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Festival d'Avignon

11 mars 2009 3 11 /03 /mars /2009 01:33

SOUS LES MASQUES DES APPARENCES


Le Collectif Masque livre une éblouissante adaptation d’un des textes les plus cruels de Molière. C’est l’occasion de revoir un classique est celle d’en découvrir une version bigrement originale dans ce théâtre 13 qui mériterait un prix d’excellence pour la qualité générale de sa programmation.

L’affiche présente un corps d’homme surmonté d’une tête de cerf. Cornes du cocu ou gibier à abattre ? Les deux assurément. L’andouille aux andouillers, s’appelle Georges Dandin. C’est le mari trompé dans son acception la plus entière, la plus tragique aussi, même si le texte de Molière recèle tous les ressorts de la comédie. Ce héros malgré lui est en train de se lamenter d’avoir épousé une jeune fille de condition supérieure à la sienne, lorsqu’il apprend incidemment qu’il est cocu. Il s’évertue à prouver la perfidie de son épouse, notamment à ses beaux-parents…



A la confrontation des classes, grand leitmotiv dans l’œuvre de Molière, s’ajoute ici une abominable cruauté qu’incarnent les beaux-parents (magnifiquement campés par Etienne Champion et Evelyne Fagnen). Il s’agit avant tout pour ces deux-là de sauver les apparences, tenir sa position sociale, même si elle bat de l’aile et qu’il faut en arriver à contracter un mariage avec un riche paysan pour se maintenir à flot. On s’accommode toujours avec sa conscience dès l’instant que demeure intact le masque de la respectabilité.


Quand une cour devient arène de corrida


Le masque. Nous y voilà. Tous les personnages avancent masqués durant une heure et demie. Ce n’est qu’une fois le drame joué qu’ils le tomberont. Ces faux visages (admirablement dessinés et conçus) ne vont pas seulement figer les faciès pour mieux faire ressortir l’immuabilité des caractères : ils vont aussi accentuer le grotesque des situations, lesquelles se déroulent chez Dandin lui-même, plus du tout maître en ses propres lieux.



L’espace scénique est doté d’un décor simple : une porte d’immeuble cossu et une cour que délimite un cercle, comme pour circonscrire non seulement les déplacements mais aussi les espaces de lutte du personnage principal avec ceux qui progressivement deviennent ses plus terribles rivaux. Ce n’est plus une cour, c’est une arène avec orchestration savamment menée d’une mise à mort.


Les comédiens réalisent un sans faute. Affublés de leur postiches faciaux ne laissant voir que les yeux et la bouche, engoncés dans des costumes d’époque très réussis, ils livrent une performance éblouissante, maîtrisant leur texte à la perfection, en en faisant ressortir toutes les subtilités, tout le grotesque et la force tragique. La mise en scène, en ce sens, choisit clairement le parti pris de ne pas appuyer sur les accents farcesques auxquels on assujettit si souvent ce texte. Le rire n’est jamais loin, bien sûr mais le drame humain de ce pauvre Dandin nous rappelle surtout que décidément, l’homme est un loup pour l’homme.


Franck BORTELLE (Paris)


De Molière

George Dandin

De Molière

Mise en scène : Mario Gonzalez assisté de Didier Girauldon

Masques : Etienne Champion

Scénographie : Bertrand Siffritt

Costumes : Sylvie Berthou, Emmanuelle Ballon et Michèle Amiel

Lumières : Jean Grison

Avec Mariana Araoz, Etienne Champion, Evelyne Fagnen, Stephan Kalb, Marcela Obregon, Christophe Patty et Eric Tinot

Théâtre 13, 103 Boulevard Auguste-Blanqui, 75013 Paris (Métro : Glacière)

http://www.theatre13.com

Tel : 01 45 88 62 22

Du 3 mars au 12 avril 2009

Le mardi, mercredi et vendredi à 20h30, jeudi et samedi à 19h30, matinée le dimanche à 15h30

Durée : 1h30


Photos Luc Moriot

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Published by Franck BORTELLE - dans À Paris 2008-09
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