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Festival d'Avignon

2 avril 2009 4 02 /04 /avril /2009 21:06
UN JEU D’HUMOUR ET DE BAZAR

Avec Raskine à la mise en scène, rien n’est jamais banal. Il a l’art de donner à ce qu’il monte une conception qui permet au spectateur de découvrir une œuvre autrement. Tonique assurément quand il s’agit d’une pièce archiconnue comme celle de Marivaux.

Le décor, avec présence des comédiens dès l’entrée du public, est un peu bazar. Quelques canapés recouverts d’une housse en plastique, des tableaux dressés contre un mur, un ordinateur portable, un aspirateur… Cet environnement ne respecte pas les codes de l’époque ni du théâtre traditionnel, mêlant l’ancien et le contemporain, un vrai faux rideau rouge et un plateau ouvert sur la salle, des accessoires de jeu et des incursions en coulisses.


Il y aura donc incessante fluctuation entre interprètes et personnages, fiction et réalité, temps réel et temps historique, acteurs et techniciens. La fin, surprenante, démontrera qu’une fois la représentation terminée, les acteurs redeviennent des travailleurs ayant fini leur boulot et repartant chacun vers sa vie privée quotidienne, habité par des humeurs bien éloignées des protagonistes qu’il incarnait.

La richesse inventive de ces mises en abîme continuelles donne un poids particulier aux situations originelles de la comédie. Elles deviennent l’illustration même de ce qu’est l’art du théâtre. Ceux qui sont en train de regarder ceux qui se dissimulent sous des identités d’emprunt sont le public attentif des histrions costumés et grimés exactement comme les abonnés assis dans leur fauteuil prennent plaisir à ce qui se passe sur les planches et sous les projecteurs.

Humour et questionnement


Sans doute le parti pris de Raskine a-t-il l’inconvénient que les dialogues, distillés, abandonnent le rythme du marivaudage au profit d’une lenteur permettant l’observation quasi scientifique d’êtres occupés à se leurrer les uns les autres. L’intrigue classique utilisée par l’auteur passe au second plan. Elle devient un jeu social, coloré d’humour distancié.

Chaque être est désormais celui qui cherche à duper, qui y prend plaisir même lorsqu’il s’aperçoit avoir lui-même été dupe. Le pouvoir des mots entre en compétition avec l’analyse des yeux. Les paroles manipulent l’esprit rationnel. Les apparences vestimentaires et gestuelles interpellent et suscitent des réactions critiques. Mais les sentiments viennent brouiller la perception, affaiblir la lucidité.

C’est d’autant plus convaincant que Raskine n’a pas pris des jeunes premiers pour jouer les amoureux mais – si l’on peut dire – des vieux premiers. La maturité de leur âge donne une tonalité particulière aux personnages jouant les jeux de la séduction. Il ne s’agit donc plus de la fougue de la jeunesse mais bien de stratégie de personnes d’expérience. D’où l’aspect si pas tragique mais désespéré de cette comédie intemporelle.

Michel VOITURIER (Lille)

 
Mise en scène Michel Raskine assisté d’Olivier Rey
Distribution : Stéphane Bernard, Christine Brotons, Jean-Louis Delorme, Christian Drillaud, Marief Guittier, Guy Naigeon, Michel Raskine
Scénographie : Stéphanie Mathieu
Costumes : Josy Lopez
Lumières : Julien Louisgrand

Co-production : Théâtre de Sartrouville (Sartrouville) Comédie de Valence (Valence) Théâtre des Deux Rives (Rouen) La Rose des Vents Le Bateau Feu (Dunkerque) (Villeneuve-d'Ascq) Le Granit (Belfort)

En tournée : du 31 mars 2009 au 3 avril 2009 au Théâtre de Sartrouville ; du 21 au 23 Avril au Théâtre de la Ville à Valence

Photo © Michel Cavalca


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Published by Michel VOITURIER - dans En Région 2008-09
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