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Festival d'Avignon

11 mars 2009 3 11 /03 /mars /2009 01:27
UN APPEL À VIVRE PLEINEMENT

Le dieu de la guerre a symbolisé la révolte de l'auteur, exprimée dans son roman autobiographique, dont une adaptation vient d'être portée à la scène.
Non pas fureur de vivre mais colère face à la mort, telle a été la démarche de Fritz Zorn qui a voulu "mourir vivant après avoir vécu éteint"

Agressivité, violence dans le ressentiment ou force créatrice, impulsion motrice, "Mars" est un témoignage-testament, un acte héroïque, sursaut à l'approche de la mort prématurée (32 ans) d'un homme qui perdra sa guerre et gagnera une notoriété posthume. Cet ouvrage deviendra référent en matière de médecine psychosomatique alors qu'il ne raconte qu'une histoire somme toute banale, mais avec sincérité, lucidité, ironie, distanciation et grand talent. Il est heureux que ce texte captivant (seul épargné par son auteur qui se rêvait dramaturge) sorte des cénacles et devienne un spectacle donnant à tous matière à réflexion.
 

Bien plus que le spleen d'un gosse de riche, c'est une souffrance morale et physique qui est exprimée. "Etre ou ne pas être" mais ne plus "paraître", apprendre à dire non, refuser le refus du conflit qui mène au refus de rencontre et au refus de vivre tout simplement, se rebeller contre le conformisme ambiant, moule dans lequel une éducation socio-familiale stricte vous fait entrer, tels sont les thèmes qui dépassent "le cas Fritz A." et que celui-ci a voulu laisser à ses lecteurs, et donc, aujourd'hui, à des spectateurs.

Un jeune homme triste et chic, "éduqué à mort", s'est – enfin – "réveillé en colère"


Pour sa première mise en scène, à la fois fidèle et inventive, le comédien Denis Laujol a choisi un plateau entièrement nu, habité en permanence par sept comédien/ne/s personnifiant tour à tour les différents personnages enfermés dans la personne Fritz et surtout les étapes de son évolution, avec l'idée plus générale de démontrer la portée universelle du message ultime de Zorn. La personnalité (sans entraves, elle !) de chacun vient colorer, et souvent très plaisamment, l'évocation de diverses scènes d'une courte vie.


Le puceau solitaire, fils de bonne famille zurichoise, prof poli, citoyen docile et qui vivait dans la peur de l'Autre aura viré "jeune homme en colère" - ce "chevalier", incarné par Florence Minder, luttant jusqu'au bout avant de s'éteindre à l'aube des années 80 - au point que, mythifié à la façon d'un Kerouac, il deviendra (étonnant paradoxe) porte-drapeau d'une certaine jeunesse en révolte.

Pas de scénographie recherchée ni de savants effets sonores ou visuels, juste, par exemple, "Le Songe d'hiver" de Schubert en fond d'ambiance familiale (trop) "tranquille, harmonieuse" et… "assommante" dans tous les sens. Ou la répétition en appel au micro de "Monsieur Fritz Angst", que ce dernier rectifie chaque fois en "Zorn !", son pseudonyme, ce qui prend tout son sens quand on sait que "Angst" c'est peur en allemand et "Zorn" : colère. Et s'il a voulu garder "Fritz", prénom des plus courants, c'est dans l'espoir de rester lui-même, épanoui enfin, à l'image de la créature virevoltante, imaginaire, que crée Adriana Da Fonseca, feu follet traversant le spectacle.

Suzane VANINA (Bruxelles)

"Ad Hominem", en accueil au théâtre "Océan Nord", Rue Vandeweyer 63-65 à Bruxelles du 3 au 14 mars 2009, 20 h 30 (sauf Di et Lu; Me à 19 h 30)  (+32(0)2.216.75.55 -  www.oceannord.org )

Texte: "Mars" de Fritz Zorn (KVG München 1977, Gallimard 1979), titre regroupant "Mars en exil", "Ultima necat" et "Le chevalier, la mort et le diable" - traduction de l'allemand de Gilberte Lambrichs

Adaptation, mise en scène : Denis Laujol assisté de Julien Jaillot
Interprétation : Adriana Da Fonseca, Yann Frouin, Florence Minder, Benoît Piret, Sophie Sénécaut, Vincent Sornaga, Baptiste Sornin
Lumière : Patrice Lechevallier


Photo © Jacques Verrees

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Published by Suzane VANINA - dans En Europe 2008-09
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