes passent le temps en parlottes, émaillées de ces bons mots d’auteur, un rien piquants, assez goguenards, parfois cruels. Ils s’efforcent de cacher ce qu’ils savent afin de sauver les apparences jusqu’au moment où tout se dévoile. Tout cela ressemble à des joutes mondaines avec ce que cela suppose de vain. Même si on imagine certains financiers actuels se conduire avec semblables cynisme et amoralité.

Le jeu reste traditionnel. Il souffre un peu de langueur, étant joué non dans le rythme forcené de la comédie mais dans celui, plus pesant, de l’analyse psychologique. Marie-France Pisier et François Marthouret restent pareils à eux-mêmes. Encore que ce dernier est parvenu à ne jamais se référer au souffle et au ton si caractéristique de l’auteur, y compris dans l’inévitable monologue final que Guitry se réservait comme morceau de bravoure. Reste le domestique, Jacques Bellay, caricaturé à outrance, pour concrétiser les allusions à la situation sociopolitique de l’époque.

Michel VOITURIER (Lille)

Au Théâtre du Nord en sa salle L’Idéal, rue des Champs à Tourcoing du 12 au 15 février 2009
Le nouveau Testament                                             
Texte : Sacha Guitry                                                            
Mise en scène : Daniel benoin assité d’Emmabuelle Duverger                       Décor et lumières : Daniel Benoin                                                                                                                  
Distribution : Jacques Bellay, Gaëlle Boghossian, Denise Chalem, Paul Chariéras, Paulo Correia, François Marthouret, Philippine Pierre-Brossolette, Marie-France Pisier
Costumes : Nathalie Bérard-Benoin et Jean-Pierre Laporte
Production : Théâtre National de Nice
En tournée : du 18 mars au 5 avril 2009, au Théâtre des Amandiers (Nanterre)

Photo © Fraicher Matthey.

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Published by Michel VOITURIER - dans En Région 2008-09
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