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Festival d'Avignon

20 mars 2009 5 20 /03 /mars /2009 16:51
LE THÉÂTRE SE MET EN SCÈNE

Cette œuvre de jeunesse de Corneille a traversé quatre siècles pour nous parvenir, aussi accessible que formidablement mise en valeur, sur la scène du Varia. Michel Delval donne à ce « monstre baroque » toute sa féérie, et dix comédiens défendent avec corps et esprit leurs personnages d’une diversité passionnante. Que cette alchimie théâtrale vous emporte !

Primadant est l’ombre de lui-même depuis que son fils a disparu, fuyant son autorité. En dernier recours, il consulte le magicien Alcandre. Le spectateur est alors emporté vers de images passées, des spectres qui prennent vie pour présenter Clindor, prince de l’immoralité et du libertinage.


Celui-ci joue de tous les mensonges et séductions pour obtenir l’amour d’Isabelle, fille de haut rang, ou encore de Lyse, sa servante. Il utilise intellect et doux regard pour mettre en joue deux prétendants burlesques et hilarants : Adastre, petit hystérique défaillant et Matamore, vieux fou qui s’invente des batailles grandiloquentes avant de fuir lorsqu’on lui souffle dessus.

Corneille mélange les genres, bouscule les codes afin de séduire son public. Temps et lieu se dilatent ; l’histoire tragique est rendue drôle par des personnages aussi caricaturaux que psychologiquement riches.

Primadant assistera, impuissant, à la punition de son fils par le père d’Isabelle, et Lyse, folle d’amour et de haine, sacrifie son amour pour le libérer ensuite. Les personnages mentent et se mentent, mais…tout cela n’est qu’illusion : la dernière scène voit Clindor et Isabelle ressusciter pour s’embrasser en bons compagnons de troupe. Les acteurs partagent les gains, le père comprend la valeur du théâtre, la mise en abyme est parfaite.

Pas de limite créatrice

Si la pièce a « surmonté l’injure du  temps » (Corneille), l’équipe réussit le pari de lui rendre son enchantement, sa richesse poétique, son tragi-comique. L’irréel limite l’intervention émotionnelle du spectateur, mais les artifices techniques, machineries et jeux de lumière le plonge dans une ambiance aussi magique qu’ultra-moderne.

Les costumes collent à la peau des personnages et les révèlent, sans donner l’impression de remonter dans le temps. La scène se remplit de couleurs et de luxuriance. La musique, entée dans la construction scénique, fait rire ou dramatise. Les acteurs n’ont aucune limite. Ils mettent les vers en gestes pour leur donner plus de sens, les crient, s’égosillent, se roulent par terre, et donnent aux deux heures de spectacle leur dynamisme.

Leur très bonne déclamation, mais aussi la virtuosité de l’écrivain, font apprécier les alexandrins sans aucune lourdeur. Le tout prend forme dans une scénographie changeante, fuyante, en miroirs, avec une caméra dans l’œil du magicien, qui retransmet les actions en grand écran.

Ouvrez grands vos yeux, tous les moyens ont été déployés pour vous plaire…Pourvu que cette pièce parvienne à s’envoler pour toucher le grand public.

Julie Lemaire (Bruxelles)

L’illusion comique de Pierre Corneille

Au Varia (Rue du Sceptre, 78 à Bruxelles) du 10 au 28 mars 2009, du mardi au samedi à 20h30, excepté les mercredis à 19h30. Infos et réservations : www.varia.be ou 02/6408258

Mise en scène : Marcel Delval assisté de Pierre Dherte
Avec : Rosario Amedeo (Adraste), Luc Brumagne (Matamore), Paul Camus (Pridamant),
Pierre Dherte (Alcandre), Robert Guilmard (Géronte), Othmane Moumen (Clindor), Melissa
Pire (Rosine), Babetida Sadjo (Lyse), Carole Weyers (Isabelle), Arieh Worthalter (Dorante et
Le Geôlier, Eraste)
Travail du vers : Anne-Claire.
Scénographie et costumes : Claude Renard.
Accessoires : Colienne Vancraenenbroeck.
Maître d’armes : Michelangelo Marchese.
Lumière : Alain Prévôt et Marcel Derwael.
Musique : Rosario Amedeo.
Maquillage : Patricia Timmermans.

Production : Théâtre Varia/Centre Dramatique de la Communauté française Wallonie-
Bruxelles. Avec la participation du Centre des Arts Scéniques (C.A.S.)


Photo © DR

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Published by Julie LEMAIRE - dans En Europe 2008-09
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