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Festival d'Avignon

2 mai 2009 6 02 /05 /mai /2009 11:46
DIALOGUE ÉROTIQUE AVEC UNE BANDE SON

Parler du corps et du plaisir, tel est le propos d’Isabelle Wéry. Elle le fait sans fard mais avec pudeur et poésie au cours d’un spectacle en connivence permanente avec son ingénieur du son. Le scandaleux, grâce à elle, devient liberté de parole et incitation ludique à profiter de nos sens.

Le travail atypique d’Isabelle Wéry se retrouve ici dès le début de son spectacle. Elle oscille d’abord entre être elle-même accueillant son public, puis devenir comédienne qui prend possession de personnages et de langages. Même alors, elle brouille les genres. Parfois, c’est une lecture, vraie ou simulée. Parfois, c’est un jeu à partir d’un texte emprunté, d’une citation. Quelquefois encore, c’est l’incarnation d’un être extérieur caricaturé ou saisi dans les nuances de sa pensée.


Il y a quelque chose du one-woman-show dans cette prestation. Mais, si monologue il y a, un dialogue particulier s’installe en permanence avec Marc Doutrepont, assis derrière son ordinateur où il manipule des sons d’atmosphères diverses en complicité avec l’interprète. Au surplus, Wéry traite l’espace, les éclairages, les accessoires, le jeu corporel, la chanson comme s’il s’agissait d’une succession de numéros de music-hall.

Un sensuel plaisir souriant


Tout ceci se situe à des années-lumières du scandale soulevé par la publication du livre, considéré sulfureux, de Catherine Millet, « La Vie sexuelle de Catherine M »,  qui sert de trame à la représentation. L’actrice ne cherche pas à étaler un inventaire de prouesses érotiques. Elle tente de démontrer que cette confession est un plaidoyer pour la liberté de profiter, sans culpabilisation moralisante et par conséquent castratrice, des possibilités d’avoir des plaisirs et de les partager.

À la fois dans l’intime et le spectaculaire, « Ceci est mon corps » constitue un plaisant moment d’échange. La liberté des tons, la variété du jeu physique sont des atouts complétés par le piment d’un travail apparenté à celui du clown. La démarche vise à remettre à leur juste place les tabous, à dénoncer le poids des stéréotypes qu’ils appartiennent au comportement social ou à l’usage du vocabulaire. Cela rejoint avec bonheur « Les Monologues du vagin » et « Les Monologues voilés » avec en prime un impalpable saupoudrage de poésie.

Michel VOITURIER (Bruxelles)


Créé au Manège (salle des Arbalestriers, Maison Folie) à Mons du 22 au 30 avril 2009

En tournée : à l’Atelier Théâtre de la Vie, 45 rue Traversière à Bruxelles du 4 au 17 juin 2009 à 20h15 (Dim. 17h) (+32 (0)2 219 11 86 –  www.theatredelavie.be  )


Textes : Isabelle Wéry et librement inspirés par « L’invention du plaisir » (Michel Onfray, Livre de Poche 2002), « La vie sexuelle de Catherine M » (Catherine Millet, Seuil, 2001)
Mise en scène : Isabelle Wéry
Jeu : Marc Doutrepont, Isabelle Wéry
Regard extérieur : Herbert Rolland
Travail du mouvement : Christophe Dumouchel
Univers sonore : Marc Doutrepont
Éclairages : Xavier Lauwers
Scénographie : Xavier Lauwers, Isabelle Wéry
Collaboration à la dramaturgie : Pascal Crochet
Chanson : Jean-Luc Fonck (Team For Action)

Production : le manège/mons, Atelier Théâtre de la Vie, asbl Sait-on jamais

Photo © Véronique Vercheval

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Published by Michel VOITURIER - dans En Europe 2008-09
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