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Mois Après Mois

Festival d'Avignon

16 juin 2006 5 16 /06 /juin /2006 14:24
NE TIREZ PAS SUR LE THÉÂTRE !

Quand le théâtre parle du théâtre: pas de pitié ! A bout portant, la pièce d’Olivier Coyette qu’il crée et joue avec Magali Pinglaut et Serge Demoulin nous donne un aperçu caustique et lyrique de l’envers du décor. Le lieu est propice. Dans un recoin du Théâtre Le Public, la petite salle, plonge dans le noir total. Le temps pour nous, d’apercevoir le symbolique rideau rouge, fait de tulle, que les comédiens vont ouvrir et fermer plus d’une heure durant. Au départ, un peu mystérieuses, trois voix se répondent de part et d’autre de la salle. Elles parlent des « entrailles du théâtre ». Vu l’atmosphère, on les croit et on craint le pire. Mais pas du tout. Le spectacle s’enchaîne, canaille et piquant.


Au total, on découvre une trentaine de scènes, véritables sketchs, unis par des récurrences. Il y a les fameuses «l ectures à la table », où les comédiens dissèquent à qui mieux-mieux, l’élan et la force d’une pièce, entrecoupés de succulents « Moi ça m’a déchiré ! » ou « C’est chouette Beckett ! » et autres « Ta gueule Bernard ! ». Il y a la scène du maître et du valet, qui s’arrête net entre deux comédiens, en désaccord sur le mouvement à effectuer. On assiste plus loin, à un superbe duo de présentateurs sportifs commentant une représentation, comme pour un match de foot. Evidemment, on y parle aussi du trac, des castings, de la dictature du metteur en scène, de la modernité au théâtre (qui préfère Shakespeare, joué à poil, à Molière)…

Dans ce vertige qui défile, des instants lyriques jaillissent, où les comédiens portent la parole au centre du jeu, éclairant autrement les sketches. (« Le sens de l’acteur est-il d’être sensé? Ou d’être sensible? Est-il sensé de sensibiliser à la sensation? ») Enfin, il y a le retour laborieux à soi, une fois le personnage au vestiaire.

Tir ajusté

On ne dira jamais assez les bienfaits de l’autodérision. On est d’accord avec Olivier Coyette dans sa définition du théâtre, une parole fanfaronne, le mensonge incarné, ces Forfanteries, parfois vaines, mais nécessaires à « réfléchir sur nous-même d’une autre façon ». Sur scène: la simplicité. Un rideau, les petites lampes du métier, appelées « servantes », qui guident le comédien dans l’obscurité, quelques notes de musique, quelques capes, quelques chaises, une table… une banane. Le tout est utilisé avec fluidité par ce trio habile, qui signe collectivement la mise en scène et l’interprétation. Un bel équilibre. Entre Magali Pinglaut toute en ferveur et intensité et Olivier Coyette, mi-sceptique, mi-introverti, Serge Demoulin, se place dans un jeu franc et concret. Si l'on est poaparfois perplexe devant les parties lyriques (un peu longues), les comédiens déploient un spectacle intelligent, plein d'humeurs et d'humour. Impossible d’oublier dorénavant que derrière les personnages, il y a des hommes, avec leurs fragilités, leurs engagements, et parfois leurs vanités.

Nurten AKA (Bruxelles)

Forfanteries, jusqu’au 24 juin à 20h30 au Théâtre Le Public.
Pièce publiée aux éditions Lansman, 2004.

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Published by Nurten AKA - dans Chroniques 2005-06
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