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Festival d'Avignon

2 juillet 2006 7 02 /07 /juillet /2006 21:14
UN MARI DANS LE PLACARD ?

Pinter n’est pas un auteur comme les autres… Avec lui, on ne sait pas où l’on va jusqu’à la dernière seconde… C’est la même chose avec Henry-Anne Eustache, qui met en scène l’auteur Britannique à l’Aktéon. Jeune metteuse en scène, Mademoiselle Eustache s’est attelée à un drôle de travail : comment guider le couple et l’amant présents sur scène dans leurs relations passionnelles et forcément houleuses ?

L'ancienne de l’école Florent nous livre ici une magnifique mise en scène de la confusion des sentiments où l’on ne sait plus si le mari n’est pas l’amant de sa femme et où la femme pourrait très bien être la putain de son mari… On démarre tout en finesse avec un dialogue posé et calme, presque banal, jusqu’à cette question : “Ton amant vient aujourd’hui ?” émise comme un “Passe-moi le sel”… L’articulation de chaque mot est poussée, comme pour mieux faire résonner la puissance des mots prononcés. En avançant pas à pas avec les deux personnages, on comprend que tout ne tourne peut-être pas très rond, qu’ils se sont peut-être laissés entraînés dans une situation qu’ils ne contrôlent plus… Pour souligner cette sensation, Henry-Anne Eustache a intégré entre chaque scène une petite musique rappelant étonnamment le son d’une horloge qui marque le temps qui passe et s’installe entre eux. Enfin nous voilà à quinze heures, heure de l’arrivée de l’Amant… Et là, la metteuse en scène a foisonné d’idées. Par un jeu d’ombres chinoises, nous découvrons la relation mouvementée qui lie l’Amant à Sarah, nous observons de l’extérieur tout ce que libère chez elle cette relation adultérine et nous remarquons également que Max le libertin ressemble étrangement à Richard le légitime…

En quoi consiste cette relation à trois qu’on nous laisse entrapercevoir ? Que se passe-t-il réellement derrière les stores de cette villa de Windsor ? Qui est l’Amant ? La pièce ne nous le dit pas. Elle nous laisse juste apprécier ce moment de voyeurisme et laisse libre cours à notre imagination. La mise en scène joue le jeu. Pas de réponse trop facilement donnée, la seule que l’on voit sortir des paravents pour se montrer en chair et en os, c’est la magnifique Marion Flament. Grégoire Baujat et Marion Flament-Mérigot, tous deux anciens élèves de Florent jonglent talentueusement sur un fragile équilibre qui fait toute la force des personnages… Saluons le passage éclair mais non moins important de Sander Cohen, également sorti de l’école Florent. Cette pièce de 1962 reste hors norme, traitant d’un sujet généralement ancré dans le vaudeville et tourné ici en une réflexion sur le couple et la vie à deux. La compagnie Théâtre Etincelle la traite avec brio, mariant originalité, sensualité, humour et gravité avec une joie communicative. Attention ! Artistes à suivre de très près…

Laurène PIOTEYRY (Paris)

L’Amant, de Harold Pinter
Mise en scène : Henry-Anne Eustache Avec : Marion Flament-Mérigot Grégoire Baujat Sander Cohen.
A l’Aktéon théâtre 11 rue du Général Blaise Paris 11ème
Jusqu'au 29 Juillet, du mercredi au samedi à 20h. Reprise du 23 Août au 16 Septembre, du mercredi au samedi à 20h.

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Published by RUEDUTHEATRE - dans Chroniques 2005-06
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