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Festival d'Avignon

22 mai 2009 5 22 /05 /mai /2009 16:12

UNE AUDACIEUSE TRANSPOSITION DE "LA RONDE"

Le titre, traduit par l'auteur lui-même, est "Préliminaires" mais les scènes choc ne seront pas édulcorées tant est déterminé son propos de dénoncer l'hypocrisie de la société sud-africaine.

L'auteur et metteur en scène sud-africain Mpumelelo Paul Grootboom a trouvé dans une pièce datant d'une autre époque et venue d'un autre continent de curieuses similitudes avec les dérives de la société sud-africaine. C'est d'abord grâce au cinéma, avec "Eyes Wide Shut" de Stanley Kubrick, que Grootboom a découvert Schnitzler puisque le film se base sur une de ses nouvelles, "Traumnovelle".


Mais que peut bien évoquer en 2009, en Afrique du Sud, à Prétoria, cette sorte de vaudeville dû à un méecin viennois qui, de proche en proche, nous fait assister à chaîne d'ébats amoureux? Le sexe justement, thème éternel, avec le pouvoir et l'argent, auxquels ils s'associe si facilement. Ici comme ailleurs, hier comme aujourd'hui.

Alternances et échanges de couples, la pièce pourrait paraître aujourd'hui futile, joyeusement cynique et amorale mais elle n'a rien perdu de son pouvoir de heurter, tant le Sexe (consenti ou non) reste un sujet dit délicat, un tabou, et l'agression sexuelle plus choquante que la violence de situation et de mots. N'y a-t-il pas, encore en ce moment même, des interdits sur certaines expositions, à Venise ou en Chine? Les baisers, plus ou moins simulés, sont acceptables au théâtre; pas les coïts, si l'on en juge par certaines réactions du public.


D'une pertinence -et secouante! -actualité


Soldat, pasteur, professeur, bourgeois, ministre, étudiant, barmaid, gamine, actrice, prostituée... les trois acteurs et les trois actrices se partagent les différents rôles. Ils se donnent à fond dans le parti pris de réalisme qu'inspirent au metteur en scène les séquences de la pièce et le jeu généralement très expressif des comédiens noirs. 


À la fin, il place un ajout qui ne doit rien à Schnitzler, où un politicien corrompu y va d'une diatribe cynique et provocatrice, prônant un "gouvernement de cohésion nationale", en fait une dictature, devant la prostituée qu'il vient de tabasser. Mais c'est à elle, plus digne, se relevant de ses blessures physiques et morales, que sera donné le dernier mot, la révolte, l'espoir.

Dans une langue parlée et non littéraire, l'adaptation de M.P.Grootboom est une peinture sans complaisance des types et des situations propres aux townships. D'où le boycott que Grootboomco continue à subir de la part des critiques, surtout blancs, de son pays. Il a été surnommé "Township Tarantino", ce qui en dit long sur la réputation qui lui est faite.

Il faut savoir que les artistes et dramaturges de là-bas jouent un rôle important dans la remise en question d'un statu quo qui tente de supprimer les libertés civiques en profitant d'une démocratie encore jeune et inexpérimentée.

Suzane VANINA (Bruxelles)


Au KVSBox, du 13 au 16 mai 2009, 20 h 30 dans le cadre du KunstenFESTIVALdesArts (www.kfda.be)


En anglais surtitré FR et NL

 

Foreplay

Texte : libre adaptation de "La Ronde"("Der Reigen") d'Arthur Schnitzler, pièce originale écrite en1896 éditée en 1903, puis interdite, qui dut attendre 1921 pour sa création théâtrale à Berlin. Elle connut des adaptations au cinéma : Max Ophüls(1949), Vadim (1964) et un opéra de Philippe Boesmans & Luc Bondy créé à La Monnaie, Bruxelles en 1993.

 


Ecriture, mise en scène : Mpumelelo Paul Grootboom

Chorégraphie : Israel Bereta

Interprétation : Mandlenkosi Gaduka, Koketso Mojela, Excellentia Mokoena, Ntshepiseng Montshwa, Boitumelo Eugne Shisana, Sello Zikalala

Lumière, décor : Wilhem Disbergen


Production : Face Productions& Projects (Afrique du Sud) - Coordination : Ofentse Mothusi


Photo © kfda


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Published by Suzane VANINA - dans En Europe 2008-09
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commentaires

Julie Lemaire 23/05/2009 18:20

Une pièce à la fois hyper réaliste, dynamique, pleine de danses érotiques, aux décors changeants, aux dialogues vifs, parfois drôles et souvent torturants. Les yeux du spectateur ne sont plus la limite de ce qui peut être montré: l'agression sexuelle sera sans doute ressentie par tous. Du théâtre à fleur de peau. Il en faut.

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