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Festival d'Avignon

29 mars 2009 7 29 /03 /mars /2009 17:35

UNE TRAGEDIE HUMAINE


C’est un libelle d’une tragique lucidité que livre seule en scène la comédienne Maryse Aubert dans un texte qu’elle a adapté d’un roman de B.Traven et qui fustige le colonialisme économique et ses conséquences désastreuses. Malgré quelques rires que déclenchent certaines répliques, on lorgne plus du côté de Ken Loach que du numéro de cirque que suggère une mise en scène pourtant ludique.


Le décor surprend autant que l’entrée en scène de l’intervenante, surtout si on a pris la peine de lire sur l’affiche le sous-titre « Tragédie mexicaine ». Rien ne semble annoncer une tragédie, rien ne rappelle l’Amérique latine. Quelques objets miniatures comme dans un théâtre de poupées. Pas le plus petit sombrero. Et la comédienne porte un costume plus proche du cabaret que de l’hacienda.



C’est pourtant au cœur d’une de ces fermes typiques du Mexique que se joue le drame dont, telle une diseuse, Maryse Aubert va nous narrer les péripéties. Cette hacienda est l’objet de toutes les convoitises d’une jeune compagnie pétrolière. Jeune et donc prête à tout pour devenir grande, pour aiguiser son appétit. Quitte à employer les moyens les plus abjects, les plus inhumains pour faire plier l’échine au chef des lieux qui, pour des raisons qui ne peuvent qu’échapper à un esprit hanté par les dollars, s’y refuse à tout prix.


Si la légèreté relative qui habite le début de ce spectacle prête à sourire, lentement le drame s’intensifie. Rapidement le sarcasme dont use l’auteur pour décrire les ridicules manies des Américains perclus de ce qu’ils croient être le monopole de la raison et du bon goût cède la place à un propos plus engagé, plus grave. C’est comme si le rire, l’innocence aussi, se trouvaient pris au piège d’une machine prête à les broyer. Maîtrisant les effets narratifs à la perfection en les distillant avec parcimonie et régularité, Maryse Aubert fait évoluer son récit au gré de tous les antagonismes qui vont habiter cette histoire. Car ce récit, sans emphatiser sur un manichéisme qui aurait été un peu trop tapageur, a pour enjeu  de proposer deux visions d’un même monde, l’ancien et le moderne. Tradition ancestrale contre évolution. Chacun des deux côtés du rideau de l’incompréhension est alors disséqué comme dans les meilleurs romans naturalistes. Avec le même humanisme. Avec la même objectivité. Au spectateur de choisir son camp.


Pour favoriser cette relative absence de parti pris, apanage des contes en général, la comédienne va opter pour un numéro de cabaret et, au détour d’une réplique, se faire magicienne le temps d’un tour de passe passe virevoltant sur les mots. Sa diction parfaite et son étonnante facilité à mener de front tous les personnages de son récit font le reste. Les accents, les intonations de voix, les déplacements sont impeccablement maîtrisés. Et c’est un récit bouleversant qu’elle offre dans un spectacle qui dépasse largement les frontières du Mexique. C’est en effet avant tout une tragédie humaine qu’elle nous livre. Sans pathos mais avec panache.


Franck BORTELLE (Paris)



La Rosa Blanca

D’après le roman de B.Traven adapté par Maryse Aubert

Mise en scène Adel Hakim

 Avec Maryse Aubert

 Scénographie et lumières : Yves Collet

 Assisté de Perrine Leclere-Bailly

 Son Anita Praz

Du 16 mars au 19 avril 2009, mardi à 20 heures,  mercredi et jeudi à 19 heures, vendredi et samedi à 20h30, samedi et dimanche  à 16 heures

Théâtre Artistic Athévains, 45 bis rue Richard Lenoir, 75011 Paris (Métro : Voltaire)

Location : 01 43 56 38 32 - FNAC - Virgin – Agences – Résathéâtre : 08 92 70 77 05 (0, 34 euros/ min)  ou www.artistic-athevains.com

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Published by Franck BORTELLE - dans À Paris 2008-09
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