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Festival d'Avignon

14 mars 2009 6 14 /03 /mars /2009 00:48

LA FANTAISIE AU FEMININ


De l’exquise « Confiture » au déchirant « Poinçonneur des Lilas », cinq nanas font revivre l’univers poético-réaliste des Frères Jacques. Un numéro au savoir-faire bluffant, décliné sur le mode de l’humour et de la fantaisie. Pétillant et vivifiant.


Elles sont cinq, quatre chanteuses et une pianiste. Chacune arbore un gilet de couleur différente et se présente sur scène avec une chaise assortie à ce vêtement. Ca vous rappelle un truc, un machin vieux d’avant la découverte de l’Amérique par Christophe Lambert ? Quatre gugusses en collant qui déclenchaient des rafales de rires avec des facéties savamment orchestrées tout en chantant des histoires pas possibles de ceinture de sécurité récalcitrante ou des courses de spermatozoïdes ?



Sans chercher à imiter les Frères Jacques en optant pour leur propre scénarisation des chansons, les cinq filles vont leur rendre pourtant un fort bel hommage. Sans pathos. Juste du spectacle, de la fantaisie, de l’humour. Une heure et demie durant va se relayer la fine fleur du surréalisme, de l’indispensable Queneau (avec trois extraits hilarants du classique « Exercices de style ») à Ricet Barrier (le cultissime « 300 millions ») en passant par Francis Blanche pour un texte d’un modernisme troublant, très loin de ce qu’on pourrait attendre du complice de Pierre Dac.


Hymne à la vie


C’est l’existence, tout simplement, qui sert de fil conducteur à ce spectacle. Naissance, enfance, premières amours suivies de près des premières désillusions (« Si tu t’imagines »). La vie étant quand même la grande triomphatrice de tout cela, les textes plus graves (comme le déchirant « Poinçonneur des Lilas » de Gainsbourg) seront interprétés avec légèreté.

Sans nostalgie outrancière, les cinq interprètes choisissent, tout en respectant les textes à la lettre, de leur insuffler un brin de contemporanéité du meilleur goût. Ainsi « le Football » s’accompagne d’un clin d’œil que tous, même ceux qui « sans foot » du ballon rond, reconnaîtront sans coup férir, autant qu’un haussement d’épaules rapidement esquissé par la pianiste dans une des phases de comédie.


Car la chanson n’est pas seule mise à l’honneur ici. On appréciera aussi les qualités de comédiennes et de danseuses des intervenantes, leur facilité à passer d’un numéro de beat box à une chorégraphie très travaillée, ou leur extraordinaire souplesse qui conduit le numéro de « La Ceinture » vers des sommets de drôlerie.


Le meilleur hommage finalement qu’on puisse offrir à une formation qui n’existe plus depuis presque trente ans n’est-il pas d’en perpétuer à la fois l’intemporalité et la modernité ? C’est ce que ce quintet de virtuoses réussit à merveille.


Franck BORTELLE (Paris)


Frères Jacques, dormez-vous ?

Facétie musicale 

Mise en scène et interprétée par : Myriam Allais, Marièle Chartier, Angélique Dessaint, Eve Druelle ou Elodie Sauvage

 Pianiste : Sophie Rieger

Collaboration Artistique : Camille Turlot et Pierre Gribling

Création Lumières : Eric Pelladeau

Création Costumes : Clotilde  Peyrat et Coraline Murat

Petit Théâtre des Variétés, 7 boulevard Montmartre, 75002 Paris

Métro : Grands Boulevards

Depuis le  13 janvier 2009, du mardi au samedi à 19h30

 Réservations : 01 42 33 09 92 et points de vente habituels

Durée : 1h20

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Published by Franck BORTELLE - dans À Paris 2008-09
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commentaires

RAFFIN 29/11/2009 15:10


Très enlevé, impertinent, astucieux et facétieux voilà un spectacle qui donne à voir et à entendre avec un grand bonheur.
Une mise en scéne qui mériterait d'être bien mieux promue.


Chronique Fraîche