Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Retrouvez nos critiques théâtrales sur :
Les informations sur nos cours d'improvisation théâtrale à Paris :

Musarder



Inscrivez-vous
au Club des abonnés (gratuit)




Découvrez nos cours d'improvisation théâtrale

Tous niveaux - 7e année

Les inscriptions sont ouvertes pour les cours d'improvisation à Paris qui débutent en septembre. Au choix, en français ou en anglais.



Nouveau !

Rejoignez notre cours d'impro en anglais :



Coaching prise de parole

           

Mois Après Mois

Festival d'Avignon

15 juin 2006 4 15 /06 /juin /2006 10:05
LES MOTS DE L'ADULTE DANS LA BOUCHE DE L'ENFANT

On l’appelle Face de cuillère, cette petite fille au visage rond. Elle est « attardée », elle a « un cerveau différent » et elle attend la mort. Face de cuillère est un monologue touchant de Lee Hall, dans lequel une petite fille évoque avec humour sa fin proche. Pas d’avenir pour cette enfant atteinte d’un cancer ; cependant si le texte évite le sordide, il sombre parfois dans le pathos avec un excès de bon sentiment, surtout perceptible à la fin du texte.


Romane Bohringer est l’interprète de ce monologue. La comédienne parvient a être convaincante dans ce rôle difficile de drôle de petite fille, consciente de ce qui lui arrive mais terriblement impuissante face à son destin qu’il faut qu’elle accepte avec philosophie. Cette philosophie, elle la trouve dans sa différence et dans son entourage, qu’elle observe tendrement avec finesse. L’interprétation de Romane Bohringer est particulièrement remarquable dans sa capacité à diversifier son jeu, sans cesse le ton varie et reste juste. La comédienne devient cette petite fille qui s’amuse à imiter, ses parents, Madame Patate la femme de ménage et son médecin, avec un cynisme irrésistible.

La scénographie joue sur l’ambiguïté troublante des univers, l’enfance affronte la maladie. Le décor est simple et naïf, l’enfance est symbolisée par un bureau d’écolier posé dans une pièce vide et froide qui rappelle l’hôpital. Le jeu de lumière accentue cette ambiguïté puisque la lumière réussit à transformer la scène en une bulle bleue isolée du temps comme un présage du funeste avenir. La musique aussi rappelle que la mort rôde, le personnage est fasciné par la manière dont meurent les grandes cantatrices des opéras italiens. Le metteur en scène a choisi les interprétations de Maria Callas que la comédienne mime, et c’est dans ces scènes que le touchant devient pathos, voire ridicule. Mais parfois les moments poétiques surgissent, ils sont rares. Tout est souvent appuyé lourdement dans la mise en scène et dans le texte, des notes poétiques apparaissent toutefois dans quelques scènes et elle émeuvent le spectateur, notamment dans la relation qu’entretient le personnage avec ses proches. La description des réactions des adultes et l’absence totale des autres enfants troublent et posent de vraies questions sur la maladie. Finalement le problème majeur dans cette pièce est le texte. Les mots d’adulte ne parviennent pas à s’effacer dans la bouche de l’enfant, le texte demeure la vision d’un adulte sur la fin proche d’un enfant ce qui confère au spectacle sa dimension artificielle, son manque relatif de sincérité et de sobriété.

Audrey HADORN (Lyon)

Face de cuillère, de Lee Hall.
Avec Romane Bohringer.
Mise en scène Michel Didym
Du 7 au 16 Juin au Théâtre de la Croix-Rousse.

Partager cet article

Repost 0
Published by Audrey HADORN - dans Chroniques 2005-06
commenter cet article

commentaires

Chronique Fraîche