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Festival d'Avignon

5 avril 2009 7 05 /04 /avril /2009 19:36
UNE DESCENTE AUX ENFERS

Qu'elle est fragile la barrière entre le soi-disant civilisé et le barbare ! Et que le vernis des bons usages est de piètre qualité… Un face à face en lieu clos le montre une fois encore.

C'est dans une ambiance gris métallisé, blafarde, que le public est plongé. "Plongé" est le mot, nous sommes dans un abri anti-atomique souterrain. S'y trouvent deux jeunes gens livrés à eux-mêmes dans un infernal huis clos.


Mark et Louise, deux collègues de travail, ont échappé à une attaque (terroriste? nucléaire?) alors qu'ils se trouvaient dans un pub. C'est du moins ce que lui prétend car elle n'en a aucun souvenir, alors qu'il l'a sauvée et ramenée dans l'abri jouxtant son appartement qu'en jeune homme prévoyant Mark avait aménagé et pourvu en nourriture spartiate. Donc il raconte : l'explosion, son sauvetage, la catastrophe humaine en surface et le danger de seulement penser à y retourner.

Mark est un jeune assez conventionnel, mal dans sa peau, alors que Louise
serait plutôt du genre déluré. L'un aimait, admirait, désirait, et maintenant plus que jamais…l'autre ne partage pas du tout ces sentiments.
Dans cette sorte de bulle intime Mark va prendre sa revanche des brimades
passées, réelles, ou qu'il a imaginées et c'est là que d'affrontements en affrontements, ils connaîtront le pire… Un épilogue assez déroutant achèvera le malaise, l'angoisse, par rapport à l'éternelle interrogation : "mais qui est l'Autre ?".


La légendaire peur post cataclysmique des survivants…


Ce n'est pas le véritable sujet de la pièce bien qu'elle la fasse démarrer dans un climat d'emblée oppressant qui ne fera que s'accentuer. D'autres peurs surgiront, plus insidieuses : la peur de l'autre, de la manipulation et des jeux de pouvoir, de la séquestration.

Le metteur en scène Georges Lini a choisi une option très "actor's studio", allant droit à l'essentiel. C'est, dans une simplicité extrême et un dispositif en face à face pour les spectateurs, un jeu terriblement présent, réaliste, des deux comédiens - France Bastoen et Vincent Lécuyer - à l'égal talent. Une cruelle épreuve sera partagée par tous et fera s'interroger les uns et les autres sur le monstre tapi en tout être humain… peut-être.

Dennis Kelly est un jeune dramaturge anglais encore peu connu en francophonie, alors qu'il traite essentiellement de sujets d'actualité. Il s'agit ici de sa troisième pièce. Ce fureteur avisé qu'est Georges Lini a déniché un auteur dont il est à parier que l'on reparlera.

Suzane VANINA (Bruxelles)


"Après la fin" de Dennis Kelly ("After the End", créée à Londres en 2005)
traduction de Fanny Britt

Mise en scène : Georges Lini assisté de Xavier Mailleux
Interprétation : France Bastoen, Vincent Lécuyer

Coproduction: Zone Urbaine Théâtre/Atelier 210

Au 210, du 24 mars au 4 avril 2009, 20 h 30 – Tél : +32(0)2.732.25.98

www.atelier210.be

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Published by Suzane VANINA - dans En Région 2008-09
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