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Festival d'Avignon

29 juin 2006 4 29 /06 /juin /2006 10:31
DAVAÏ !

A mon arrivée, quelqu’un m’a dit « cette fois tout est au galop ». Tout ? Même Bartabas ? Non, car sa seule apparition dans son nouveau spectacle créé à Aubervilliers durant l’hiver s’effectue… sur un âne. Mais la troupe a effectivement travaillé sur le rythme, le tempo et tous, hommes, chevaux, musiciens accélèrent la cadence. Passées les portes d’entrées et comme à l’accoutumée, la structure créée à l’origine par P. Bouchain a subi des modifications scéniques. Et une fois encore, l’emplacement des musiciens est différent. Installés dans les gradins, ils se font face, surplombant les entrées et les sorties des cavaliers. Cordes et cuivres se matent ; les musiciens se répondent comme autrefois les Géorgiens et les Berbères dans l’Opéra Equestre. Mais il n’est pas question ici de joute musicale opposant deux cultures ; il s’agit d’un écho, d’une rive à l’autre.

Photo © Chistophe Raynaud de Lage

Au cœur du chapiteau et complétant l’emballement musical, tombe une pluie dense mais régulière sur le troupeau de chevaux argentins. Noirs et crèmes tournoient ensemble laissant peu de place aux hommes. Puis les cavaliers surgissent de nulle part coiffés de borsalino et vêtus de costumes trois pièces, appelant dans un langage inconnu au ralliement festif. Enfin, la voltige « djiguite » et les numéros d’acrobatie équestre de type circassien. Les figures s’enchaînent : vire-tourne spectaculaires (après avoir posé les deux pieds par terre, le cavalier fait le tour du pommeau), les chandelles, les travers d’encolure, les périlleuses postes où le cavalier se tient debout sur deux chevaux lancés au galop. J’ai aussi vu un homme effectuer « un passage sous le ventre à la Russe en seule fois et tête la première » comprenez : passer sous le ventre du cheval au galop. Se succèdent alors une improbable mariée, un voltigeur dénudé, des amoureux en fuite et une bête de cirque. Crescendo les séquences s’ensuivent, burlesques, et des attelages (typiquement roumains) encombrées de chiens et d’hommes culbutent sur la piste.

La prouesse technique tant sur le plan de la voltige que sur la réalisation des attelages et des éléments « hydro-lumineux » est indéniable. Dans ce nouveau spectacle, Bartabas renoue avec ses précédentes créations (Cabaret Equestre et Opéra Equestre) et nous offre au galop toujours, l’aspect folklorique des Balkans que nous ne nous lassons de voir chez Kusturika. C’est enjoué et spectaculaire même si le metteur en scène ne fait pas de démonstration de dressage sur l'un de ses chevaux favoris. On est loin des dernières créations plus esthétisantes et reflets d’une identité culturelle (musiciens et danseuse indiens dans Chimère), chanteuse traditionnelle coréenne (Eclipse) ou musique tibétaine (Lougnta). Il est question d’amusement et de folle dérision dans cette mise en scène sincère d’un regroupement gitan. Battuta, la battue du galop en tzigane est aussi la battue du rythme, entraînant, galopant… toujours plus vite.

Priscilla GUSTAVE-PERRON (Avignon)

Battuta, Théâtre équestre Zingaro, de Bartabas
Festival d’Avignon (In) Du 6 au 27 juillet inclus Chapiteau Domaine de Roberty, Le Pontet.

Une série d’avant-premières du spectacle sera proposée au public les 29, 30 juin et les 1er, 3 et 4 juillet à 22h.

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Published by Priscilla GUSTAVE-PERRON - dans Festival In 2006
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commentaires

Le Tadorne 15/07/2006 13:41

Après avoir vu "Battuta"...Après avoir lu vos critIques, je me sens moins seul. Bartabas n'apporte rien au Festival d'Avignon.Critique à lire sur: http://www.festivalier.net/article-3283906.htmlA bientôtpascalaix en provence

RUEDUTHEATRE 13/07/2006 02:18

Cher Monsieur,

pour lire un article sur le spectacle de Pascal Coulan en Avignon 2005 repris cette année à la Tâche d'encre à 17h :
http://www.ruedutheatre.info/article-632771.html

Nous allons bientôt voir Sortie de bain... Coulan (c'était facile), merci de votre fidélité.


