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Festival d'Avignon

17 mars 2009 2 17 /03 /mars /2009 21:59
UNE DENT CONTRE L'HISTOIRE

Jean-Claude Grumberg signe une nouvelle fois une comédie dramatique de haute tenue sur les conséquences de la Shoah. L'originalité et l'(im)pertinence de l'auteur épousent superbement la force tranquille du metteur en scène de cette « terre promise », un Charles Tordjman très en  forme.


Dans la famille Spodek il y a Charles, dentiste à Paris, et sa femme Clara. Il ont deux filles. Pendant l'occupation nazie, l'une fut enlevée à la sortie de l'école. Elle ne revint pas des camps de concentration. L'autre, l'aînée, avait alors été rapidement placée en « sécurité » dans un couvent. Quant aux parents Spodek, ils avaient réussi à échapper aux rafles. A leur retour, leurs biens étaient occupés par un autre couple, un dentiste aussi (le sous-titre de la pièce, « tragédie dentaire », agit comme un indice). Après quelques années et moult difficultés, ils finirent par en récupérer la jouissance sans pour autant retrouver le bonheur.


Charles et Clara veulent aussi récupérer leur fille ainée. Rencontrent la Mère supérieure qui leur fait comprendre qu'elle refuse, qu'elle a besoin de « se reconstruire » après la tragédie de la disparition de sa petite sœur. Il reviendront à la charge. En vain. « Qu'est-ce qu'on a mal fait Charles? », implore Clara alors que celui-ci tente de contenir son désarroi par des formules lapidaires (« L'une est en cendre, l'autre enterrée vivante. Va te coucher! »). Échanges directes, rapides. Mais entre ces dialogues qui traduisent la douleur du couple, Grumberg sait mettre la distance, glisser l'humour. Pas de mélodrame ici. Souvent des éclats de rire traversent la salle pourtant au bord des larmes.

Le chemin d'Israël


Pour les Spodek, cette vie devant soi leur paraît impossible à reconstruire. Ils gardent une dent contre ce monde qui les détruit petit à petit. Ce ne sont pas les personnages qu'ils croisent qui les réconfortent solidement. Ni Madame Suzanne « et son morveux aux dents gâtées ». Ni les cousins Max et Mauricette, qui viennent dîner, malgré quelques répliques pétillantes, notamment celle qui jaillit à propos d'une bouteille de vin offerte par Max et qui demande de l'ouvrir avant le repas : « C'est un vin cacher », lance Clara, et Charles de rétorquer : « Alors il doit respirer même bouché »! Ils finiront par rejoindre, en bateau, Israël, cette terre promise.

Les comédiens sont magnifiques. Christine Murillo est une émouvante Clara quand Philippe Fretun (Charles) sait montrer sa mâle attitude pour mieux contenir ses chagrins. Coup de chapeau également aux étonnants Clotilde Mollet et Antoine Mathieu. L'un et l'autre jouent divers rôles (le chœur, la mère supérieure, Stalingrad, les cousins...). Et dans ces divers habits, ils montrent un sacré talent.

                                                                                                          Jean-Pierre BOURCIER (Paris)

« Vers toi terre promise »
de Jean-Claude Grumberg
Mise en scène de Charles Tordjman
Avec Philippe Fretun, Christine Murillo, Clotilde Mollet, Antoine Mathieu.
Scénographie : Vincent Tordjman
Lumières : Christian Pinaud
Musique : Vienet.
Texte publié chez Actes-Sud Papiers
Au Théâtre du Rond-Point, 2 bis, av Franklin D. Roosevelt, 75008 Paris.
Du 4 au 28 mars et du 7 au 11 avril. A 21h. Durée 1h40. Version présentée en hébreu du 31 mars au 5 avril.
Réservations : 01 44 95 98 21. www.theatredurondpoint.fr
Photo : Brigitte Enguerand

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Published by Jean-Pierre BOURCIER - dans À Paris 2008-09
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