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Mois Après Mois

Festival d'Avignon

25 avril 2009 6 25 /04 /avril /2009 10:30

PLUS VERT QUE JAMAIS !

L’Académicien quitte la Coupole pour les planches le temps de 20 représentations exceptionnelles au cours desquelles il nous présente un florilège savoureux de ses œuvres théâtrales, poétiques, littéraires. C’est tout simplement délicieux.

Le cadre confiné de la salle du petit Hébertot avec ses rangs de fauteuils haut perchés comme dans un amphi de fac se prête admirablement à ce spectacle qui n’en est pas vraiment un. Comme les impromptus qu’il a composés, le romancier et académicien René de Obaldia va nous livrer dans un ordre assez approximatif et probablement variable de soir en soir un florilège de ses œuvres.

Cinq grandes photos de comédiens, témoins de cette lecture, dominent l’intervenant qui, assis à son bureau encombré de bouquins, nous livre avant tout un formidable élixir de jouvence pendant presque une heure et demi. On a donc Michel Simon, Rosy Varte, Jean Rochefort -quasi méconnaissable à ses débuts- Ludmilla Mikael, ou encore Claude Piéplu et Michel Bouquet : ils ont tous joué Obaldia au cours de leur longue carrière. Un cheval à bascules d’un autre temps, celui de son enfance, et un tricycle de la belle Epoque complètent ce décor.

Académicien. Ce mot fait peur, laisse présager un mortel ennui. Il n’en est rien. Obaldia est avant tout un immense amuseur. Ceux qui ne le connaissent pas encore vont découvrir un tout petit pan de son œuvre, comme à travers un œilleton. La porte entière sera ouverte probablement très vite, après ce spectacle, pour laisser entrer tout le reste. Le reste ? Une œuvre de plusieurs dizaines de titres. Des romans, des pièces de théâtre, des poèmes, des nouvelles. C’est drôle, iconoclaste, l’anecdotique prend des allures de fête dans ces mots divinement agencés, un brin surréalistes. Dans la veine de Dubillard ou Prévert, Obaldia se joue de la sémantique pour persiller une situation d’un zest de loufoquerie.

Un coq au vin vomi par une marquise sur le jabot d’un ambassadeur et c’est toute la diplomatie qui est épinglée. Le coin d’une commode Louis XV époussetée tous les jours avec maniaquerie par sa propriétaire suffit à dresser une leçon de condition humaine qui vaut tous les discours dialectiques. Qu’il parle d’amour ou de grand âge (ce « gâtisme élevé au rang d’art »), ce nonagénaire alerte et plus vert que jamais le fait avec à-propos et beaucoup de poésie. Entremêlant ses écrits à ses souvenirs (les trous de mémoire de Michel Simon : succulents), proposant des extraits filmés de ses pièces (pas forcément le plus intéressant toutefois), ce formidable conteur  nous prend par la main pour un délicieux parcours de plusieurs décennies mises au service des belles lettres. Et lorsqu’il nous affirme facétieusement qu’il n’a plus toute sa tête et que sa mémoire n’est plus ce qu’elle était, on se dit qu’on ferait quand même volontiers le chemin à l’envers pour se retrouver à son âge…

Franck BORTELLE (Paris)

Obaldia sur scène

Du 14 avril au 9 mai

Théâtre du Petit Hébertot, 78 bis rue des Batignolles, 75017 Paris

Du mardi au samedi à 19h30

Location : 01 55 63 96 06 ou www.petithebertot.fr

Durée : 1h20

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Published by Franck BORTELLE - dans À Paris 2008-09
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commentaires

AMLHOSTIS 25/04/2009 14:36

BRAVO au PETIT HEBERTOT pour cette rencontre avec Monsieur de OBALDIA et aussi pour JULES RENARD EST EN VOYAGE (de Xavier JAILLARD Molière 2008). Une très jolie pièce, fine et tellement juste, fort bien interprétée (au Petit Hébertot à 21 heures). Un excellent moment de théatre à recommander.

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