APRIN 12/07/2006 13:45

Je voulais juste remercier  le comédien Pascal Coulan pour autant de franchise vis à vis du spectacle de Bartabas.On n'est pas habitué à lire ce genre de choses ; il y a parfois des spectacles qu'il ne faut pas critiquer négativement." Ca ne se fait pas! "Personnellement je n'ai pas vu cette représentation.Mais j'ai bien peur que M.Coulan ne soit pas totalement dans le faux avec ce qu'il avance...Par contre je vous encourage à aller le voir,lui, en spectacle.Vous allez rire aux éclats.Ca c'est garanti avec cet acteur qui sait parfaitement se mettre dans la peau de tous les personnages de la vie courante..et autres!A quand un article dans votre rubrique??M.APRIN (responsable commercial d'une petite maison de disques)

Priscilla GUSTAVE-PERRON 10/07/2006 21:13

Suite aux commentaires de Monsieur Coulan, je voudrais que l'on ne confonde pas les différentes mises en scène de Bartabas. Il y a le spectacle Battuta créé cet hiver à Aubervilliers par la troupe Zingaro, le spectacle plus que matinal "Lever de soleil" de et par Bartabas (à 5 h 30, carrière de Boulbon en Avignon à partir du 22 juillet) et la "Reprise musicale opus 2006" des élèves de l'Académie du spectacle équestre.
Toutes ces mises en scène bien que créées par Bartabas ne sont pas inspirées par les mêmes thèmes ...

Pascal Coulan, comédien dans le Off 05/07/2006 08:58

RÉCITAL EQUESTRE

De et avec Bartabas et ses disciples

Un parterre de sable noir c’est beau.
Un parterre de sable noir avec une lumière blanche la nuit, c’est très beau !
Si en plus il y a un piano, c’est magnifique !
Tout ça avec des chevaux blancs qui marchent dessus, quelle belle image !

Seulement voilà. Quand il n’y a que ça !
Quand les chevaux blancs arrivent les uns après les autres, un coup au pas, un coup au trot, un coup dans un sens, un coup dans un autre, quand les musiques de Bach, aussi belles soient elles, se ressemblent et qu’il ne se passe rien d’autre sur ce grand sable qu’un passage de deux puis 4 puis 8 chevaux, un coup au pas un coup au trot, quand tout est comme un négatif en blanc du très strict Cadre Noir de Saumur, et qu’on est prié de trouver magnifique ce déploiement de grâce et d’images poétiques, alors qu’on devrait oublier qu’elle s’éternise, au bout d’une demi heure de la même rengaine, on s’ennuie ferme.

D’autant que, clous (de maréchal ferrant) du spectacles, tous les quart d’heure comme un métronome chevalin MÔssieur Bartabas, fait évacuer ses élèves-disciples, et s’installe, toujours seul, dans ce grand sable noir, un coup au pas devant, un coup au trot plus loin, puis re-au pas encore plus loin, et qu’il nous fait son numéro solo de grande maîtrise du cheval, on hésite entre reconnaître qu’il est génial cet homme qui tourne sur son cheval sans les mains, ou que vraiment, là, ’il en fait un poil, un crin de beaucoup trop…de cheval.

Oui, les pas de son cheval sont beaux et Monsieur Bartabas ne manque pas de talent, mais une fois en cape noire, une fois en rouge, une fois en gris…(manque t il de budget pour ne pas apparaître en jaune) tous les quart d’heure, tout seul, 5 ou 6 fois dans le spectacle, on se dit que son seul génie dans ce spectacle est d’avoir fait croire au public qu’il est un grand poète et qu’il partage le même amour pour le sable noir, le piano, les chevaux blancs qui trottent et la zen attitude d’un mouvement lancinant qui dure une heure et demi.

Voilà donc le spectacle que les programmateurs nous vendent comme magnifique. Lent, long, prétentieux. Mais au moins, pour une fois on se dit que les chevaux ne sont pas fatigués.

Un conseil, si vous aimez l’équitation, allez voir une belle reprise dans un club. Vous serez plus près des chevaux et ce sera gratuit.

Quant au spectacle « symphonie équestre », qui, avec un soupçon d’imagination aurait pu être poétique et beau, évitez d’y aller, cela redonnera un petit coup de modestie à Monsieur Bartabas qui a bien de la chance de se ranger dans les haras de la culture française grandiloquente.

Prétentieux, mégalo….et même pas de cheval !!


Chronique Fraîche