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Mois Après Mois

Festival d'Avignon

26 juin 2006 1 26 /06 /juin /2006 23:53
CABARET NERVEUX

Cinq êtres grotesques, des clowns en fuite, se cachent rapidement au regard du public. Nerveux ? Craintifs ? Les costumes sont trop larges, le maquillage excessif. Sont-ils des clochards qui tentent de s’habiller d’une apparence sociale ? Ils regardent les spectateurs et semblent avoir peur. Un dictateur déchu (Gil Bourasseau) essaie cyniquement de donner encore des ordres. Il porte tant de parures qu’il sue et se fatigue. Un être mélancolique (Marc Ernotte) apparaît pour dire quelques phrases, pour ne jamais achever son discours, pour ne jamais achever un acte. Une dame (Cécile Leterme) présente le programme de la gauche progressiste, mais semble une Eva Peron de Copi, au corps et au visage à demi ravagé par ses angoisses, par ses incertitudes à trahir ses idées politique pour gagner en notoriété. Une autre femme (Cécile Tournesol) est une prostitué rose, elle parle et parle, et parle encore, pour ne rien dire, elle essaie de comprendre les dires des autres personnages, pour voir s’ils écouteront ensuite les siens. Enfin, une autre femme (Véronique Poupelin) s’habille en Jeanne d’Arc, joue le monologue d’une sans-papier algérienne, essaie de crier comme une terroriste pacifiste. Elle tente de se faire entendre en arborant toujours un petit sourire ou un geste de négation, cynique jusqu’à la faillite de ses actions.


Ces cinq personnages, mis en scène par Bruno Cochet et la compagnie L’Art Mobile, jouent Soir Bleu, Soir Rose, texte contemporain écrit par Perrine Griselin. De brèves scènes dites par des personnages sans nom et sans visage introduisent un discours de dénonciation de la crise sociale de la France contemporaine. Si le texte reste quelquefois cryptique, s’il reste d’autres fois un abécédaire hystérique des douleurs du monde, Perrine Griselin montre par l’écriture théâtrale maints sujets dont nous sommes informés de manière faussée, et seulement par les médias.

L’Art Mobile nourrit l’écriture par un jeu d’acteur de qualité. En outre, le spectacle est représenté à l’intérieur du Théâtre Portatif : depuis 2005, L’Art Mobile voyage dans les villes de la banlieue parisienne avec son théâtre, un chapiteau de tissu rouge qui accueille une petite scène et des tables où les spectateurs peuvent boire du cidre ou du vin en regardant ces cinq êtres courir, essayer de crier leurs rêves et leurs désillusions. Le Théâtre Portatif permet de porter le théâtre dans des petites villes sans salle équipée. Il est monté à l’intérieur des gymnases ou d’autres espaces publics. L’Art Mobile enveloppe ainsi le public dans une atmosphère de cabaret, mais son spectacle enquête sur la réalité la plus dure avec onirisme et poésie.

Soir Bleu, Soir Rose est un théâtre riche d’imagination et de réflexion, que nous espérons fertile dans la tête du spectateur, d’un spectateur qui n’est pas habitué à aller au théâtre, et qui se trouve ainsi confronté à sa réalité et au questionnement retranscrit dans l’art dramatique. Les cinq êtres s’arrêtent pour écouter les bruits d’une guerre invisible, puis ils recommencent, à bout de souffle, à raconter des aventures quotidiennes, comme des fous en guerre contre eux-même.

Mattia SCARPULLA (Paris)

Soir Bleu, Soir Rose, création de L’Art Mobile – Le Théâtre Portatif, texte de Perrine Griselin, mise en scène Bruno Cochet, a été représenté le 24 juin au Gymnase Saint-Exupéry, Igny Informations : 08 72 47 91 91  lart.mobile@free.fr

Lire aussi l'entretien avec Gil Bourrasseau et Bruno Cochet,
fondateurs de la compagnie L’Art mobile.

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Published by Mattia SCARPULLA - dans Chroniques 2005-06
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