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Festival d'Avignon

18 avril 2009 6 18 /04 /avril /2009 20:15
UN MISSIONNAIRE, PAS UN MYSTIQUE…

Débarrassé de tous clichés et à-priori, voici un homme, qui explique, simplement, que entre Rome et Goma, il y a un monde.

Parmi les spectacles récents évoquant de manière contrastée le passé colonial de la Belgique, il manquait une voix, celle d'un obscur missionnaire, de ceux qui Oblats, Salésiens, Franciscains, Capucins… et ici Père Blanc, allèrent porter la parole de l'évangile au cœur de populations qui ne les attendaient pas. Un engagement à vie. Matériel conseillé au départ : moustiquaire, coffret de messe et pince pour arracher les dents… soit du bien pratique et concret le plus souvent, plutôt que du prosélytisme à tout prix, comme on le voit trop facilement, avec notre jugement post-colonisateur.



C'est le troisième monologue que le Congo des Blancs inspire à l'auteur, David Van Reybrouck, sur base de témoignages, recueillis sur place, l'Est du Congo, qu'il connaît bien pour y avoir fait de nombreux séjours. Après le scientifique et l'encyclopédiste, voici le missionnaire, personnage fictif mais combien réel, unique, quoique fait des parcelles de vie de ces religieux, maintenant âgés, que l'auteur a interrogés.


Ce spectacle est encore le fruit d'échanges (incessants) Kinshasa/Bruxelles, depuis le point de départ en 1999 avec "Het leven en de werken van Leopold II/La vie et les œuvres de Léopold II", déjà mis en scène par Raven Rüell.


Engagement indéfectible, amour du prochain et foi du charbonnier


Des paroisses comme des pays, des guerres, nombreuses, qui comme les feux de brousse, reprennent à peine éteintes, des souffrances et la misère généralisées, voilà quel a été (et est encore) le contexte, le terrain, de leur poste de brousse religieux. Le Père André est cet homme investi d'une mission sacrée. Ce qui ne l'empêche pas d'être une petite ONG à lui tout seul : hôpital, école, maison d'accueil, atelier de dépannages en tous genres. …D'où son ressentiment vis-à-vis des humanitaires qui le prennent de haut….


Acteur convaincant, c'est à l'avant-scène, rideau baissé et face public, comme depuis une chaire de vérité, que Bruno Vanden Broecke/Père André s'adresse à ses ouailles. Car c'est qu'on y croit vraiment à son récit rempli à la fois de souvenirs de Belgique et d'anecdotes personnelles africaines. Plus largement, il y a son regard bonhomme ou ironique, sa truculence et ses coups de gueule, tout autant à propos de l'Afrique d'aujourd'hui que de la Belgique, quand il y revient pour de brefs congés, et que du mode de vie occidental actuel…

Ce sont la totale décontraction, la sincérité, la présence énorme de Bruno Vanden Broecke qui font de ce monologue un saisissant témoignage plutôt qu'une performance de comédien. Sans effet autre qu'une scène finale inattendue : une pluie d'orage véritable s'abattant sur l'homme, qui s'y abandonne, avant de découvrir le plateau derrière lui, peuplé d'animaux sauvages morts et de chaises bleues inoccupées…


Suzane VANINA (Bruxelles)


Au KVS Bol, du 3 au 11 avril 2009, 20 h – Tél : +32(0)2.210.11.12 –www.kvs.be


Misisie/Mission
Texte : David Van Reybrouck (NL surtitré FR/EN)
Dramaturgie : Ivo Kuyl
Conseiller linguistique : Paul Kerstens
Scénographie : Leo de Nys
Mise en scène : Raven Rüell assisté de Monique Wilsens
Interprétation : Bruno Vanden Broecke
Lumière : Johan Vonk

Photo © Koen Broos et Saskia Vanderstichelen


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Published by Suzane VANINA - dans En Europe 2008-09
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