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Festival d'Avignon

9 juin 2006 5 09 /06 /juin /2006 09:38
HÉRISSÉS DE PLAISIR

Cette version de l’opéra de Rossini revue et corrigée par Jérôme Savary se joue actuellement à l’Opéra Comique, superbe salle du XVIIIème siècle. Le maître des lieux depuis 2000, connu pour ses mises en scènes burlesques et fantaisistes, a ici su garder la simplicité et la bouffonnerie naturelle de cet opéra en deux actes, et parvient, par un joli tour de force, à intégrer joliment dans cette histoire du temps passé des jongleurs, danseurs, acrobates.

L'intrigue est un vieux classique. Bartholo prépare sa pupille Rosine pour l’épouser, alors que celle-ci aime en secret (de polichinelle !) le doux et aimant Lindor, qui n’est autre que le riche Comte Almaviva, de passage dans la ville. Comme toutes les histoires drôles où l’amour triomphe à la fin, cette dernière ne déroge pas aux règles de bienséance : deux amants jeunes et beaux mais pas libres, un héros bien fait de sa personne (on se pâme devant la longue chevelure blonde de Figaro…) et un méchant un peu niais, propre à engendrer le rire. Comme dans tous les opéras-comiques, on se croise, on s’entrecroise, on se chasse, on se cherche mais on finit toujours par trouver. Tout le monde sait que Rosine va épouser Lindor-Almaviva, que Berto la servante éreintée va trouver le bonheur, que Figaro va réconcilier les âmes et les cœurs, mais on ne peut s’empêcher de se laisser prendre à ce jeu du chat et de la souris, d’autant mieux mis en avant par les escaliers, les portes et les recoins sombres du décor amovible de Serge Marzolff.


La galerie épique de personnages, jubilant de leur présence sur scène, virevoltant, emporte dans un tourbillon charmant. Don Basilio ferait taire une armée d’enfants en colère de sa voix caverneuse et profonde, Figaro pourrait remplacer n’importe quelle idole sur poster dans une chambre d’adolescente tant sa générosité et son plaisir de vivre transparaissent dans son jeu, et tous les autres ont sûrement donné envie à la moitié de la salle de devenir chanteur d’opéra… La musique porte toute l’émotion des mots chantés par les personnages. John Nelson, directeur musical de l’ensemble orchestral de Paris, met toute sa virtuosité et celle de ses musiciens au service d’un voyage majestueux vers un monde de poésie où l’on jongle avec des bouquets de fleurs pour séduire sa bien-aimée, où l’on grimpe aux échelles seulement pour pouvoir lui toucher la main, où l’on est prêt à tout pour ne serait-ce qu’entrapercevoir les yeux de celle qu’on aime… Il vit les scènes au même rythme que les comédiens. Si vous êtes en hauteur et que vous regardez attentivement, vous le verrez prêter attention à tous ses interprètes, artistes-musiciens ou artistes-chanteurs. Vous verrez son visage donner des indications à tout un chacun, alors que ses mains continuent de vivre l’opéra-bouffe de Gioacchino Rossini… On est peut-être loin des crocodiles qui sortent des placards d’autres opéras de Jérôme Savary (entendons ici son Irma la douce), mais l'on reste pour notre plus grand bonheur dans un univers poétique où les acrobates côtoient les comtes et où les barbiers sont magiciens… Et où les chimères nous font le plus grand bien.
 Laurène  PIOTEYRY (Paris)

Le Barbier de Séville ou la précaution inutile

Opéra en deux actes de Gioacchino Rossini
Mise en scène : Jérôme Savary
Avec : Delphine Haidan (Rosine), Florian Laconi (Almaviva), Jean-François Lapointe (Figaro), Michel Trempont (Bartolo), Cécile Galois (Berto)…
Direction musicale : John Nelson Décors : Serge Marzolff Costumes : Jacques Schmidt et Emmanuel Peduzzi

Les 7, 9, 11, 13, 15 et 17 Juin 2006 à l’Opéra Comique

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Published by Laurène PIOTEYRY - dans Chroniques 2005-06
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