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Festival d'Avignon

7 mai 2009 4 07 /05 /mai /2009 09:26
C'EST TOUJOURS L'ANNÉE DES PRÉDATEURS…

La perte de l'enfance est un thème cher à l'auteure. Le 2ème volet du diptyque qu'elle a voulu y consacrer est plutôt à prendre dans le sens de la perte d'enfant. Non pas donc passage normal d'une étape à l'autre de la vie humaine, mais plutôt enfants perdus, sacrifiés, Petit Poucet et Gilles de Rais.

Intéressant était, au départ, le projet de la scénographe Zouzou Leyens d'entrecroiser dans un même spectacle "au fond du bois", un conte populaire (trop) connu et les actes du procès du condamné Gilles de Rais, le Petit Poucet et l'Ogre …


Ça commence très bien, par une évocation forestière réussie, grâce notamment à des sons live divers et mystérieux, des bruissements, des ombres et lueurs fugitives… Ce climat de merveilleux habilement suggéré s'efface ensuite et l'on ne recevra plus guère, et  par à coups, que des sensations à défaut d'émotions dans un spectacle divisé en trois parties très différentes de ton et de style visuel.
 
Innocence et perversité, victime et bourreau, un parallèle par lequel on se demande constamment qui est le plus humain adulte des deux : le Petit Poucet s'avère tout de suite malin et mature alors que le monstrueux Gilles de Rais apparaît comme un vulgaire pédophile récidiviste, doublé d'un immense sadique.

La peine de mort sera la sanction de sa triste vie alors que (on ne peut l'oublier), le Petit Poucet terminera la sienne en héros, exemple de réussite pour tous, la Cour Royale y compris ! La chute, le dernier vers de la Moralité du conte étant que "quelquefois c'est ce petit marmot qui fera le bonheur de toute la famille".

La fascination pour le psychopathe

Même en tronquant la fin réelle du conte (dont les fameuses bottes de sept lieues), on imagine difficilement le trop connu petit héros en victime infantile alors que Gilles de Rais apparaît, lui, en fin de compte plus misérable qu'effrayant, au terme de sa très longue confession.

On est amené à se demander s'il n'eût pas été plus pertinent et efficace de partir de l'historique - qui du reste, glisse assez rapidement vers la légende du vivant même de l'intéressé - pour en arriver au mythe et au conte. Soit d'inverser les séquences, démarrer du très sobre solo de repentance de Gilles de Rais pour aboutir à l'universelle portée du conte de Perrault, en passant par la séquence gore d'un ogre en pleine action. D'autant que le récit du début du conte à deux voix commenté en retrait par un personnage désinvolte, est assez délectable de distanciation comique.

Et si l'on arrive à imaginer que la forêt du Petit Poucet est celle, aussi, de Gilles de Rais-Barbe-Bleue, grand eût été alors l'espoir magnifique qu'au sortir des cauchemars et des monstres dont sont peuplés (et sans cesse re-nourris d'actualités !) nos peurs ancestrales et notre inconscient collectif, se soit trouvée une lueur, une clairière, la perspective d'une humanité adulte. Enfin !

Suzane VANINA (Bruxelles)


*citation du conte de Perrault


Du 21 au 25 avril et du 28 avril au 2 mai 2009 à 20 h 30 aux Tanneurs 
(+32(0)2.512.17.84 – www.lestanneurs.be)

Il vint une année très fâcheuse
Texte : Zouzou Leyens, d'après "Le Petit Poucet" de Charles Perrault et "Le Procès de Gilles de Rais" de Georges Bataille (édit. Pauvert, 1977)
Dramaturgie : Claire Diez
Conception, mise en scène : Zouzou Leyens assistée de Claudio Benvenuti
Scénographie : Zouzou Leyens assistée de Raphaël Rubbens
Interprétation : Cécile Bournay, Brigitte Dedry, Pierre Maillet
Création sonore : Charo Calvo
Bruitages : Miquel Casaponsa
Lumière : Reynaldo Ramperssad
Images vidéo, miniatures : Thierry Gillet
Costumes : Ann Weckx

Production ; Compagnie Transatlantik
Coproduction :Théâtre les Tanneurs

Photo © Catherine Bernad


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Published by Suzane VANINA - dans En Europe 2008-09
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