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Festival d'Avignon

9 mai 2009 6 09 /05 /mai /2009 15:46
"AMÉLIE" AVANT NOTHOMB : UNE JEUNESSE TRÈS PARTICULIÈRE

Du paradis japonais au "Pays du Jamais", le "pays sans retour", de déracinements en dépaysements, il s'agit, et dans l'ordre chronologique, de l'adaptation fidèle des souvenirs des vingt premières années d'Amélie Nothomb.

Il n'est bien sûr pas question de la faim dans le monde comme thème central, quoiqu’un séjour au Bangladesh en ait donné une petite idée à Amélie, qui adolescente alors, se la répercute sur elle-même, comme se punissant de son impuissance à y remédier. Elle s'accrochera à la lecture, comme sa sœur, "pour ne pas être emportées par ce fleuve de trépas". Car, à 11 ans, "ce n'était pas l'âge de la compassion".


Il faut aussi comprendre faim au sens le plus large, le sens d'un appétit effréné pour toutes nourritures terrestres : faim de nourritures, de lectures, d'écriture, d'amour, d'apprentissages divers, de curiosité du monde extérieur jusqu'à son opposé. De la "potomanie", de l'abus de sucre sous toutes ses formes (y compris l'alcool en bas âge), elle passera à l'anorexie et la déprime de l'âge ingrat.

C'est à partir de cette autobiographie (qui dit son nom cette fois contrairement à ses autres romans) que Christine Delmotte a réalisé cette adaptation théâtrale, entièrement approuvée par l'auteure avec laquelle elle entretient depuis dix ans une complicité certaine, en cohérence avec sa mise en scène et sa scénographie. Le parti pris général est plutôt au jeu et à la légèreté, avec un absolu respect du texte, à la virgule près, notamment par le moyen de points de lecture, ouvrage en main. Un court insert filmé illustre le passage qui préfigure le "Sabotage amoureux".
 
Bien loin du soliloque


Quatre comédiennes, un comédien, se partagent les rôles, à la fois de la petite Amélie avec toutes ses facettes, et de son entourage. Le reste du monde n'est évoqué que par quelques objets signifiants et des projections vidéo, ce qui paraît tout à fait conforme à la vision de la petite privilégiée à l'enfance dorée, "étrangère au paradis"(parfois), ou paradisier en cage dans le monde étrange de pays exotiques.

Seule petite Belge parmi les autochtones, elle ne découvre qu'une seule bonne chose de typiquement belge : le spéculoos. S'y ajoute en même temps la découverte de la volupté du gastronome se doublant d'une autre, celle d'elle-même se regardant manger dans un miroir : "la vision de ma volupté accroissait ma volupté"...

 Le contenu livresque - puisqu'il s'agit donc de sa très fidèle transcription tout au long du spectacle - se confond avec sa représentation dramatique ; il est très bien perçu grâce au passage live en direct gros plan /caméra fixe. C'est New York ensuite : une belle vie plutôt pipeule, avant le contraste absolu du séjour au Bengladesh, jusqu'au retour aux origines, cette Belgique inconnue.

La pièce se termine par l'exacte conclusion du livre mise dans la bouche de Nishio-san, la chère nounou japonaise d'Amélie, après le tremblement de terre de Kobé de 1995 : "Qu'est-ce que ça fait. Je suis en vie".

Appelée aux traditionnels saluts de Première, Amélie Nothomb était, sur scène encore, l'éternelle adolescente surdouée, comme étonnée de l'accueil fait au spectacle, comme gênée de voir son "impudeur multipliée par 300" spectateurs, alors qu'elle ne voyait au départ que la personne lisant son roman-confidence. Mais n'y a t-il pas dorénavant un mythe Nothomb à assumer, aussi ?

Suzane VANINA (Bruxelles)


Au Théâtre de la Place des Martyrs, Place des Martyrs, 22, 1000 Bruxelles du 24 avril au 30 mai 2009, 20 h 15 (sauf ma 19 h et dim 16 h)
Tél : +32(0)223.32.08 – www.theatredesmartyrs.be – www.biloxi48.be

Biographie de la Faim
Texte : Amélie Nothomb (Albin Michel, 2004)
Adaptation, mise en scène : Christine Delmotte assistée de Elise Vandergoten ,
Scénographie : Christine Delmotte assistée de Nathalie Borlée 
Interprétation : Stéphanie Blanchoud, Nathalie Cornet, Jessica Gazon, Ingrid Heiderscheidt, Michel Hinderyckx 
Chorégraphie : Antoine Guillaume
Cinématographie : Virginie Saint-Martin assistée de Katia Vilaseca Torres
Son : Lorenzo Chiandotto
Lumière : Nathalie Borlée
Costumes : Cathy Peraux

Coproduction : Compagnie Biloxi 48/ Théâtre des Martyrs

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Published by Suzane VANINA - dans En Europe 2008-09
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