Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Retrouvez nos critiques théâtrales sur :
Les informations sur nos cours d'improvisation théâtrale à Paris :

Musarder



Inscrivez-vous
au Club des abonnés (gratuit)




Découvrez nos cours d'improvisation théâtrale

Tous niveaux - 7e année

Les inscriptions sont ouvertes pour les cours d'improvisation à Paris qui débutent en septembre. Au choix, en français ou en anglais.



Nouveau !

Rejoignez notre cours d'impro en anglais :



Coaching prise de parole

           

Mois Après Mois

Festival d'Avignon

11 mars 2009 3 11 /03 /mars /2009 01:38
FANTAISIE ANTIMILITARISTE

En dépit de quelques longueurs, l’adaptation du brûlot antimilitariste de Brecht qui flirte avec l’allégorie plus que le récit réaliste, révèle d’excellents comédiens dans un spectacle de qualité.


Parti trouver un poisson pour son épouse qui a déjà mis l’eau à bouillir, le docker Galy Gay tombe sur trois soldats qui cherchent un quatrième larron pour remplacer leur camarade qui s’est fourvoyé dans un tel bourbier qu’il ne peut se rendre au rapport. Le brave commissionnaire « qui ne sait pas dire non » accepte après moult tergiversations et se retrouve dans un foutu guêpier.



« Mann ist Mann » (« Un homme est un homme »), titre original de ce texte en dit plus long que sa maladroite traduction française « Homme pour homme ». Brecht sous-entend dès le titre que l’homme n’échappe jamais à sa condition avec tout ce que cela peut présupposer en désirs de gloires, incoercibles besoins de laisser sa place dans l’histoire etc. En présentant un ouvrier, sympathique et débonnaire, heureux dans sa vie tranquille et rangée, l’auteur installe d’emblée une empathie du spectateur avec ce personnage. Empathie qui accentue l’antimilitarisme du propos, les bidasses n’étant par ailleurs perçus ici que comme d’infâmes manipulateurs, prêts à tout pour parvenir à leurs fins, fussent-elles au prix de la vie d’un individu sur lequel ils ont jeté leur arbitraire dévolu.


De très bons comédiens


L’adaptation que propose Gil Bourasseau accentue davantage le grotesque des situations que leur réalisme. Nous sommes dans le registre de la farce tragique en dépit d’un décor et d’un cadre historique bien tangibles. Les personnages, ridiculement fagotés comme des boyscouts, sont les caricatures d’eux-mêmes. Pourtant, sous leurs traits grossiers qu’accentue un maquillage outrancier, perce clairement la volonté de respecter cet engagement de l’auteur allemand, fervent pacifiste toute sa vie durant.



Le parti-pris d’appuyer sur le contenu allégorique du propos peut dérouter. Des chansons sont intercalées au dialogue, ce qui ne constitue pas la plus heureuse des trouvailles, d’autant que le procédé, ici inutile, est trop souvent employé aujourd’hui au théâtre. Ici, il n’est nullement justifié et ralentit quelque peu le rythme général. Mais les comédiens, tous excellents, et l’énergie très communicative de leur prestation parviennent à hisser sans difficulté ce moment de théâtre vers le haut. On souhaiterait même revoir ce spectacle sur une scène plus grande, l'exiguïté du théâtre de l'Etoile du Nord limitant l'amplitude potentielle et donc la performance de ces comédiens pourtant animés d'une vraie soif de jouer. 


Franck BORTELLE (Paris)


Homme pour homme

De Bertold Brecht

Mise en scène : Gil Bourasseau avec la collaboration de Christian Jehanin et Cécile Tournesol

Scénographie et costumes : Georges Vafias

Maquillages et perruques : Noï Karunayadhaj

Avec Xavier Béja, Gil Bourasseau, Olivier Foubert, Sylvie Gravagna, Hervé Haggaï, Christian Jehanin, Antoine Séguin, Cécile Tournesol

Théâtre de l’Etoile du Nord, 16 rue Georgette Agutte, 75018 Paris (Métro : Guy-Môquet)

Jusqu’au 14 mars les mardis, mercredis et vendredi à 20h30, les jeudis et samedis à 19h30, en matinée les samedis à 16 heures

Tournée : le 28 avril au Théâtre Gérard Philipe à Saint-Cyr l’Ecole (78), le 30 avril à la Maison du 18ème de Laval (53), le 16 mai à l’Espace Olympe de Gouges à Saint-Germain-lès-Arpajon (91) et le 29 juillet au Festival de Théâtre de Figeac (46).

Durée : 1h45

Partager cet article

Repost 0
Published by Franck BORTELLE - dans À Paris 2008-09
commenter cet article

commentaires

Chronique Fraîche