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Festival d'Avignon

30 mai 2006 2 30 /05 /mai /2006 08:44
BORGES, GOYA ET LE PEUPLE

Depuis quelques années, l’écrivain et metteur en scène Rodrigo Garcia, originaire d’Argentine, tourne en France avec son théâtre de performance. Le spectacle Borges+Goya est la reprise de deux monologues créés par l’iconoclaste Garcia il y a une dizaine d’années.

Les narrateurs de ses textes sont des hommes du peuple qui commentent, entre adoration et dégoût, le théâtre et le Mc Donald’s. Des hommes et des femmes partent sur scène à la débandade, avec des danses violentes et des installations d’art plastique. Les scènes de Garcia deviennent une folle accumulation de métaphores et de symboles, de corps meurtris, tachés de ketchup et de mayonnaise.

Photo © Samuel Domingo

Au début du spectacle, sur deux écrans géants, qui couvrent le fond de scène, sont projetées des  images rapides de la politique et du football argentins et des images pornographiques. Puis, un personnage à la peau bleue et aux cheveux rouges entre et marche lentement sur scène. Il porte dans ses mains un vaporisateur plein d’un liquide vert et une pomme lumineuse. Cette créature onirique bouge dans des mouvements stylisés, toujours très lents. Sa peau malade et ses gestes semblent avoir perdu leur humanité. La créature raconte ses souvenirs sur l’écrivain Borges, et le dénonce pour avoir tant fait pour la philosophie, mais sans jamais s’opposer aux dictatures militaires argentines. Les textes de Garcia sont toujours des accumulations d’anecdotes grotesques et d’instants poétiques construits avec des mots vulgaires.

Après le premier monologue, une vidéo passe de nouveau au fond de scène : des individus sont en train d’ensevelir le cercueil de Borges. Ils se trouvent à combattre avec des esprits invisibles jusqu’à la folie et à s’entretuer. A la fin de la vidéo, une mascotte en peluche de l’Atletico Madrid entre sur scène et danse comme devant les supporters de l’équipe de football. Le public rit devant la nouvelle étrange apparition. La mascotte enlève son masque, et le visage d’un père de famille, avec la bouche pleine de morceaux de sandwich et à grands coups de gorgées de bière, commence à raconter l’aventure qu’il à vécu avec ses deux enfants. Ils ont essayé d’entrer au Musée du Prado de Madrid en cassant une fenêtre. Ils voulaient vivre une soirée différente en contemplant les œuvres de Goya.
Le public ne connaîtra jamais la fin de l’histoire : à l’improviste, l’homme remet son masque et recommence à danser. Le public rit beaucoup moins, connaissant maintenant l’identité de l’homme caché sous un masque publicitaire.

Rodrigo Garcia est, tout comme Jan Fabre, un artiste qui a toujours réussi à porter sur scène un corps en métamorphose poétique parmi les symboles consuméristes. Mais Borges+Goya est une critique faible de notre réalité. Les idées à la base de deux personnages et des vidéos sont très intéressantes, mais elles ne sont pas développées. Lorsque Garcia ne met pas en scène ses personnages qui partent à la débandade, en construisant un champ de guerre avec de la nourriture, les textes demeurent comme des excès inaboutis de vulgarité et de poésie.

Mattia SCARPULLA (Paris)

Le spectacle Borges+Goya de la compagnie La Carniceria Teatro, de Rodrigo Garcia est représenté au Théâtre de la Cité Internationale, Paris, jusqu’au 3 juin 2006 Informations : tél. 01 43 13 50 50  accueil@theatredelacite.com

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Published by Mattia SCARPULLA - dans À Paris 2006-07
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