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Festival d'Avignon

28 avril 2009 2 28 /04 /avril /2009 10:27
NOMMER L'INNOMMABLE…

C’est dans le cadre de ses Lectures en scène, en partenariat avec Beaumarchais et la SACD que le Ring avait entrepris le montage de cette œuvre d’Hugo Paviot. La lecture qui en a été donnée n’était qu’une étape de cette entreprise qui devait se poursuivre jusqu’au prochain Festival d’Avignon. Faute de subventions suffisantes pour mener le projet à son terme, sa réalisation s’arrête là !

On doit le regretter d’autant plus qu’il s’agit d’une œuvre très forte, susceptible de donner lieu à  un événement théâtral riche de signification. La politique culturelle étant ce qu’elle est aujourd’hui, on peut malheureusement s’attendre à d’autres mésaventures de la sorte surtout dans le domaine de la création…

Dans une clinique psychiatrique est soigné Alex (David Arribe), devenu sans raison apparente autiste à l’âge de trente ans… Il est entouré de Delphine (Sophie Stalport), sa compagne, et de Claire (Coralie Trichard), l’assistante sociale de la clinique. Alex tient régulièrement des discours délirants au sujet d’une nouvelle planète qu’il a découverte et qu’il situe dans l’espace avec une précision mathématique. Au milieu du Sahara, une vieille femme (Aïni Iften) chante et psalmodie des paroles quelque peu sibyllines implorant la vengeance de Dieu…

Or, un jour, Alex s’échappe de la clinique… Cet acte est incompréhensible de la part d’un autiste, incapable de la moindre autonomie, précise Claire… Mais Alex est-il réellement autiste ? Il rejoint Delphine qu’il enjoint de l’accompagner dans le désert pour retrouver le seul endroit d’où il pourra voir sa planète… Dans le même temps, Claire a découvert le journal d’Alex
Un puzzle théâtral métaphorique et psychanalytique…

Au désert, la pièce joue délibérément avec l’espace-temps virtuel du théâtre permettant aux personnages de se rencontrer et de dialoguer, donnant ainsi à l’œuvre la forme d’un puzzle métaphorique qu’il faut construire tout en déconstruisant le discours initial d’Alex, discours dont le terrible sens caché enfin découvert par Claire à la lecture du journal contient toute la vérité jusqu’ici innommable… On ne saurait la révéler ici pour ne pas déflorer une découverte ultérieure de l’œuvre…  Néanmoins, il y est question de guerre, de guerre coloniale dans ce qu’elle a de plus abject, mais aussi de guerre intime, individuelle, dans laquelle les pulsions de mort se donnent libre cours…

Au cours de ce qui n’était pourtant qu’une lecture, David Arribe parvient à nous bouleverser par le mimétisme voulu ou parfois subi qu’il opère avec le personnage d’Alex. Coralie Trichard et Sophie Stalport sont tout à fait convaincantes dans les deux personnages féminins qui l’accompagnent dans son odyssée initiatique.

                        Henri LEPINE (Avignon)

« Les culs de plomb » de Hugo Paviot
Lecture par David Arribe, Aïni Iften, Sophie Stalport et Coralie Trichard
Metteur en scène : Marie Pagès
Le Ring Théâtre, jeudi 23 avril à 20h30.

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Published by Henri LEPINE - dans En Région 2008-09
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commentaires

Gérard Antoine 28/04/2009 14:34

La politique culturelle est une chose, et reste à débattre. Le souhait des metteurs en scène de se battre pour leur projet, sans compter forcément sur des subventions, mais en approfondissant le financement privé, par exemple, en est une autre... Nous ne créerons plus rien si nous comptons seulement sur l'état. Et nous priverons petit à petit les comédiens du peu de travail qui reste... Les torts sont partagés entre état et créateurs dans cette histoire, nous ne sommes victimes que si nous le voulons bien!!!
Un spectateur déçu.

Chronique Fraîche