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Mois Après Mois

Festival d'Avignon

1 mars 2009 7 01 /03 /mars /2009 11:48
QUAND VIENT L’ADDITION IL FAUT PAYER

Le texte de Nicolas Pomies est magnifique et servi par trois comédiens plus que convaincants. On regrette juste que ce beau sujet ne bénéficie pas d’une mise en scène plus recherchée, plus dynamique aussi.

Tondre… Rien de tel pour nettoyer. Seule manière d’éradiquer la vermine qui grouille partout. Moyen aussi d’être distingué au rang des imposteurs et des félons lorsqu’on a commis le crime de lèse-majesté : la collaboration.


Nous sommes juste après la Seconde guerre mondiale, dans une petite ville de province. Des clameurs, des bruits de pas arrivent jusqu’à l’atelier du perruquier Antoine qui vit là avec son gendre Zéphirin et sa petite-fille Alsace. Entre les deux hommes le courant ne passe pas. Zéphirin, poussé par des élans patriotiques et un certain sadisme aussi, joue de la tondeuse sur les crânes des femmes qui ont eu un comportement douteux durant les années qui viennent de s’écouler. Antoine accepte pourtant le butin que rapporte son gendre et avec lequel il confectionne des postiches dont il est un fin artisan.

Une immense pudeur

Le texte de Nicolas Pomiès recèle des trésors. Le style fluide bien que très écrit se prête à merveille à la scène. Le dialogue est percutant, ne s’embarrasse pas de formules amphigouriques tout en demeurant suffisamment littéraire pour se hisser vers ce qu’on nomme communément du bel ouvrage. D’un cadre historique dont on croit toujours que tout a été dit, l’auteur, avec une immense pudeur (rien n’est montré, tout n’est que suggéré), propose une histoire qui a la force narrative de bien des scénarios de films traitant du même sujet.

Sur la scène les trois comédiens qui défendent ce texte s’en tirent brillamment. Charles Schneider à qui échoie le rôle le plus difficile est un magnifique Zéphirin tout en agitations patriotiques frisant le ridicule. Le trait légèrement grossi qu’il impose à son personnage n’en dévoile que mieux ses faiblesses et le rend presque pitoyable. Face à lui Jean-Claude Aumont, stoïque et patriarche, est impeccable dans ses emportements autant que dans ses moments d’intimité avec la douce Alsace à laquelle Corélie König apporte fraicheur et sensibilité.

Il est toutefois dommage que l’auteur se soit alourdi la tâche en assumant la mise en scène de son texte. Il le dessert plus qu’il ne le rehausse, ne parvenant pas vraiment à apporter de dynamisme à ce trio au potentiel pourtant énorme. Sans imagination, sans véritable recherche, cette mise en scène aplatit l’ensemble. Du coup, on reste dans une pénombre là où potentiellement on a un spectacle qui pourrait être vraiment éblouissant.

Franck BORTELLE (Paris)

 
La Tondue, de Nicolas Pomiès
L’Évadée Théâtre • 23, rue Louis-Blanc • 75010 Paris
06 61 77 52 01
levadeetheatre@yahoo.fr
http://www.levadeetheatre.com/

Mise en scène : Nicolas Pomiès
Avec : Jean-Claude Aumont, Corélie König et Charles Schneider
Création sonore : Thierry Simoulin
Théâtre du Marais • 37, rue Volta • 75003 Paris
Réservations : 06 61 77 52 01
Du 5 février au 26 avril 2009, les jeudi, vendredi et samedi à 19 heures, et dimanche à 16 heures

Durée : 1 heure

Photo Katia Maeder

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Published by Franck BORTELLE - dans À Paris 2008-09
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commentaires

barthos 11/03/2009 10:36

site officiel de charles schneider http://www.charles-schneider.net

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