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Festival d'Avignon

25 mars 2009 3 25 /03 /mars /2009 10:29
LA MÉMOIRE DES CHOSES

Il suffit de bien peu parfois pour que tout un passé ressurgisse : une comptine enfantine, un objet, une saveur ou un parfum… Il en va même quand il s'agit d'une personne proche disparue.
 
Quatre femmes se retrouvent à l'occasion d'un décès, occasion d'un partage d'héritage, occasion également de déballages et de déchirements…Mais rien à voir avec une scène forte de corbeaux rapaces autour d'un pauvre agonisant. Le cher défunt est un nanti, prof d'université, l'héritage se compose de bibelots précieux, d'œuvres d'art et de volumes de La Pléiade, mis à part quelques menus objets, vêtements dépassés, ou ustensiles ménagers défectueux témoignant de la petite indifférence coutumière dans les familles bourgeoises. Quant aux quatre femmes, elles sont deux sœurs issues d'un premier mariage d'un père, une demi-sœur d'un deuxième, et une jeune infirmière qui veilla les derniers mois de maladie de ce "Paternel". Leur affrontement plutôt "soft" aura lieu dans un décor minimaliste, en costumes de deuil sobres, avec une seule chaise noire pour mobilier, dans un dispositif longitudinal/trois côtés. L'énumération des mille et une traces ainsi laissées par le disparu meublera fort bien cet espace vide.


Un diptyque original et… paradoxal

S'il est un créateur dont l'intérêt pour les femmes, leur vécu, leur ressenti, n'a jamais faibli, c'est bien le romancier-dramaturge-scénariste-réalisateur Philippe Blasband. En voici une preuve de plus avec la création de "Paternel", sa toute nouvelle pièce.

On y retrouve certain(e)s de ses interprètes fétiches, celles-là mêmes qui avaient créé, il y a une douzaine d'années,"Les Mangeuses de chocolat". Et voilà qu'est proposée au public la reprise de cette œuvre culte "en diptyque" avec la création de "Paternel", les vendredis et samedis du 27 mars au 25 avril, ce qui appelle forcément la comparaison.

Un sujet savoureux, un sujet sérieux. C'est le sujet d'apparence anodin qui déclenchera chez ces quatre femmes, une thérapeute et trois "chocolatomanes", la prise de conscience la plus forte, celle qui grattera plus profond, débouchant sur une vraie remise en question (et chez celle de qui l'on s'attendait le moins). Par contre, les échanges à la faveur du sujet grave resteront policés, contrôlés, et vite réprimés sont les quelques éclats parsemant la longue liste, inventaire à la Prévert, des "je prends…je veux…". Les allusions en creux, par l'évocation des objets-traces viendront peu à peu brosser le portrait contrasté du disparu tel que perçu par chacune de ces femmes, dont le "travail de deuil" personnel sera peu évoqué.

Pour ces deux courtes pièces le ton reste à la comédie douce-amère. Curieusement, ce n'est pas le propos le plus ambitieux : "Paternel est donc une cérémonie de deuil" - l'auteur déplorant "la perte des rites autour de la mort dans nos pays" et "les rites, il faut les inventer de toutes pièces"" -  qui touche le plus. Il est donc souhaitable de suivre la proposition qui en est faite de voir les deux pièces. La langue de Blasband y est pareille, celle d'un habile faiseur, sa mise en scène, toujours efficace, et ses comédiennes agissant en idéale complicité.

Suzane VANINA (Bruxelles)

Texte : "Paternel"  de Philippe Blasband

Mise en scène : Philippe Blasband assisté de Marie Avril
Interprétation : Claire Bodson, Jacqueline Bollen, Muriel Jacobs, Michèle Schor
Mise en espace, costumes : Elisabeth Schnell
Lumière : Xavier Lauwers
Création musicale : Olivier Thomas

Coproduction Audience/Théâtre le Public du 5 mars au 2 mais 2009, 20 h 30 (sauf DI et LU)- Tél : 0800.944.44 – www.theatrelepublic.be

Photo © Guy Focant

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Published by Suzane VANINA - dans En Europe 2008-09
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