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Mois Après Mois

Festival d'Avignon

16 avril 2009 4 16 /04 /avril /2009 13:22

EVASION REUSSIE

Après les folies goldoniennes (« Barouf à Coggia ») Antoine Herbez resserre le dispositif scénique pour un huis clos, genre qu’il connaît bien. C’est un affrontement intergénérationnel exaltant qu’il propose, mené par un Michel Carnoy étonnant de force tranquille. Un spectacle bucolique qui se pare d’une philosophie de la vie d’un autre temps.

Un vieil indien, ancien chef cuisinier de restaurant, est en prison pour avoir empoisonné celui qu’il croyait être son cousin : une vengeance familiale ancestrale qu’il se devait d’accomplir. Une jeune fille qui se prétend journaliste entre dans sa cellule, porteuse d’un secret qu’elle veut partager avec cet homme. S’engage alors un dialogue où chacun,  apprivoisant l’autre, va se livrer…


Un spectacle hors du temps

Le texte de Sam Shepard était encore inédit en France. Antoine Herbez, déjà metteur en scène de « 12 hommes en colère », huis clos dont tout le monde connaît la version cinématographique de Sydney Lumet, ne pouvait pas laisser échapper l’occasion d’en proposer sa version théâtrale. Fasciné par les échanges entre des personnages enfermés, il réussit avec ce texte fort et teinté d’humanisme d’un autre temps à porter la lenteur vers des sommets d’exaltation. Le style très épuré de sa mise en scène se marie en effet parfaitement avec le rythme lent, presque lancinant, du propos. Ponctué par des interventions musicales d’instruments indiens, le texte prend corps et vie en un crescendo dramatique qui captive sans qu’il y ait besoin d’effets tapageurs. C’est rare, un spectacle qui prend son temps à ce point-là…

L’action a beau se dérouler dans une prison, jamais on ne ressent l’impression d’un quelconque enfermement. Bien au contraire, les espaces semblent s’ouvrir à nous, comme transcendés par les mots du vieil indien. Car le véritable voyage est ici de l’ordre de l’intime, du spirituel. Assurément le plus sûr moyen de s’évader…

Ce vieil homme est incarné par Michel Carnoy. Son imposante stature et sa voix de conteur, dans laquelle se lisent toutes les fêlures, habitent la scène entière. Il est l’âme et le corps de ce spectacle, ce qui inévitablement rend la tâche un peu rude à sa partenaire, au jeu moins assuré. Léger bémol donc, mais qui ne nuit en rien à la qualité de ce moment rare, entre voyage initiatique et pérégrination spacio-temporelle.

Franck BORTELLE (Paris)

 

Quand le monde était vert

De Sam Shepard et Joseph Chaikin

 Texte français de Claude Clergé et Philippe Prince

Mise en scène : Antoine Herbez

 Avec  Michel Carnoy, Marie Le Cam, Timothée Couteau

 Lumières : Pascal Laajili

Musique : Timothée Couteau

Décor : Guillaume Parra et Céline Martinet

Costumes : Cylla Carnoy

Manufacture des Abbesses, 7 rue Véron, 75018 Paris (Métro : Blanche ou Abbesses)

Du mardi au samedi à 19 heures

Réservation : 01 42 33 42 03 ou manufacturedesabbesses.com

Durée : 1h30

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Published by Franck BORTELLE - dans À Paris 2008-09
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commentaires

il Gatto 22/04/2009 16:33

Coggia ? Plutôt Chioggia non ?

Chronique Fraîche