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Festival d'Avignon

26 mai 2009 2 26 /05 /mai /2009 00:32
LE BIEN DE L'AUTRE AVEC OU MALGRÉ LUI

Qui n'a pas entendu, à son petit niveau, le détestable "c'est pour ton bien" qui visait à lui faire avaler (dans tous les sens) n'importe quoi ?

Sous-titrée « L'Inertie et la Fureur », la pièce de Lorent Wanson est définie par son auteur comme une fable contemporaine, qui emprunte d'ailleurs au maître du genre, La Fontaine. Ses quatre personnages n'ont d'autres noms que : La Première, L'Autre, L'Homme, L'Enfant.

La Première/Patricia Ide, plutôt BCBG, est mariée à l'Homme/Alexandre Trocki, un chirurgien ex-humanitaire, reconverti en esthéticien renommé. Le couple a adopté l'Enfant, un gamin noir d'une froideur affective étrange vis-à-vis de ses parents aimants.


Par hasard, au détour d'une ruelle sordide, la Première encombrée de sacs de marques, tombe littéralement sur son amie de jeunesse, l'Autre/Magali Pinglaut, devenue volontairement SDF. Celle-ci, jadis militante des droits de l'Homme, a voulu s'exclure de cette société qui la dégoûte, vivre non plus d'idées mais de concret. Elle s'assure, « dans l'Inertie », un abri et une nourriture périmée, à l'arrière d'une grande surface.

Dans la perspective des fêtes de fin d'année, impensable de laisser quelqu'un dehors. La « Fureur » de faire (re)vivre l'Autre à tout prix saisit alors la Première.

Sauver le monde ?

 
Comme eux, animé des meilleures intentions, le metteur en scène Lorent Wanson, ayant pas mal bourlingué lui-même, évoque ces humanitaires, ces coopérants. Ils ont succédé aux colons qui eux-mêmes avaient chassé les marchands d'esclaves. Mais ils sont toujours persuadés que leur culture, leur mode de vie, leurs acquis sociaux sont les meilleurs. Ils partent du concept connu de l'homme apprenant à être pêcheur qui se débrouillera mieux que celui recevant le poisson pêché.

 L'Européen/ne-qui-sait-tout aime jouer les Pygmalion, à petite et vaste échelle, modeler l'Autre et tout régenter. On parle de long terme, on voit loin pour eux. Et si eux, contre toute attente, n'en avait que faire des beaux projets importés ? Et si l'Enfant adopté, se sentait déraciné, ailes coupées, lui qui doit réciter, avec réticence, la fable du Loup et du Chien : "…Attaché? Vous ne courez donc pas où vous voulez ?" Alors que le désenchantement du trio d'adultes est largement étalé, on ne saura pas grand chose de cet enfant, présence beaucoup moins bavarde et qui restera secrète.

La pièce aborde d'autres thèmes voisins et tient parfois de l'échange philosophique davantage que de dialogues de la vie courante. Pas de séquences mais des stations, comme un calvaire, chacune annoncée en voix off de même que des didascalies, parfois redondantes, pour situer les endroits de chute de ces christs d'un nouveau genre.
Moins de pathos (dû aussi à l'interprétation) et un peu d'humour, au lieu de cette volonté de distanciation générale, auraient davantage touché un public qui reste quelque peu en dehors de ce débat d'idées.

Suzane VANINA (Bruxelles)

Au Théâtre Le Public du 14 mai au 27 juin 2009, 20 h 30 (sauf di et lu) –Tél : 0800/944.44 – www.theatrelepublic.be
 
La Meilleure volonté du monde

Texte : Lorent Wanson (édit. Lansman, 2009)
Mise en scène : Lorent Wanson assisté de Anne-Catherine Regniers et Quentin Geldof
Scénographie, costumes : Olivia Barisano
Interprétation : Patricia Ide, Magali Pinglaut, Alexandre Trocki. En alternance : Adrien-Xavier Sanlevo Alokpovi, Guillain Dena Mugabo, Nathan Musungay
Lumière : Jérôme Zvonock
Musique : Jean-Sébastien Bach
Arrangements : David Nuñez
Chansons : Lorent Wanson

Production : Théâtre Le Public

Photo ©  Cassandre Sturbois

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Published by Suzane VANINA - dans En Europe 2008-09
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