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Festival d'Avignon

7 mars 2009 6 07 /03 /mars /2009 00:59
LES AUTRES, C’EST L’ENFER

La Manufacture des Abbesses ne cache pas son goût pour les auteurs new-yorkais. Après l’adaptation de « Femmes de Manhattan » de John Patrick Shanley - qu’on a vu récemment au cinéma avec « Doute » qu’il a aussi mis en scène -, ce théâtre présente « Le regard des autres » de Christopher Shinn, pièce inédite en France.

« Le regard des autres » met en scène trois artistes mal dans leur peau. Un malaise présent dès les premiers instants. Une jeune femme lit une carte, bercée par la musique lounge d’un restaurant new-yorkais branché. Assise sur un tabouret blanc, elle semble paisible à l’intérieur de ce décor minimaliste. Cette tranquillité ne tarde pas à se briser quand arrive Steven (Yan Reuzeau). Dans un état fébrile, il débite des phrases incohérentes et saccadées. On comprend vite que cette angoisse est liée au retour d’un de ses amants, Mark, ancien toxicomane repenti.


Réunis après une longue séparation, ces trois personnages sont déstabilisés par ces retrouvailles. Et pour cause. Mark, qui menait une vie trépidante en tant que réalisateur de films, apparaît métamorphosé. Désormais obsédé par la foi, il souhaite se purifier dans le retranchement et la solitude. Steven vit mal cette situation car l’homme qu’il a aimé n’est plus le même.

Chassé-croisé amoureux

Dans une mise en scène rythmée qui fait se succéder des saynètes de 5 à 10 minutes, cette aventure triangulaire montre l’épuisement des sentiments, l’échec amoureux, la difficulté à se reconstruire et la fragilité des hommes. Mark, incarné par Julien Large, est peut-être le personnage le plus symptomatique de ces thèmes. En s’enfermant dans son élan mystique, il ne fait qu’accroître son tourment - contrition que le comédien exprime par une attitude fermée et tendue. Mais l’illusion de s’en sortir s’effrite et Mark redevient lui-même : égoïste, lâche et faible. Ce changement radical de personnalité apparaît factice sur scène à cause de sa brutalité. Julien Large passe d’une tendance à l’autre, sans vraiment réussir à mettre en évidence le moment où il bascule.

Si les deux autres protagonistes sont tout aussi tourmentés, leur interprétation apparaît plus cohérente. Yan Reuzeau, en amoureux transi, propose un jeu convaincant, qui alterne entre euphorie et grand dépit. Quant à Léïla Moguez, dans la peau de Petra, elle incarne avec justesse cette femme en souffrance qui s’échappe dans l’écriture et le striptease. Et ce, malgré une gestuelle parfois peu inauthentique.

Christopher Shinn signe une pièce à la mode sur une jeunesse désabusée. Mais, comme toute chose liée à l’actualité, elle s’épuisera vite.

 

                                                                                   Cécile STROUK (Paris)

 

Le regard des autres

Auteur : Christopher Shinn
Mise en scène : Gilbert Désveaux
Interprétation : Léïla Moguez, Julien Large, Yann Reuzeau, Geoffroy Rondeau et Walter Hotton.

A la Manufacture des Abbesses, 7 rue Véron, 75018 Paris, métro Abbesses. Jusqu'au 22 avril, les lundi, mardi et mercredi à 21h.

Réservation au 01 42 33 42 03 ou www.manufacturedesabbesses.com

Photo © Lionel Blancafort

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Published by Cécile STROUK - dans À Paris 2008-09
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