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Mois Après Mois

Festival d'Avignon

29 mars 2009 7 29 /03 /mars /2009 17:29
BLANC BONNET ET BONNET BLANC ?

Yasmina Reza a le vent en poupe cette année à Madrid. Après « Le Dieu du Carnage », le Théâtre Alcázar accueille sa célèbre comédie « Art  » (« Arte »), mise en scène par Eduardo Recabarren, tandis que le Centre dramatique national joue « Une pièce espagnole ».

Est-il besoin de rappeler l’intrigue d’« Art », l’œuvre théâtrale contemporaine la plus représentée actuellement ? Traduite en 35 langues, cette pièce, qui connaît un succès continu en Europe et dans le monde, raconte l’histoire de trois amis. Serge vient d’acheter, pour une petite fortune, un tableau blanc, traversé de fins liserés blancs. Marc, l’intransigeant, déteste cet acte, dont il condamne la prétention, tandis qu’Yvan, le pusillanime, cherche tant bien que mal à réconcilier ses deux compères…


A l’origine, Yasmina Reza écrivit ce texte pour trois de ses amis, Pierre Arditi, Fabrice Luchini et Pierre Vaneck. S’il est vrai que les rôles ne furent pas distribués comme l’imaginait l’auteure, force est de constater que la mise en scène originelle (de Patrice Kerbrat) a fait date et que les personnages paraissaient avoir été taillés sur mesure pour ces trois comédiens. Aussi est-ce avec une certaine appréhension que l’on peut aller revoir la pièce. Surtout à l’étranger, où l’œuvre doit franchir de surcroît l’épreuve de la traduction.

Et pourtant le passage à l’espagnol est assez réussi. La version proposée par Fernando Masllorens et Frederico González del Pino est efficace et fidèle, malgré quelques adaptations nécessaires (le tableau s’évalue désormais en euros, tandis que le Reina Sofia remplace le Centre Georges Pompidou).

Un jeu stéréotypé


Quant à la mise en scène, elle est finalement assez proche de la proposition de Patrice Kerbrat. On respecte à la lettre les didascalies pour l’élaboration du décor. On joue sur les lumières pour mettre en valeur ou effacer un personnage. Quelques trouvailles de l’ordre du mime et du jeu scénique ressortent cependant. Mais grossir le comique de la pièce, en accuser la légèreté, semble être la seule préoccupation d’Eduardo Recabarren.

Le choix des comédiens (Luis Merlo –Yvan- est la tête d’affiche, il doit sa célébrité à diverses séries à succès) et du son (de brefs thèmes musicaux qui ont un air de générique télévisé) confirment cette impression. On regrette que la direction d’acteurs appauvrisse le texte en tirant l’interprétation vers le stéréotype, voire le contre-sens.

C’est paradoxalement Yvan, le faible, le timide, qui prend le devant de la scène. L’acteur, effaçant le personnage dans un comique sans nuance, en gomme la touchante complexité. Parallèlement, Iñaki Miramón campe un Serge tellement catégorique qu’il en devient incompréhensible. Il faut pourtant avouer que cette formule marche: la salle est comble et elle rit.
 
Alexandra VON BOMHARD (Madrid)
 
« Art », de Yasmina Reza, depuis le 13 février, du mercredi au dimanche.
Traduction: Fernando Masllorens: Frederico González del Pino
Mise en scène : Eduardo Recabarren
Scénographie: Ana Garay
Interprètes : Luis Merlo, Alex O’Dogherty, Iñaki Miramón
Costumes: Jose Juan Rodríguez; Paco Casado
Lumières: Juanjo Llorens
Son : Isabel Montero
Photo©JeanPierreLedos
 
Teatro Alcázar, c/ Alcala, 20, 28014 Madrid
Tel : 915 320 616.
Groupes : 917 010 230.

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Published by Alexandra VON BOMHARD - dans En Europe 2008-09
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