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Festival d'Avignon

21 février 2009 6 21 /02 /février /2009 13:09
VIOLENCE CARCÉRALE INTEMPORELLE

Retour du mythique Living Theatre. Reprise du tout aussi mythique « The Brig » de 1963 qui retrace une journée de prisonniers dans un camp de marines étasuniens. Brimades, humiliations, violences, soumission sont les éléments d’une remise en ordre des soldats rétifs ou inadaptés à la discipline absurde de l’armée.

« Ce n’est pas une pièce. Mais c’est sûrement un acte de rébellion », écrit Pierre Biner dans son livre consacré à la troupe de Julian Beck et de Judith Malina (éd. L’Âge d’Homme, 1968). C’est vrai que l’œuvre présente d’abord des aspects documentaires narrant une journée d’enfermement d’une dizaine de prisonniers. Pas de vraie progression dramatique, pas d’évolution des conflits mais un fonctionnement déterminé une fois pour toutes.


Il exprimait dans la réalité du jeu des acteurs une situation existante. Il continue à la dire puisque, de nos jours, il y a encore Guantanamo, tous ces centres de rééducation au drill impitoyable sur lesquels la télévision a souvent diffusé des reportages. Depuis, il y a eu aussi en 1987 le film de Kubrick, « Full Metal Jacket » et quelques autres.

Les esthétiques changent plus vite que les sociétés

Le spectateur d’aujourd’hui n’a plus la surprise qu’avait celui d’il y a 45 ans. L’émotion se fait moins sentir, comme s’il y avait une sorte d’accoutumance à la violence. Le travail des comédiens demeure, lui, impressionnant. Le jeu est en priorité physique. Les voix hurlent. Les corps souffrent, exsudent, se plient, rampent, s’essoufflent. Les regards sont fixes, parfois hallucinés. Les faciès sont crispés. Les êtres sont malmenés, dépossédés de leur personnalité, privés d’espoir et d’autonomie.

Ce qu’ils montrent devient plus que jamais une image du monde avec ses pressions des plus forts sur les plus faibles, de l’absurdité des pouvoirs sur ceux qui les subissent, des abus de ceux qui détiennent les leviers de commande, du cynisme de ceux qui possèdent envers ceux qui sont démunis. Le règne de l’arbitraire est absolu,  incontrôlable et incontrôlé. La solidarité est aussi exclue que l’équité.

Le spectacle de « The Brig » est une commémoration, un jalon historique dans l’histoire de l’art dramatique. Il se perçoit maintenant comme cela. Comme lorsqu’on visite un monument classé : avec admiration, respect, un sentiment centré sur l’esthétique plutôt que sur le message. (voir www.ruedutheatre.info/article-19364487.html  )

Michel VOITURIER (Bruxelles)

Au BPS22, avenue Solvay à Charleroi le 17 février 2009 et les 20-21 février au Manège, rue Rensonnet à Liège (Festival de Liège)


Texte : Kenneth H. Brown
Mise en scène : Judith Malina 
Interprétation Gene Ardor, Kesh Baggan, Gary Brackett, David Copley, Andrew Greer, John Kohan, Albert Lamont, David Markham-Gessner, Thom McGinn, William Minogue, Jeff Nash, Christopher O'Brien Spicer, Johanny Paulino, Morteza Tavakoli, Evan True, Issac Scranton, Enoch Wu 
Scénographie et lumière : Gary Brackett |
Photos  © Bernd Uhlig, J. Ranard, Chantel Cherisse Lucier
Production : Living Theatre.


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Published by Michel VOITURIER - dans En Europe 2008-09
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