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Festival d'Avignon

30 avril 2009 4 30 /04 /avril /2009 22:39
DE LA MUFLERIE DE L'ÊTRE
 
Les mots de Jules Renard sont cinglants pour décrire la virtuosité d'un jeune homme ambitieux. Sur la scène du théâtre La Bruyère, l'adaptation de son roman « L'Ecornifleur », enjouée et caustique, restitue très justement l'œuvre initiale. 
 
A la fin du XIX siècle, Henri, jeune poète désargenté, s'introduit chez les Vernet, un couple de petits bourgeois gentil qui s'ennuie d'une vision utilitaire de la vie. Il va les fasciner par ses allures désinvoltes d'artiste. Et s'imposer comme compagnon inséparable, sachant les distraire et les écouter en leur rendant visite quotidiennement dans leur appartement parisien. Le couple ira jusqu'à lui proposer, pour écrire son livre, de passer des vacances avec eux et leur nièce au bord de la mer. Il finira par accepter.
 

Ainsi Henri, l'invité de marque à qui Monsieur Vernet se plait à dire « Je vous confie mes bagages et ma femme » avant d'arriver deux jours plus tard, séduit l'épouse qui ne résiste pas bien longtemps aux avances pressantes du jeune homme avant d'être évincée par sa nièce et son implacable pureté.
 
L'auteur s'en donne à cœur joie pour se moquer de la petitesse de ses personnages. Il dissèque dans une langue au scalpel leur insatisfaction, leur contradiction par des répliques qui font mouche. Ruse et ironie fusent de toute part.
 
Une belle énergie
 
Hugo Seksig est épatant dans le rôle de l'écornifleur. Malicieux et séducteur, l'énergie qu'il déploie pour atteindre ses fins le rend joliment virevoltant. Sarah Haxaire (Mme Vernet) se montre tour à tour réservée en femme soumise, puis amoureuse entreprenante jusqu'à en découdre quand, pleine de rage mêlée de déception féminine, elle perd son amant qui préfère la nièce Marguerite (Lola Zidi) pleine de fraîcheur et de charme. Julien Rochefort (le mari) oscille de façon épatante entre un jeu à la fois faussement naïf et lucide.
 
La mise en scène drôle et finement rythmée de Marion Bierry donne au spectacle la légèreté et la férocité joyeuse parfaitement en accord avec les bons mots de l'auteur. Les lumières, les costumes et le décor sont très harmonieux et font de ce marivaudage au cynisme ordinaire un agréable divertissement dont le dernier mot revient à Jules Renard qui fait dire à Monsieur Vernet, après la fuite d'Henri, « Il ira loin ».
 
                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                          Amaury JACQUET (Paris)


L'Ecornifleur d'après Jules Renard
Mise en scène : Marion Bierry
Adaptation : Renée Delmas et Marion Bierry
Avec : Sarah Haxaire, Julien Rochefort, Hugo Seksig, Lola Zidi
Décor : Gabriel du Rivau
Costumes : Marion Bierry
Lumières : André Diot
Une production : Le Théâtre La Bruyère, La Compagnie Bierry, Jean-Claude Lande et Jean Martinez
Durée : 1H30
Théâtre La Bruyère • 5, rue La Bruyère • 75009 Paris
Métro : Saint Georges (ligne 12)
Réservation : 01 48 74 76 99
Du mardi au samedi à 21 heures, samedi à 16 h 30

Photo copyright Lot 

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Published by Amaury JACQUET - dans À Paris 2008-09
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