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Mois Après Mois

Festival d'Avignon

25 février 2009 3 25 /02 /février /2009 20:30
AU CŒUR DE CE POLAR TRAGIQUE…

 

Adapté plusieurs fois à l’écran, le roman de James M. Cain fait actuellement l’objet aux Mathurins d’une adaptation théâtrale particulièrement réussie. Elle utilise avec ingéniosité les ficelles de la narration romanesque, cinématographique et théâtrale.

 

Il y a cette atmosphère, ces décors et ces personnages, dignes de tous les « véhicules de poésie » que sont le roman, le théâtre et le cinéma. Ici, sur le plateau des Mathurins, ils sont réunis. Le souffle romanesque est porté notamment par l’interprétation d’Olivier Sitruk qui parvient avec élégance et efficacité à servir de narrateur et de personnage principal. L’éclairage qui l’enveloppe quelques instants au début de la pièce rappelle celui des photographes de plateaux de l’âge d’or du cinéma américain.

 


Hasard et coïncidences, le contexte social est celui de la crise de 1929 et les dialogues qui y font référence au début de la pièce ont un écho fort actuel. Haut en couleurs, le personnage de Nick Papadakis, interprété par un Etienne Chicot charismatique au possible, est l’âme de cette station-service dont il est le propriétaire.

 

Son autre « possession », l’envoûtante Cora (Laura Presgurvic, sulfureuse à souhait) erre dans cet espace confiné comme une âme en peine. Les décors (il faut souligner ici leur beauté et leur remarquable fonctionnalité) s’ingénient à l’étouffer. Du lieu public de la station-service et de son café, on arrive à l’espace le plus intime de Cora, la cuisine.

 

Quand le cinéma entre en scène

 

L’alchimie de ce couple d’amants maudits fonctionne ici à merveille. La tension dramatique est palpable. Le jeu de séduction et l’attirance sexuelle sont mis en scène avec une certaine violence. Il est vrai que Daniel Colas, rendant hommage au cinéma,  suggère des plans (la scène de la voiture notamment) très imagés où le spectateur est fortement sollicité. Mais il donne aussi la part belle au théâtre en proposant un « montage de scènes » vertigineux. Comme des flashs qui crépitent, les décors évoluent à mesure que l’intrigue prend la forme de celle d’un polar.

 

Les interventions du narrateur, encadrées par un jeu de lumières très précis, sont importantes car elles titillent notre imagination. Le spectateur est même quasiment impliqué lors de la scène-clé de l’intrigue quand il se retrouve ébloui par les phares de la voiture.

 

Cependant dans ce beau travail visuel, on peut déplorer la qualité sonore des musiques qui accompagnent la pièce. Restent les personnages secondaires comme l’inspecteur (Yvan Varco) ou le jeune greffier (Xavier Lafitte). Ils sont mieux que des faire-valoir dans ce cauchemar tragique. Ils prennent un malin plaisir à manipuler ce couple maudit jusqu’à ce dénouement, raconté avec une forte émotion.

 

                                                                           Laetitia HEURTEAU (Paris)


Le facteur sonne toujours deux fois

D’après le roman de James M. Cain

Et le scénario de Harry Ruskin et Niven Busch

Adaptation de Jean et Alice Curtelin
Mis en scène par Daniel Colas
Avec Etienne Chicot, Olivier Sitruk, Laura Presgurvic, Yvan Varco et Xavier Lafitte.

 

Théâtre des Mathurins, 36, rue des Mathurins, 75008 Paris (Métro : Madeleine)

 

Du mardi au samedi à 21h, matinée samedi à 16h30 et dimanche 15h, relâche le lundi.

Location 01 42 65 90 00

Durée : 2h05 (avec entracte)

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Published by Laetitia HEURTEAU - dans À Paris 2008-09
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commentaires

Xavier 26/02/2009 14:09

L'horaire vient de changer: 20h45!
A bientôt,
X

Chronique Fraîche