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Festival d'Avignon

26 février 2009 4 26 /02 /février /2009 07:51
FAUX TIFS ET COUPABLES PERRUQUES

C’est un ballet désastreux de niaiserie qui habite le Trianon en ce moment. L’opéra rock  psychédélique de 1969 est remonté dans une version branchouillarde 2009 où s’affiche un manque de talent généralisé. Cet ersatz de spectacle n’est pas un hommage à son ainé. Il en est le fossoyeur! Qui sont les fautifs ?

On devrait plus souvent se fier aux prologues des spectacles et se barrer illico en courant afin de s’épargner durant deux heures la confirmation de ce qu’annoncent d’emblée les premières secondes. Sur scène déboule un énergumène, fagoté comme un bonze népalais qui aurait piqué sa jupette à Ben Hur. Il nous prévient que le portable, ça dérange autant que les photos, les prises de vue, la clope. Avant de jouer la démagogique carte du « Il est interdire d’interdire » brandi comme un manifeste et d’enchaîner sur un propos au pacifisme bêlant « Faites l’amour, pas la guerre ». Evidemment tout cela ne peut qu’augurer des vivats, même si le « comédien » butte sur les mots et fait montre d’une totale absence de talent.


Le show démarre sur ces considérations. Première chanson en anglais. L’orchestre ? Ne rêvez pas ! Peace, love and money, triangle institutionnel du spectacle avec surenchère très appuyée sur le troisième sommet toutefois. Donc l’orchestre, vous pouvez toujours l’imaginez si imagination galopante vous avez car se figurer des musiciens jouant cette cacophonie révèle quand même une piètre opinion à l’endroit de ces travailleurs besogneux qui enchantent les vraies formations.

Niaiserie à tous les niveaux

L’anglais va céder sa place au français dans les chansons. Probablement pour assurer la continuité dans la niaiserie avec les propos intercalés entre les phases musicales. A ce titre, l’objectif est atteint. On convoque tous les éléments qu’il faut bien intégrer pour conduire le spectacle de 1969 vers les ères 2000. Couche d’ozone, clé USB, Facebook, vont ainsi se relayer pour assurer ce bond de quarante ans, abandonnant beaucoup de choses au passage. En effet, pas le moindre déviationnisme, aucune surenchère dans ce qui constituait la quintessence sulfureuse du « Hair 1969 » et l’avait propulsé comme manifeste de toute une génération ne vont jouer les trouble-fêtes.

Les gentils comédiens sur scène sont des corps, tablettes de chocolat ostensiblement et outrageusement balancées à la figure d’un public qui n’a plus qu’à se rincer l’œil et se boucher les oreilles. Car ça chante fort et mal. Une cacophonie dans un décor d’une assez ahurissante laideur (même si on comprend bien qu’il cherche à mettre en valeur les couleurs des costumes), des chorégraphies qui n’en méritent pas le nom, un propos d’une démagogie vomitive et, pour couronner le tout, une fausse pudibonderie là où la version 69 n’hésitait pas à en balancer plein la figure aux bourgeois médusés. Là, deux paires de fesses seront le seul outrage à la pudeur. C’est dire qu’il n’y a vraiment rien à voir dans ce spectacle…

Franck BORTELLE (Paris)

 

Hair
Comédie musicale rock de Gérôme Ragni et James Rado
Musique : Galt Mac Dermot
Adaptation française : Sylvain Meynia
Mise en scène : Ned Grujic
Chorégraphie : Raphaël Kaney-Duverger
Assistantes : Sonia Sariel et Laurence Perez
Direction Musicale : Andrés Villani et Alberto Centofanti 
Direction Artistique : Marco Daverio
Décors : Giuliano Spinelli
Costumes : Sara Bianchi
Lumières : Danilo Larosa
Direction vocale et chœurs : Emanuele Friello

Avec Fabian Richard, Liza Pastor, Laurent Ban, Mélusine, Antoine Lelandais, Marc Beaujour, Tiphanie Doucet, Billy Tran, Magali Bonfils, Yoni Amar, Daniel Deylon, Julia Giamette, Yvana Verbecq, Caroline Bal

Théâtre du Trianon, 80 boulevard de Rochechouart, 75018 Paris (Métro : Anvers)
Du mardi au samedi à 20h00 et matinée le dimanche à 15h30

Durée : 2h10

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Published by Franck BORTELLE - dans À Paris 2008-09
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commentaires

Christophe 06/04/2009 01:21

Je vous trouve super super dur!! Je ne suis pas le plus érudit qui soit, mais pas le moins non plus. Je suis plutôt politisé, et de droite, donc dans une idéologie pas vraiment 68. Mais bon, à ce que je sache, il ne s'agit pas d'un forum politique mais d'une comédie musicale. Et nous ne sommes pas à Broadway mais boulevard Rochechouart. Nous ne payons pas 125€ (catégorie 1 pour Stevie Wonder à Bercy) mais un peu plus de 30€. Est-ce qu'on ne peut pas juger cette comédie sur la forme plutôt que d'en juger très sérieusement le fond? A titre personnel, 1968 ou 2009, "choquer le bourgeois", je trouve ça nul. Par contre, je me suis assis, j'ai vu, entendu, et j'ai adoré. C'est un pur divertissement dans ce monde "désanchanté" et triste, rempli de mauvaises nouvelles. Les artistes ont de l'énergie et du talent. Ils ont de la voix, et pour cause, je vous rappelle qu'ils chantent en dansant. Vous imaginez devoir chanter juste en vous agitant, les contorsions, et la perte du souffle pendant l'effort. Si vous ne les trouvez pas bons, qui a du crédit à vos yeux?!! Je ne vous cache pas que je trouve assez énervant cette mode des critiques "méchants", et encore plus dommageable que ce soient les plus cruels qui se voient verser les cachets les plus élevés. Du coup, ça crée une mode...

Franck BORTELLE 09/03/2009 08:32

Attention, je n'ai pas dit qu'ils chantaient faux, mais mal. Ce n'est pas pareil... On peut chanter juste (en respectant la partition donc) mais mal, sans expressivité, sans coeur, sans y mettre autre chose que de la voix, sans comprendre ce qu'on chante... Inutile de donner des noms mais les chanteurs qui reprennent Brel (grande mode en ce moment) en beuglant comme des suppliciés sans comprendre ce qu'ils chantent en sont un exemple. Et ils sont nombreux...

Idrissa SIBAILLY 02/03/2009 17:41

Un peu rapide...Il fallait lire:Bien que d'accord avec le fond, je ne serais pas si catégorique. Il est certain que  le volume beaucoup trop fort des micros ne laissait aucune chance à la moindre fausse note de passer inaperçue, mais tous ne chantaient pas faux et quelques  passages de danse étaient, à mon goût, pas trop mal chorégraphiés...

Idrissa 02/03/2009 17:35

Bien que d'accord avec le fond, je ne serais pas si catégorique. Il est certain que  le volume beaucoup peu trop fort des micros ne laissaient aucune chance à la moindre fausse note de passer inaperçue, mais tous ne chantaient pas faux et quelques  passages de danse étaient, à mon goût, pas trop mal chorégraphiés...

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