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Mois Après Mois

Festival d'Avignon

2 juin 2006 5 02 /06 /juin /2006 18:11
NOCTURNE SOLAIRE

Une affinité musicale sous la baguette de Kazushi Ono réunit Debussy, Stravinsky et notre contemporain Georges Benjamin. Tel est le trio d’amis avec lequel dialogue la dernière création de la Belge Anne Teresa De Keersmaeker et de ses 14 danseurs de Rosas. Musiques fluides et chorégraphie chamarrée.

D’un soir un jour est un voyage intemporel. Un clair-obscur évanescent, propice aux mirages. Debussy ouvre le bal avec son Prélude à l’après-midi d’un faune et le referme avec Jeux. Deux morceaux créés expressément par la radicalité de Nijinski qui en scandalisa plus d’un. Des extraits restaurés dans un prélude silencieux lui rendent ici un bel hommage. Entre les deux, Debussy respire encore, jusqu’aux deux pièces maîtresses signées Georges Benjamin. Son Dances figures est une création spéciale pour la chorégraphe qui y ajoute ce Ringed by the flat horizon (1980). Pour passer de l’un à l’autre, Stravinsky fait de courtes irruptions avec sa Symphonie pour instruments à vent (dédié à son ami Debussy) et son Firewoks (feu d’artifices). Une musique d’orfèvre, délicate et puissante, qui va de la légèreté de la flûte, à la grâce de la harpe en passant par la fougue des cuivres, des percussions et autres cors.

Le Trio du faune © Photo : Heman Sorgeloos

L’ensemble du programme dégage l’harmonie de la «boucle bouclée». Réussite en demi-teintes. Difficile de passer à la loupe la densité chorégraphique globale. Sachez que le voyage démarre un après-midi indolent et se termine lors d’un crépuscule ludique et coquin. Le tout dans une scénographie minimaliste (parois lourde) de Jan Joris Lamers (un plafond mouvant de néons). D’évidence, la lumière tient son rôle de maîtresse du temps. Il emmène, du mordoré à l’azur, nos quatorze danseurs en les focalisant dans des pérégrinations, réelles et imaginaires. Les meilleurs moments : le trio d’un faune pris dans le mirage de deux nymphes, le quasi solo d’une femme inassouvie (combative) qui cherche le ciel - danse sur une table - et ne trouve que la terre… L’ensemble (uni) qui s’éclate comme un premier tir de billard pour se retrouver dans une danse «tempétueuse»… Malheureusement, la chorégraphie disparate de Rosas nous a parut parfois laborieuse dans ses enchaînements et dénuée - pour ne pas pas dénudée - d'intérêt dans ses costumes. L’ensemble du voyage est haché, la sensualité rame dans Jeux et le divertissement, est gratuit dans le feu d’artifices… Reste la direction d’orchestre sensible de Kazushi Ono qui nous abonne au bonheur…

Nurten AKA (Bruxelles)

D’un soir un jour, d’Anne Teresa De Keersmaeker, créé au Théâtre Royal de la Monnaie à Bruxelles le 17 mai 2006.

En tournée française. Jusqu’au 10 juin à Paris, au Théâtre de la Ville, le 1er juillet à Montpellier Dance, du 29 septembre au 30 octobre à l’Opéra de Lille, du 28 au 30 novembre au CDC Toulouse. Infos: www.rosas.be

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Published by Nurten AKA - dans Chansons et lumières
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