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Festival d'Avignon

29 mars 2009 7 29 /03 /mars /2009 17:38
DERRIÈRE LA FÊTE, LES GUERRES

Ödön von Horvath, écrivain d'origine austro-hongroise, publie « Casimir et Caroline » au début des années 1930. Il brosse le portrait d'une société en perte de repères. Aujourd'hui, le metteur en scène Emmanuel Demarcy-Mota retrouve avec une forte acuité les brisures des sentiments de ce monde frappé par la crise.
 
Quelques temps après le krach de 1929 du côté de Munich en Allemagne. Le gros aéronef Zeppelin fait lever les yeux des foules. Le fête de la bière bat son plein. Mr et Mme Toulemonde, riches et pauvres, se croisent, se toisent, chantent fort, dansent. Le cinéma fait rêver. La bière déborde des chopes, les manèges provoquent des sensations fortes. On se provoque dans des jeux parfois limites.

Le dramaturge Horvath trousse, dans « Casimir et Caroline » une époque où le nazisme a déjà pris ses marques mais pas encore le pouvoir. Où la population, bousculée par la crise économique, cherche de nouveaux repères, de nouveaux rêves. Voilà donc un jeune couple en crise existentielle au milieu de cette foule en fête.

Casimir vient d'être licencié de son poste de chauffeur de maître. Caroline, secrétaire, veut connaître le monde, gravir l'échelle sociale. Si la nouvelle traduction de la pièce par François Regnault gomme quelque peu les repères historiques, la mise en scène qu'Emmanuel Demarcy-Mota présente sur le plateau du Théâtre de La Ville à Paris ne cache rien d'un monde troublé par les nouvelles techniques, perturbé par les changements en cours des économies et des politiques. Il renvoie sans insister à nos années 2000 bien sûr où, là encore, tous les moyens semblent permis pour s'en sortir. Il pousse ses comédiens à jouer rude, jusqu'à l'épuisement

Référence au cinéma

Le scénographe Yves Collet pioche abondamment dans les références constructivistes et expressionnistes des années 30. Sur la scène,une incroyable machinerie. Elle se transforme, pourtant, avec une grande légèreté. Des échelles deviennent toboggans, un Lunapark en trompe-l'œil est le théâtre d'une nuit magique, de projections d'images multiples, mais aussi de violence. La référence au cinéma, où les jeux d'affrontement entre clans sont légion, est claire ici.  

Un peu fébrile dans la première représentation, Thomas Durand est bien ce Casimir, jeune homme, blessé dans sa vie sociale comme dans sa vie amoureuse, qui va se fourvoyer dans des aventures suspectes. Sylvie Testud impose sa forte personnalité sans barguigner. Sa Caroline, qui rêve d'un ailleurs meilleur, troublée par l'ouverture au monde qu'offre le couturier Shurzinger, dégage une liberté intérieure dérangeante pour les autres au point de provoquer rancœur et violence. Quant à Hugues Quester (Shurzinger), son intelligence de jeu éclate une nouvelle fois.

Ils sont une vingtaine sur scène à faire de ce « Casimir et Caroline » un grand spectacle qui en met plein la vue, qui peut épuiser certains par sa densité et ses débordements. Mais il ne perd rien de la parole d'Horvath, plus que jamais universelle, grâce au travail de l'équipe de Demarcy-Mota. 

                                                                                                       Jean-Pierre BOURCIER (Paris)

« Casimir et Caroline »
de Ödön von Horvath
Nouvelle traduction de François Regnault
Mise en scène Emmanuel Demarcy-Mota
Scénographie et lumières Yves Collet
Compositions et environnement sonore Jefferson Lembeye
Costumes Corinne Baudelot
Maquillages Catherine Nicolas
Accessoires Clémentine Aguettant
Travail vocal Maryse Martines
Images vidéo Mathieu Mullot
Collaboration scénographique Michel Bruguière, Perrine Leclerc-Bailly
Production Théâtre de la Ville(Paris)/ La Comédie de Reims/ Le Grand T, scène conventionnée de Loire-Atlantique.
Avec Sylvie Testud, Thomas Durand, Hugues Quester, Alain Libolt, Charles-Roger Bour, Gérald Maillet, Sarah Karbasnikoff, Olivier Le Borgne, Walter N'Guyen, Cyril Anrep, Laurent Charpentier, Muriel Ines Amat, Ana das Chagas, Gaëlle Guillou, Céline Carrière, Sandra Faure, Pascal Wuillemot, Stéphane Krähenbühl et Constance Luzzati.

Jusqu'au 27 mars au Théâtre de la Ville, 2 Place du Châtelet, 75004 Paris.
Tél.: 01 42 74 22 77. www.theatredelaville-paris.com

Tournée 2009 :
1-2 avril à La Coursive de La Rochelle
7-11 avril à La Comédie de Reims
22-24 avril au Quartz de Brest
11-20 mai au Grand T de Nantes
27mai-6juin au TNB de Rennes.

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Published by Jean-Pierre BOURCIER - dans À Paris 2008-09
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