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Mois Après Mois

Festival d'Avignon

22 juin 2006 4 22 /06 /juin /2006 22:43
Oui, bien sûr… Il y a « Signé Furax » de Marc Simenon (1980) ou encore ce bon vieux sergent de « Soldat Duroc, ça va être ta fête » de Michel Gérard… mais ce temps-là est révolu. Pas oublié, non, non, on ne renie rien chez les Préjean, comédien de père en fils et de père en fille, on en est fier même : il n’y a pas de sot métier, comme il n’existe pas de sot rôle. Mais on oublie trop souvent que Patrick Préjean a tourné avec Gérard Oury, Claude Chabrol, Costa Gavras... Depuis Cyrano de Bergerac (2001 - mise en scène d’Henri Lazarini) il a le nez fin, et justement a fait un pied de (ce) nez aux rôles de gentil pote un peu niais et sans nez, il faut le dire… Cyrano, c’est le début de rôles à la mesure du bonhomme. Pour preuve, cette suite du Misanthrope de Molière, « Célimène et le Cardinal » de Jacques Rampal, dans laquelle il interprète Alceste, misanthrope quinquagénaire devenu dévot. Grand cœur, éloquent, de la classe…
C’est un sacré, cet homme-là, et que peu de metteurs en scène et réalisateurs ont su révéler. Qu’à cela ne tienne, Patrick Préjean suit sa route et continue d’exercer son métier avec ce même bon sens, cette spontanéité rehaussée d’une classe folle et d’une présence digne d’un grand homme.


Comment en êtes-vous venu à interpréter Alceste devenu grenouille de bénitier ?
Tout est né d’une relation amicale avec Claude Jade qui existe depuis longtemps (15 ans !), et du souhait de Claude que l’on se rencontre sur la scène ne serait-ce qu’une fois dans notre carrière. Puis la vie a pris son cours, les événements, les projets des uns et des autres… Claude a quitté la scène pendant un moment et depuis peu, elle a souhaité remonter sur les planches. Mais elle voulait renouer avec le théâtre à travers un texte de qualité, qui correspondait à l’image, à l’éclat de la comédienne qu’avaient connu les spectateurs. Car Claude Jade a vraiment été la petite fille du cinéma français des années Truffaut. Puis elle a tourné avec JP Melville, Alfred Hitchcock… Il lui fallait donc un beau texte, et costaud pour revenir fouler les planches. Elle est tombée amoureuse du personnage de Célimène, elle a rencontré l’auteur Jacques Rampal, ils en ont parlé (la pièce n’avait pas été montée depuis une dizaine d’années), et elle m’a appelé ! J’avais énormément apprécié la création avec Gérard Desarthe et Ludmila Mickaël. Je ne me suis donc pas fait prier.

Vous avez donc atterri au Lucernaire (Paris Vie), salle d’art et d’essai. C’est un endroit où on ne s’attendait pas à vous retrouver…
Oui, en effet, il a fallu trouver une salle pour nous accueillir au moment où les programmations étaient déjà bouclées. J’ai été agréablement surpris par ce lieu d’échanges, cosmopolite, alambiqué et cela m’a replongé dans un contexte que j’avais abandonné pendant un temps, de jeune création. Me retrouver aux côtés de jeunes comédiens, plein d’envie, d’idées, qui proposaient des choses nouvelles, cela a été une sorte de retour aux sources de l’envie, de l’actualité, d’une réalité de ce métier. J’y ai croisé beaucoup de générosité et de simplicité. C’était une véritable cure de jouvence. Et malgré nos souhaits et nos origines différentes de théâtre, nous avons formé une grande troupe, une grande camaraderie durant ces représentations.

Alceste, quel rôle, dans « Le Misanthrope » de Molière ! « Célimène et le Cardinal », c’est comme une série télévisée : nous avons hâte de connaître la suite du Misanthrope !
Vous vous rendez compte des rôles comme ça ! Dans une carrière, on n’en a pas dans le cœur, dans le corps tous les jours. C’est exceptionnel. La qualité de l’écriture et du propos est impeccable, la force des sentiments est incroyable. Ce personnage issu de l’imagination de Jacques Rampal qui a fait de ce personnage atrabilaire – qui a du charme tout de même – un despote ! On se demande par quels méandres de l’esprit et de la vie cet homme est passé pour arriver à un tel mysticisme, un tel fanatisme. En même temps, ce qui rend sympathique Alceste, c’est cette incompréhension de lui-même, car il pense être dans le droit chemin en magnifiant l’esprit de Dieu et en faisant table rase de tous ceux qui ne sont pas de son avis… Tout cela en étant fortement attiré – spirituellement et charnellement – par Célimène. Il est paumé et c’est cela qui le rend attachant.


On vous avait déjà vu dans un rôle de cette dimension avec Cyrano de Bergerac. Ces rôles forts vous vont très bien, vous avez une carrure, une présence taillées pour ce genre de personnages et l’on s’étonne de ne pas vous y retrouver plus souvent.
J’ai commencé ma carrière par les grands benêts, les mecs sympas, le bon copain, le confident, et puis c’est resté pendant un bon bout de temps dans l’esprit du public et des professionnels. En France, il est difficile de passer d’un emploi à un autre.

Mais cela a l’air de changer pour vous en ce moment.
Oui, depuis Cyrano en 2001. Et on m’a confié il y a deux ans un personnage très fort dans un film d’art et d’essai : Petite chérie d’Anne Villacèque (2000). La télé m’appelle régulièrement aussi pour des rôles de plus en plus denses… Cela devient intéressant.

Nous sommes le soir de Noël, un metteur en scène et un réalisateur frappent à votre porte. Quels sont-ils ?
Fabien Ontoniente et Jérôme Salle qui ont des univers qui me tentent.

Après "Célimène et le Cardinal", l’aventure continue ?
« Célimène et le Cardinal » va prendre le plus clair de mon temps : tournées prévues partout en France pour l’été 2006 et début d’année 2007 ! Quant à la rentrée, un théâtre parisien est intéressé pour nous programmer… A suivre.

Propos recueillis par Marie-Pierre FERRÉ (Paris)

Célimène et le Cardinal - en tournée en France
Une pièce de et mise en scène par Jacques Rampal.
Avec Claude Jade et Patrick Préjean.

Résumé de la pièce : Cardinal ! N'était-ce pas le destin idéal pour un atrabilaire autoritaire et solitaire ? Car vingt ans après, voici Alceste dans la situation très confortable d'un homme coupé du monde, mais tenant ce monde dans sa main de fer : au XVIIème siècle, le pouvoir d'un prélat est considérable. Il s'invite donc chez son ancienne amante pour trouver une jolie quadragénaire qui, loin de la Cour qu'elle a "trahie" en épousant un bourgeois, semble parfaitement heureuse avec ses quatre enfants. Mais que vient donc faire l'égal de Mazarin chez cette mère de famille sans histoires ? La sauver ! Car il se dit hanté, depuis des mois, par un rêve terrifiant qu'il a pris pour un message du ciel et selon lequel Célimène court un danger mortel ...

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Published by Marie FERRÉ - dans En bonne compagnie
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